Netflix en a assez de payer "la taxe Apple"

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Pour s’abonner à la plateforme en ligne, les utilisateurs d’Apple devront directement passer par le site de Netflix. Un choix justifié par le coût trop important de cet intermédiaire. Le mécontentement contre ces plateformes est toujours plus grand.

Netflix se passera désormais des services d’Apple. Après quelques mois de tests dans plusieurs pays à travers le monde, la plateforme de streaming a décidé de mettre fin officiellement à sa collaboration avec l’App Store. Concrètement, il ne saura désormais plus possible de se créer un compte via le service d’Apple.

Pour pouvoir visionner les contenus de Netflix, il faudra nécessairement passer par le site internet du groupe. Un petit changement sans grande conséquence pour les utilisateurs mais qui permettra à l’entreprise de réaliser de très belles économies. Car pour figurer au sein de la boutique numérique, il faut sortir le portefeuille. En se passant de l’App Store, Netflix met ainsi fin à ce que beaucoup appellent désormais la "taxe Apple". La marque à la pomme prélève jusqu’à 30% sur chaque transaction effectuée via son service.

700.000 €
Selon le site spécialisé TechCrunch, Apple a perçu 700.000 euros par jour via sa "taxe" en 2018.

Intermédiaire coûteux

Lancé en 2008, cet intermédiaire est bien utile, voire même indispensable, pour les applications à la recherche de visibilité. En se retrouvant sur la boutique numérique d’Apple, elles peuvent potentiellement toucher des millions d’utilisateurs. Mais pour les géants comme Netflix, dont la notoriété n’est plus à faire, l’intérêt d’un tel intermédiaire est plutôt limité.

La plateforme de streaming n’est d’ailleurs pas la première à prendre ses distances du géant technologique. En concurrence avec Apple Music, Spotify digère plutôt mal le fait de se voir imposer une telle taxation de ses revenus. En 2015 déjà, elle invitait ses utilisateurs à éviter la case Apple Store. Le message envoyé dans un mail, accompagné d’un lien de téléchargement renvoyant sur son site, était clair: "Au cas où vous l’ignorez, le prix normal d’un abonnement à Spotify premium est de 9.99 dollars. Si vous réalisez votre paiement sur spotify.com, il n’y a pas de frais de transaction et vous économisez de l’argent", expliquait alors la plateforme musicale.

L’entreprise de Tim Cook n’est pas la seule à prendre une jolie part pour son rôle d’intermédiaire. La plateforme spécialisée dans les jeux vidéo Steam et le Play Store de Google ont également mis en place des politiques comparables. Et là aussi, le dispositif passe de moins en moins bien. Depuis l’été, Epic Games a par exemple retiré du Play Store son célèbre jeu Fortnite: bataille Royale, préférant inviter les joueurs à télécharger le jeu directement sur son site internet.

Mécontentement grandissant

Ces mouvements importants ont un impact non négligeable. Le départ de Netflix sera d’ailleurs probablement assez piquant pour Tim Cook. Selon le site américain spécialisé TechCrunch, Apple a perçu en 2018 en moyenne 700.000 dollars par jour grâce à Netflix "en ne faisant rien hormis donner la possibilité de s’abonner à Netflix", glisse le site.

Depuis deux ans, Apple doit faire face à un mécontentement grandissant. Le géant a d’ailleurs déjà revu à la baisse sa taxation. Pour certains clients dont Netflix, la taxation n’était plus "que" de 15% pour les utilisateurs qui renouvelaient leur abonnement. C’était encore visiblement trop.

patriot act

Épisode censuré en arabie saoudite

Si la relation entre Apple et Netflix a pris un sérieux coup de froid, celle entre la plateforme de streaming et l’Arabie Saoudite est carrément devenue glaciale. Depuis une semaine, Netflix a décidé d’y censurer un épisode de sa série à succès "Patriot Act". Dans ce show hebdomadaire, l’humoriste Hasan Minhaj commente l’actualité. Dans l’intervention concernée par la censure, l’humoriste s’en prend à l’Arabie Saoudite, en revenant notamment sur la mort du journaliste Jamal Khashoggi, lui-même fort critique contre le Royaume saoudien. Dans son intervention, l’humoriste américain explique notamment qu’il faudrait "réévaluer la relation avec l’Arabie Saoudite" et que "la seule chose modernisée par le prince héritier est la dictature saoudienne". L’épisode datant d’octobre est toujours disponible ailleurs dans le monde. Netflix explique n’avoir pas eu d’autre choix que de retirer l’épisode, la demande ayant été formulée via une requête d’une commission nationale saoudienne. Une réponse vivement critiquée, notamment du côté du Washington Post pour qui travaillait le journaliste tué. L’éditorialiste du journal américain parle sur Twitter d’une "position scandaleuse".

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