Quand la pub tousse, les finances de la RTBF s'enrhument

Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF ©Photo News

Après une année 2019 record, le service audiovisuel public a, comme prévu, connu un exercice 2020 compliqué. En cause: la chute de ses recettes publicitaires.

La RTBF vient de publier son rapport d’activités 2020 (www.rapportannuelrtbf.be). Comme attendu, après une année 2019 euphorique, 2020 a été d’un tout autre tonneau. Non pas sur le plan des audiences, car elle a profité du confinement pour voir celles-ci progresser et le nombre d’abonnés à sa plateforme Auvio atteindre les 3,6 millions. Mais plutôt du côté financier. La hausse de la dotation de 5%, telle que prévue par le contrat de gestion a certes permis de stabiliser les revenus (-0,3% à 383,2 millions d’euros).

58,6
millions d'euros
En 2020, les recettes publicitaires de la RTBF ont reculé de 14% à 58,6 millions d'euros

En revanche, les recettes publicitaires qui pèsent 15% de ceux-ci, chutent de 14% à 58,6 millions. Motif: la crise sanitaire qui a tétanisé les annonceurs et le report de l’Euro de foot et des JO. C’est surtout la pub radio qui a souffert. Média d’activation des ventes, elle a été victime de la fermeture des commerces non essentiels. Plus étonnant, la publicité digitale a aussi reculé, victime de l’appétit des annonceurs pour les Gafa. "Quand la publicité tousse les finances de l’entreprise s’enrhument", philosophe l’administrateur général Jean-Paul Philippot.

"Avec le recul de notre ebitda, on est en dessous de nos capacités d’autofinancement normales alors qu’on va devoir investir encore dans la production et la diffusion numériques."
Jean-Paul Philippot.
administrateur général de la RTBF

Outre le recul de la pub, les charges salariales (qui représentent 48% de ses dépenses) ont quant à elle grimpé de 3%, alors que le plan Restart de soutien à la culture a pompé 8 millions. Résultat:  l’ebitda plonge, passant de 29 à 13 millions. "On est en dessous de nos capacités d’autofinancement normales alors qu’on va devoir investir encore dans la production et la diffusion numériques", pointe Jean-Paul Philippot.

Endettement réduit

Au total, la RTBF affiche encore un léger bénéfice de 1,6 million (16 millions en 2019). "Mais, comme déjà annoncé l’été dernier, nous avons affecté 9,3 millions pour la numérisation des archives audiovisuelles, précise le CFO Chris Vandervinne, nous avons donc terminé l’exercice avec un résultat net ajusté de – 7,7 millions."

Quant à l’endettement, il sera réduit à néant une fois effectué le remboursement, prévu cette année, d’une dernière dette de 14 millions. Mais pas pour longtemps, car la RTBF a souscrit auprès de la BEI un emprunt (de 60 millions étalé sur 25 ans) pour la construction de son nouveau siège. Cet emprunt n’a pas encore été activé.  

Pour l’exercice en cours, la RTBF devra faire faire face à d’autres défis financiers comme la deuxième phase du plan Restart  (5 millions), la suppression totale de la pub sur la matinale de la Première (2 millions) ou encore les coûts de couverture des JO et de l’Euro, qui dans le même temps, généreront des recettes publicitaires additionnelles. Si bien que la RTBF a prévu un budget en déficit de 5 millions pour 2021.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés