Les libraires demandent aux futurs élus de les aider à se distinguer

©Photo News

Les deux fédérations du secteur, Prodipresse et Perstablo, ont envoyé un mémorandum à tous les partis et responsables politiques. Ils voudraient que le métier de libraire/presse soit clairement défini et qu'il soit protégé par un label. Ils voudraient aussi disposer d’une aide équivalente à celle du subside à la distribution des journaux.

Les quelque 2.580 libraires indépendants que compte la Belgique ont adressé un mémorandum aux partis politiques et à leurs représentants au nord et au sud du pays. Prodipresse et Perstablo, leurs organisations professionnelles, y listent les principales réformes qu’elles souhaiteraient voir mises en oeuvre par les futures majorités aux niveaux fédéral, communautaire et régional, selon les thèmes et les compétences abordés. L’objectif global est d’assurer l’avenir d’une profession attaquée de différents côtés. "Il est primordial pour tout état démocratique de créer, modifier et adapter les réglementations qui permettent au réseau des libraires/presse d’assurer leur rôle démocratique via la distribution d’une presse pluraliste et large", y soulignent les présidents des deux organisations, Xavier Deville (Prodipresse) et Yannick Gyssens (Perstablo).

Comment définir une librairie presse?

La définition de la librairie/presse est un de leurs principaux soucis. Parce que des commerçants peu scrupuleux usent et abusent du titre de librairie, par exemple pour exploiter une agence de jeux et paris sans devoir respecter la réglementation spécifique à ce secteur, ou encore pour tricher sur les heures d’ouverture légales.

Les libraires  suggèrent à nos dirigeants de retenir la définition qui avait été écrite par la Commission des diffuseurs de presse indépendants en mai 2016. Pour être magasin de presse spécialisé, il faudrait cumuler deux critères quantitatifs:

→ avoir au moins un quart du périmètre du magasin en linéaire au sol (meubles au sol) composé de livres et journaux,
→ avoir aussi un linéaire développé (longueur totale des bacs concernés) au moins égal à la superficie du magasin (40 mètres de bacs, par exemple, si le commerce fait 40 m2). Cette définition aurait le double mérite d’être facilement vérifiable et de faire réellement la part belle à la presse.

Logés à la même enseigne

300 euros
par mois par point de vente.
Les frais de port liés à l’arrivée des journaux en librairie s’élèvent en moyenne à 300 euros par mois par point de vente.

Les libraires veulent aussi être mis sur pied d’égalité avec les éditeurs de presse qui sont aidés par l’État pour distribuer leurs titres aux abonnés via bpost. Les frais de port liés à l’arrivée des journaux en librairie s’élèvent en moyenne à 300 euros par mois par point de vente. Ils proposent que l’équivalent de ce montant pour l’ensemble des libraires/presse soit prélevé annuellement sur le subside à la distribution des journaux, afin que les libraires et le duo éditeurs/bpost soient logés à la même enseigne ("level playing field").

Réseau tabac unique

Ils revendiquent par ailleurs de devenir "le seul réseau officiel de vente de tabac", ce qui permettrait d’en réduire le nombre de points de vente conformément à une mesure préconisée par l’Organisation mondiale de la santé pour lutter contre le tabagisme.  "Actuellement, il y a autant de points de vente tabac en Belgique qu’en France", déplore Xavier Deville qui ajoute que cela permettrait aussi un meilleur contrôle. "Aujourd’hui, certains vendent même les cigarettes à la pièce..."

Pour augmenter la sécurité des libraires, souvent victimes de vols, leurs fédérations suggèrent d’étendre à l’ensemble du pays le système reliant les magasins de proximité liégeois au service d’intervention d’urgence de la police. Baptisé Lipol, ce système a permis une baisse conséquente du nombre de vols à main armée. Il a été étendu aux pharmaciens et aux médecins.

Ils demandent aussi de pouvoir étendre leurs activités en devenant points poste, alors que leur nombre est actuellement limité, qu’on augmente l’indemnité journalière en cas de travaux de voirie, et qu’on aide la profession à créer un centre de formation. Ils militent enfin pour la création d’un label, qui permettrait d’identifier les libraires/presse répondant à la définition et soucieux d’offrir un service de qualité.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect