Les sites d'emploi entrent en guerre contre Google

©REUTERS

Vingt-trois sites d’emploi appellent la Commission européenne à stopper l’outil de recherche d’emploi de Google. Nouveau bras de fer en vue pour le géant américain.

Concurrence déloyale et abus de position dominante, ces mots résonnent comme une chanson populaire dès que Google tente une percée dans un domaine historique. Nouvelle cible du géant américain: la recherche d’emploi. Cela fait 2 ans que Google a mis en ligne son outil de recherche d’emploi. Depuis juin, il est disponible en Europe. Les sites d’emploi n’avaient alors pas réagi immédiatement, mais la société basée à Mountainview a poussé le bouchon un peu trop loin pour les deux ans de son outil.

Google s’est fait remarquer en plaçant un gigantesque bouton vers son outil dès qu’une recherche contenant le mot "emploi" était effectuée via son moteur de recherche. L’action a attisé la colère qui grondait déjà au sein des sites emploi. Ils se sont alors réunis pour demander une mise hors ligne temporaire de l’outil de Google, le temps qu’une enquête fasse la lumière sur les accusations de concurrence déloyale et d’abus de position dominante.

Perte de parts de marché

Dans une lettre adressée ce mardi à la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, 23 sociétés de recherche d’emploi ont déclaré avoir perdu des parts de marché depuis que Google a lancé son service "Google for Jobs" en Europe.

Les reproches envers Google sont comme à l’habitude de donner une plus grande visibilité à son propre outil et d’ainsi réduire les parts de marché des acteurs historique sur internet.

Après avoir lancé son service de recrutement en ligne, Google for Jobs est instantanément devenu le leader du marché en termes de visibilité.
Lettre de 23 sociétés européennes

"Après avoir lancé son service de recrutement en ligne en Allemagne en mai 2019, comme dans d’autres pays de l’UE (Espagne, France et Royaume-Uni), Google for Jobs est instantanément devenu le leader du marché en termes de visibilité, déplorent les 23 sociétés dans leur lettre. Google propose directement ses services aux recruteurs et remplit ainsi les fonctions typiques d’un forum d’emploi. Ce faisant, Google tente de contourner et de servir de substitut à d’autres sitesEn réalité, derrière notre dos, les équipes commerciales de Google approchent déjà activement et directement nos clients et les recruteurs."

De son côté, Google a réagi par la voix de son porte-parole pour le Benelux, Michiel Sallaets: "Trouver un emploi peut être difficile, nous avons donc travaillé avec des fournisseurs d’emplois pour créer une meilleure expérience de recherche. Beaucoup d’entre eux ont constaté une augmentation significative du nombre de candidatures reçues. Depuis son lancement, nous avons apporté un certain nombre de modifications pour prendre en compte les commentaires des sociétés européennes." 

Google affirme donc que les sites d’emploi bénéficient plus qu’ils ne souffrent de son outil et ajoute: "Ces modifications incluent le test d’un nouveau carrousel de choix en haut de la barre de recherche relié directement aux sites d’emploi et aux offres d’emploi lorsqu’elles n’existent que sur un seul site. Les demandeurs d’emploi peuvent choisir le résultat ou l’expérience la plus pertinente pour eux." 

Une façon de dire que c’est le chercheur d’emploi et son expérience utilisateur qui auront toujours le dernier mot. Pour autant, Google sait qu’il marche sur des œufs et que la Commission européenne n’hésite plus à sanctionner lourdement. Rien que sur les deux dernières années, le géant américain s’est vu infliger des amendes pour la bagatelle de 8,25 milliards d’euros.

 

 

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