Niel et Pigasse s'emparent de Lagardère Studios dans leur quête de grandeur

Derrière Mediawan, l'on retrouve le magnat des télécoms Xavier Niel (à gauche), le banquier d'affaires Matthieu Pigasse (à droite) et le producteur Pierre-Antoine Capton (au centre). ©AFP

La société qu'ils fondaient en 2015 vient de frapper un nouveau grand coup après son rachat du groupe AB en 2017. Elle reprendra l'activité audiovisuelle dont Arnaud Lagardère cherchait à se débarrasser.

Ils avaient surtout fait parler d'eux en Belgique, en 2017, en rachetant le groupe audiovisuel français AB (AB3, ABXplore) pour quelque 280 millions d'euros. Annonçant déjà à l'époque le "début d'un grand Big Bang" dans le secteur.

Aujourd'hui, le trio réitère. En effet, ce lundi, le magnat des télécoms Xavier Niel (Iliad), le banquier d'affaires Matthieu Pigasse (ex-patron de Lazard en France) et le producteur Pierre-Antoine Capton ont décidé de frapper un grand coup en annonçant le rachat de Lagardère Studios, filiale audiovisuelle du groupe français qu'Arnaud Lagardère cherchait à vendre depuis un moment, présente dans 4 pays (France, Finlande, Espagne et Pays-Bas) et dotée d'un riche catalogue allant de "Joséphine Ange Gardien", sur TF1, au documentaire "Grégory", sorti sur Netflix. Pour y parvenir, ils mettent sur la table jusqu'à 100 millions d'euros, a-t-on appris.

Mais ce n'est pas tout. Dans le même temps, les trois hommes ont aussi dévoilé leur intention de lancer une offre publique d'achat (OPA) sur la société Mediawan qu'ils ont fondée en 2015 et dont ils ne détenaient à ce stade que 20% des parts. Ils seront soutenus par la mutuelle MACSF et le puissant fonds d'investissement américain KKR dans cet effort qui s'annonce d'ores et déjà conséquent quand on sait qu'offre est faite à 12 euros par action, soit une prime de 42% par rapport au cours de clôture de vendredi, ce qui valorise l'entreprise – qui devrait s'appeler demain "Mediawan Alliance" – à quelque 400 millions d'euros.

Enfin, une prise de participation majoritaire a aussi été rendue publique – mais pas le montant de l'opération – dans le producteur de télévision espagnol Good Mood, surtout actif dans les séries.

Vingtaine d'acquisitions

"Notre objectif est de créer le leader européen des contenus."
Matthieu Pigasse
Cofondateur de Mediawan

Tout un programme. Certes, mais le trio avait prévenu. Et persiste et signe. "Notre objectif est de créer le leader européen des contenus", évoquait en ce début de semaine Matthieu Pigasse dans la presse hexagonale.

Et à ce titre, cela n'a jamais été un secret que l'entreprise sortirait le chéquier pour y parvenir. Avec quelques coups de lassos réussis, puisqu'en cinq ans, elle a mis la main sur une bonne vingtaine de boîtes, lui permettant de dégager l'an dernier un chiffre d'affaires de 338 millions d'euros – pour un bénéfice net, par contre, de seulement 500.000 euros.

L'on pense notamment à certaines activités d'EuropaCorp (le groupe de Luc Besson) et du producteur des "Bracelets rouges" en 2018, mais aussi à un développement en Italie début 2019 avant le rachat du producteur de "Commissaire Montalbano" et de la série "Le nom de la rose".

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