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Les salariés-actionnaires de Nice-Matin mettent Nethys au pied du mur

Nethys souhaitait un délai de réflexion avant de se prononcer sur l’avenir de sa participation dans Nice-Matin. La coopérative à la tête du titre lui a opposé une fin de non-recevoir.

Les quelque 465 salariés actionnaires de la Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) Nice-Matin se sont réunis ce mardi après-midi en assemblée générale. Objet de la réunion: la situation de l’actionnariat du groupe dont ils possèdent 66% des parts, le solde étant détenu par le groupe Nethys qui possède 34% du capital.

Pour rappel, l’entrée de Nethys dans le capital du quotidien régional du sud de la France en 2016 à hauteur de 20% s’était accompagnée d’un pacte d’actionnaires selon lequel Nethys accroîtrait sa participation au fil du temps. Fin 2017, il est passé à 34%, en injectant 1,4 million d’euros. Il devait ensuite passer à 51% au 31 décembre dernier, moyennant l’ajout de 1,6 million d’euros supplémentaires. "Pour des raisons qu’on ne comprend pas, ils ne l’ont pas fait", a déclaré à l’agence AFP le président du conseil de surveillance de la coopérative, Jean-François Roubaud.

95,69%
N’ayant pas de visibilité sur les intentions de Nethys, les salariés actionnaires ont décidé à 95,69% de ne pas lui accorder le délai de trois mois demandé.

De fait, c’était sans compter les retombées de l’affaire Publifin (aujourd’hui Enodia), maison-mère de Nethys, qui l’ont poussée à se réorganiser. On le sait, le conseil d’administration d’Enodia a décidé de scinder les activités de Nethys en deux pôles. D’un côté, les activités d’intérêt public (distribution de gaz et d’électricité) et de l’autre, celles d’intérêt privé – les assurances, les télécoms (Voo), la presse (L’Avenir, Nice-Matin…), l’objectif étant de ne plus détenir de participations majoritaires dans ces secteurs opérant dans des segments concurrentiels.

Plutôt que de grimper à 51% dans Nice-Matin et en devenir actionnaire majoritaire, c’est donc à un désengagement que Nethys va devoir procéder. Pourtant, fin 2018, le groupe avait demandé un délai de réflexion de trois mois avant d’agir – officiellement, avant de porter sa participation à 51% comme prévu par le pacte d’actionnaires –, ce qui reportait la décision au 1er avril. "En réalité, c’était une manière de ne pas avoir le couteau sous la gorge et de pouvoir trouver un repreneur lui permettant de retrouver ses billes, car les dirigeants de Nethys feront tout pour valoriser à leur juste valeur leur participation dans Nice-Matin", note un observateur.

Volte-face

Mais ce mardi soir, les salariés actionnaires de Nice-Matin ont refusé de lui accorder ce délai, rapporte l’AFP. "N’ayant pas de visibilité sur les intentions de Nethys, les salariés actionnaires ont décidé à 95,69% de ne pas accorder le délai de trois mois demandé", a indiqué à Jean-François Roubaud. "Il semble que les actionnaires salariés n’aient pas trop apprécié cette volte-face de Nethys poussée par les recommandations politiques de la commission Publifin et qu’ils aient voulu le lui faire savoir", note notre interlocuteur.

De fait, au cours de l’assemblée générale, rapporte encore l’AFP citant le Syndicat national des journalistes, le président du directoire de Nice-Matin, Jean-Marc Pastorino, a indiqué que l’homme d’affaires franco-libanais Iskandar Safa allait présenter d’ici la fin février une offre finalisée d’achat des 66% des parts détenues par la SCIC, ceci après avoir indiqué que le conseil d’administration de Nethys avait accepté vendredi dernier l’offre de ce même Iskandar Safa d’acquérir ses 34% dans Nice-Matin.

Contactés, les dirigeants de Nethys n’ont pas fait de commentaire. L’un d’entre eux nous a indiqué qu’il y avait d’autres offres que celle d’Iskandar Safa, mais n’émanant pas de Bernard Tapie, un moment cité comme repreneur. Pour rappel, l’homme d’affaires est actionnaire du journal La Provence dont Nethys détient encore 11%.

Iskandar Safa est le propriétaire du groupe Valmonde qui édite le très conservateur magazine Valeurs actuelles et ses satellites (Mieux vivre votre argent, La lettre de la Bourse). Il est aussi le propriétaire des chantiers naval de CMN à Cherbourg.

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