Le magazine "Juliette et Victor" est en faillite

Le magazine des Français de Belgique Victor et Juliette est en faillite. ©JULIETTE ET VICTOR

Fin de parcours pour "Juliette et Victor", le magazine qui s'adressait aux Français de Belgique. Sa faillite a été prononcée le... 14 juillet!

Lancé en 2007 par Alain Lefebvre, le magazine Juliette et Victor a été déclaré en faillite par un jugement du tribunal de l'entreprise francophone de Bruxelles daté du 14 juillet, jour de la fête nationale française. Un comble pour ce magazine dont l'objectif visait à présenter la Belgique sous toutes ses coutures aux Français venus s'y domicilier.

"La motivation centrale de ma venue à Bruxelles était d'échapper à la taxation sur la plus-value de cession de la valeur mobilière."
Alain Lefebvre
Fondateur de "Juliette et Victor"

Pour son fondateur, l'aventure belge avait démarré en 2006, année lors de laquelle il avait revendu son groupe de presse Aguesseau à Roularta, l'éditeur, entre autres, du Vif et du Trends (et actionnaire à 50% de Mediafin, l'éditeur de L'Echo et du Tijd). Alain Lefebvre n'en avait jamais fait un grand secret, il était venu s'établir en Belgique pour des raisons fiscales, et notamment pour échapper à l'impôt sur les plus-values de cessions. Dans le monde des médias, ce "Français de Belgique" était tout sauf un inconnu. Il avait fondé puis revendu des magazines comme Biba, Stratégies, Côté Sud, Côté Est et Côté Ouest.

Exilé fiscal assumé

Le fondateur de Juliette et Victor était plutôt décomplexé par rapport à son statut d'exilé fiscal. "Je le reconnais volontiers: la motivation centrale de ma venue à Bruxelles était d'échapper à la taxation sur la plus-value de cession de la valeur mobilière", avait-il déclaré en 2012 lors d'une interview accordée à nos confrères de La Libre.

Le nom de son magazine était un clin d'oeil à Victor Hugo et à sa maîtresse, Juliette Drouet, forcés de s'exiler à Bruxelles en 1851 pour échapper aux foudres de Napoléon III. Ce bimestriel a rapidement connu un succès d'estime, mais il a fallu attendre l'année 2012 pour que les résultats s'affichent à l'équilibre. A sa meilleure période, "Juliette et Victor" était distribué dans les Thalys et il se vendait à un bon millier d'abonnés. Au numéro, le magazine s'écoulait à près de 4.000 unités et avait fini par séduire au-delà des rangs des exilés français.

"Il a profité de la crise du Coronavirus pour mettre la clé sous le paillasson"
Un membre de l'équipe de Juliette et V ictor

D'après nos informations, Alain Lefebvre avait tenté – sans succès – de vendre son magazine à la fin de l'année dernière. Depuis l'éclatement de la crise du coronavirus, les membres de la rédaction vivaient sous le régime du chômage temporaire. Ils ont fait part de leur souhait de reprendre le travail à de nombreuses reprises, mais ils semblent n'avoir jamais été entendus. "Il a profité de la crise du coronavirus pour mettre la clé sous le paillasson", nous a expliqué un membre de l'équipe de ce magazine qui employait trois salariés et quatre commerciaux.

Selon les derniers chiffres publiés disponibles, la société a bouclé l'année 2018 sur un bénéfice de 13.000 euros, mais présentait des fonds propres négatifs de 173.000 euros.

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