Pourquoi Amazon poursuit son offensive dans le sport

En dopant son offre sportive, Amazon devrait voir le nombre d'abonnés à son service Prime sensiblement augmenter. ©EPA

Le géant de l’e-commerce vient de décrocher une bonne partie des droits du championnat de France de football. Objectif: doper l'attractivité de son service Prime.

Nouveau coup de tonnerre dans le sport business. Amazon a décroché vendredi, avec Canal+, les droits de diffusion de la Ligue 1, le championnat de France de football. Le géant de l’e-commerce et la chaîne cryptée vont débourser ensemble 663 millions d’euros par saison.

Selon la répartition adoptée par la Ligue de football professionnel (LFP), Canal+ doit verser 332 millions par saison sur la période 2021-2024 et Amazon 250 millions. Ce dernier ajoutera une rallonge pour se partager aussi la Ligue 2 (le championnat de 2e division) avec le groupe qatari beIN Sports.

250
millions d'euros
C'est le prix payé par Amazon pour acquérir une partie des droits du foot français. C'est son plus gros investissement en Europe dans les droits sportifs.

Au total, les clubs français percevront la moitié de ce qu'ils auraient dû obtenir lorsque l’espagnol Mediapro avait acquis les droits pour 1,2 milliard d’euros. Mais, incapable d’honorer ses obligations, Mediapro avait dû jeter l’éponge l’automne dernier, contraignant la LFP à remettre les droits en jeu. "C’est très bien joué de la part d’Amazon car il en a profité pour accueillir à bas prix le meilleur de foot français, ce lot étant le plus intéressant", commente le Belge Pierre Maes, expert en droits sportifs. De fait, Amazon diffusera 8 matchs sur 10 de chaque journée de championnat. Mais vexé d'avoir été ainsi relégué au second rang alors qu'il est un partenaire historique du foot français, Canal+ a fait savoir vendredi en début de soirée qu'il se retirerait de la diffusion de la Ligue 1. Bref, nouvel imbroglio en perspective.

Un service Prime dopé

Cette opération confirme une fois de plus les ambitions du géant du numérique dans les droits sportifs, contrairement à d’autres Gafa comme Facebook ou YouTube (Google) dont le modèle gratuit financé par la pub n’a pas encore convaincu dans le sport.

Le groupe fondé par Jeff Bezos a, lui, déjà acquis par le passé une vingtaine de matchs du championnat d’Angleterre, l’US Open de Tennis, des rencontres de NFL (le championnat de football américain), des matchs de Ligue des champions en Italie et en Allemagne, etc. Ces quinze derniers jours il a marqué les esprits en diffusant les matchs en soirée du tournoi de tennis de Roland Garros.

"Cette opération démontre qu'Amazon mise sur le sport comme produit d’appel pour son service Prime."
Pierre Maes
Expert en droits sportifs, auteur du livre "Le business des droits TV du foot"

Aujourd'hui, il va plus loin. "C’est sa plus grosse opération en Europe, observe Pierre Maes; si on y ajoute le récent deal avec NFL aux USA, qui pèse plus d’un milliard de dollars par saison, cela démontre qu’Amazon mise sur le sport comme produit d’appel pour son service Prime."

Outre la livraison gratuite et rapide des produits achetés sur sa plateforme, Prime offre aussi l’accès gratuit à sa plateforme de vidéo, à du gaming et, de plus en plus, à du contenu sportif premium. Bref, rien à voir avec le modèle classique des chaînes à péage. "En augmentant ainsi son offre, la question est de savoir si Amazon va toucher au prix de 49 euros par an", analyse Pierre Maes, "je ne le pense pas, car cela lui permettra d’attirer toujours plus de nouveaux abonnés."

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés