Nethys et Tapie enterrent la hache de guerre à propos de La Provence

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Nethys et Bernard Tapie ont décidé de geler l’application du pacte d’actionnaires pendant un an. Le groupe wallon ne montera donc pas à 34% dans le capital de La Provence. Ils divergent sur la valorisation.

Nethys et Bernard Tapie jouent la carte de l’apaisement à La Provence. Selon nos informations, les deux partenaires ont décidé de geler l’application du pacte d’actionnaires pendant un an, le temps d’accorder calmement leurs violons. Normalement, le pacte prévoit que Nethys, via sa filiale l’Avenir Développement (AD), augmente sa participation de 11% à 34% dans le quotidien français. À défaut, Bernard Tapie devrait racheter sa participation. Le problème est que les deux actionnaires ne s’accordent pas sur la valorisation de la montée en puissance de Nethys.

34%
Actuellement, Nethys détient 11% du quotidien français La Provence aux côtés de Bernard Tapie. Le pacte d’actionnaires prévoit qu’il monte à 34%.

Le pacte prévoit une alternative en cas de désaccord entre Nethys et le groupe de Bernard Tapie: la désignation d’un expert par le tribunal de commerce. Et même ici, les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Le premier expert désigné, Didier Cardon, a été récusé par Bernard Tapie, alors qu’il n’avait rien dit, dans un premier temps, lors de sa désignation. Fin de l’année dernière, le tribunal met en selle un nouvel expert en la personne de Marie-Louise Liger, expert-comptable à Nancy. Un autre grand format des chiffres. Elle est notamment expert auprès de différentes juridictions à Nancy et agréée par la cour de cassation.

Fin de la mission d’expert

L’accord intervenu entre Nethys et Bernard Tapie reportant d’un an l’application du pacte d’actionnaires met fin à la mission de l’expert Liger Décision de bon sens, disent des observateurs, mais elle ne fait que reporter le problème et dans un an, se posera toujours la question de la valorisation.

Nethys a valorisé La Provence à 10 millions d’euros. De son côté, le groupe français annonce une estimation de 54 millions d’euros. La vérité est entre les deux. Certaines sources proches du dossier avancent plutôt une valorisation d’une trentaine de millions d’euros.

La polémique qui secoue Nethys et sa maison mère Publifin depuis des mois pourrait rebattre les cartes dans les participations du groupe wallon en France. Ce développement outre-Quiévrain, qui s’inscrit dans une stratégie de diversification à long terme, est aujourd’hui remis en cause par des responsables politiques sans se baser sur des analyses économiques.

justice: menace des français

La sortie du député wallon Fabian Culot (MR), désormais ex-vice-président de Publifin, n’est visiblement pas du goût des partenaires de Nethys dans Nice-Matin. La filiale opérationnelle de l’intercommunale liégeoise vient d’y porter sa participation de 20 à 34%. Interrogé sur La Première, début février, Fabian Culot a indiqué que les Wallons sont "en train de tout faire pour prévoir, à brève échéance, une cession des titres de la presse dans le sud de la France. C’est en cours, il y a des contacts qui se nouent".

D’après les dirigeants de Nice-Matin, cette sortie est contraire au droit des affaires français, car aucune discussion sur un éventuel désengagement de Nethys n’est à l’ordre du jour et si cela devait être le cas, il est prévu que les partenaires français en soient informés au premier chef. Ils auraient donc envoyé un courrier aux dirigeants de Nethys pour rappeler qu’ils pourraient intenter une action en justice pour non-respect d’obligations contractuelles.

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