Les revenus du secteur audiovisuel européen s'effondrent

Karim Ibourki, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) belge, a coordonné l'étude sur l'impact de la crise sur le secteur audiovisuel européen. ©Frédéric Pauwels / HUMA

Selon une étude des régulateurs européens, pilotée par le CSA belge, les pertes économiques atteignent au minimum 25%. Les régulateurs veulent également responsabiliser les plateformes en ligne.

L'Erga, l'association européenne des régulateurs de l'audiovisuel, a publié les premiers résultats d'une étude sur l'impact de la crise sur le secteur audiovisuel européen. Compilées par le CSA belge auprès de 17 régulateurs, les données montrent que les pertes économiques atteignent au minimum 25 % et grimpent jusqu'à 80 % dans certains secteurs, en particulier les télévisions et radios commerciales ainsi que les chaînes thématiques dédiées au sport, privées de toute retransmission. 

de -25% à -80%
de perte de revenus
Les pertes économiques dans l'audiovisuel européen atteignent au minimum 25% et grimpent jusqu’à 80% dans certains secteurs.

À l'échelle européenne, les premiers résultats montrent un impact plus marqué sur les médias locaux et régionaux, notamment en Belgique. L'industrie du cinéma est également sévèrement touchée. De manière générale, les médias européens font actuellement face à des problèmes de liquidité à court et moyen termes. Ils considèrent que la pression fiscale, les taxes et les procédures bancaires augmentent leurs difficultés.

Le rapport a aussi identifié les solutions concrètes mises en place par les États membres pour répondre à la crise. De manière générale, des fonds de soutien directs et/ou indirects ont été dégagés par ceux-ci auprès d'acteurs variés du secteur audiovisuel. Le CSA se demande toutefois si ces solutions seront suffisantes pour éviter une situation de non-retour auprès de certains pans du secteur.

Mais la crise n'est pas perdue pour tout le monde, indique le rapport. Sans surprise, les services de vidéos à la demande, les plateformes de partage de contenus et les réseaux sociaux ont, quant à eux, vu leurs bénéfices augmenter durant la crise.

Responsabiliser les plateformes

A propos de plateformes comme Facebook, Twitch ou YouTube, l'Erga a adopté à l'unanimité une série de propositions concrètes adressées à la Commission Européenne afin d'adapter leur régime de responsabilités pour lutter contre la désinformation et les propos haineux.

"Il est grand temps que les plateformes en ligne soient placées devant leurs responsabilités."
Karim Ibourki
Président du Conseil supérieur de l'audiovisuel

Selon Karim Ibourki, président du CSA et vice-président de l'Erga, "la crise actuelle cristallise les inégalités entre les acteurs audiovisuels. Elle illustre la disparité de situation régulatoire et économique entre les acteurs historiques et les plateformes."

Et d'insister: "Les premiers sont contraints de respecter des règles, les seconds échappent à de nombreuses obligations. Les premiers ont pour mission d’informer les citoyens, jusqu’ici les seconds ne sont pas responsables des contenus haineux et des fake news qui prolifèrent sur leurs plateformes. Les premiers voient leurs revenus baisser depuis des années et plus encore durant la crise, les seconds occupent désormais une place dominante, notamment en matière de diffusion et d’accès à l’information. Il est grand temps que ces acteurs soient placés devant leurs responsabilités"

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