Mark Zuckerberg sort de son silence et admet des "erreurs"

©AFP

"Nous avons fait des erreurs et nous devons faire mieux". Voilà en substance le message que le patron de Facebook Mark Zuckerberg a tenu à faire passer via sa page Facebook ce mercredi soir.

Mark Zuckerberg est sorti de son silence ce mercredi pour reconnaître dans un long message publié sur sa page Facebook des "erreurs" après des jours de polémique autour de l'utilisation indue de données personnelles de 50 millions d'utilisateurs du réseau social par la firme britannique Cambridge Analytica pour booster les chances de Trump de remporter la présidentielle de 2016 et interférer sur la campagne du Brexit en Grande-Bretagne. L'homme se dit prêt à donner toutes les explications au Congrès.

Facebook a "fait des erreurs", a-t-il indiqué dans ses premiers commentaires sur cette affaire, se disant "responsable de ce qui se passe" sur Facebook et promettant de permettre aux usagers de mieux contrôler l'usage de leurs données personnelles collectées par son entreprise. "Il y a encore à faire, nous devons aller plus vite et le faire", a-t-il écrit.

"Nous avons la responsabilité de protéger vos données et si nous ne pouvons pas le faire, nous ne méritons pas de vous servir."
Mark Zuckerberg

"Nous avons la responsabilité de protéger vos données et si nous ne pouvons pas le faire, nous ne méritons pas de vous servir", a-t-il aussi écrit, ajoutant que le groupe allait examiner de près les applications présentes sur Facebook pour s'assurer qu'elles n'abusent pas des données personnelles. Les applications douteuses ou dont les développeurs refusent de se soumettre aux investigations du groupe seront bannies du réseau social. Les applications tierces auront désormais accès à moins de données, réduites à "votre nom, votre photo et votre adresse mail".

Facebook est déjà visé par des enquêtes et des plaintes des deux côtés de l'Atlantique, après la révélation le week-end dernier que Cambridge Analytica (CA) avait utilisé des données personnelles de 50 millions d'utilisateurs du site - via une application de tests psychologiques mise au point en 2013 par le psychologue Alexandre Kogan - pour les utiliser à des fins politiques.

C'est "un coup porté à la confiance entre Facebook et ceux qui partagent leurs données avec nous (...). Nous devons réparer cela."
Mark Zuckerberg

Zuckerberg a redit que Kogan avait assuré à Facebook en 2015 avoir effacé ces données mais que cela s'est ultérieurement révélé faux. C'est "un coup porté à la confiance entre Kogan, Cambridge Analytica et Facebook" mais c'est "aussi un coup porté à la confiance entre Facebook et ceux qui partagent leurs données avec nous (...). Nous devons réparer cela", a encore dit Zuckerberg, qui confirme également que l'application avait été téléchargée par "environ 300.000 personnes qui ont partagé leurs données ainsi que certaines des données de leurs amis". "

"Compte tenu de la façon dont notre plateforme fonctionnait alors, cela signifie que Kogan a pu accéder à des dizaines de millions de données des amis", a-t-il aussi confirmé, ajoutant que Facebook avait modifié sa plateforme en 2014 de façon "à limiter énormément les données auxquelles pouvaient accéder les applications" tierces, auxquelles l'usager accède via son compte Facebook.

Dès lors, de telles applications "ne pouvaient plus demander les données des amis sauf si ceux-ci avaient eux aussi téléchargé l'application", assure le milliardaire. Zuckerberg confirme également que le groupe avait appris en 2015, par un journaliste britannique, que Kogan avait partagé les données avec Cambridge Analytica.

CA a nié avoir utilisé ce type de données dans ce cadre même si des déclarations de son patron recueillies par une caméra cachée semble indiquer le contraire. Max Schrems, un militant autrichien pour la protection des données, a affirmé que Facebook était au courant dès 2011 des problèmes liés aux applications tierces.

 

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