Les Cinémas Pathé à la rescousse du bébé de Luc Besson

Luc Besson a lancé Europacorp au début des années '90, d'abord sous le nom de Leeloo Productions et sous sa dénomination actuelle depuis 1999. ©BELGA

EuropaCorp a confirmé être en discussion avec ses créanciers et avec le groupe Pathé, dans le cadre de la restructuration de sa dette et du renforcement de ses capacités financières par le biais d'une augmentation de capital. Une bouffée d'oxygène pour la société de Luc Besson, plombée par ses incursions hollywoodiennes.

Le groupe Pathé, propriété de l'homme d'affaires français Jérôme Seydoux, est entré en négociation en vue d'une possible prise de participation dans Europacorp, la société de Luc Besson en grande difficulté financière suite à des choix stratégiques risqués aux Etats-Unis ces dernières années.

La société de production et de distribution de films et séries, placée en procédure de sauvegarde, a confirmé l'intérêt de Pathé mercredi, tout en précisant qu'elle "ne peut donner aucune assurance quant à l'aboutissement de cette proposition." Une annonce qui a fait grimper le titre Europacorp  de 106,43% à la Bourse de Paris, terminant la séance de mercredi à 1,28 euro. Ce jeudi, l'action perdait environ 10% à mi-séance. 

L'arrivée probable de Pathé va faire le plus grand bien à la société de Luc Besson. Europacorp est en effet en procédure de sauvegarde depuis le 14 mai, ce qui lui permet de renégocier sa dette qui se chiffre à plus de 220 millions d'euros et dont le remboursement est gelé le temps de ce processus. Il était prévu pour une durée initiale de six mois. Selon Les Echos, Pathé aurait déjà fait une offre de reprise, refusée par les créditeurs d'EuropaCorp.

222 millions €
La dette d'Europacorp
Au 30 septembre 2018, la dette nette d'EuropaCorp s'élevait à 222 millions d'euros, selon le rapport annuel du groupe, avec des échéances en octobre 2019 pour la dette senior et avril 2020 pour la dette de second rang.

Une "mini-major" qui ne fait pas le poids à Hollywood 

Après plusieurs cessions d'actifs et des licenciements (22 emplois sur 79 en France en 2018), il reste essentiellement à EuropaCorp son catalogue et sa capacité à produire d'autres films.

La "mini-major" créée par Luc Besson en 1999 peine notamment à se relever de la performance décevante de "Valerian", sorti en 2017, considéré comme le film le plus cher de l'histoire du cinéma français. Mais le mal viendrait de plus loin. "Ils ont signé leur arrêt de mort en voulant distribuer eux-mêmes leurs films aux USA", analyse un connaisseur du dossier.

Depuis plusieurs années, EuropaCorp a revu ses ambitions à la baisse en se concentrant sur la production chaque année de quatre ou cinq films d'action ou thrillers, comme "Lucy" ou les séries "Taxi" ou "Taken". En 2016, la société a vendu ses multiplex (cinémas d'Aéroville à Tremblay-en-France et de La Joliette à Marseille) au groupe Gaumont-Pathé, puis, en 2018, sa division de production pour la télévision. Enfin, en mars dernier, EuropaCorp a cédé à Gaumont son catalogue Roissy Films, acquis en 2008. Le catalogue de 500 titres comporte des films comme "Les sous-doués" de Claude Zidi ou "La guerre du feu" de Jean-Jacques Annaud. 

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