Retour vers le futur pour Stéphane Rosenblatt

©J. Dubart

Consultant, l’ancien directeur de RTL est un des soutiens du projet LN24. À quelques jours du lancement, il retrouve la fièvre qu’il a connue aux débuts de son ancien employeur. Et la même méfiance à l’égard de la viabilité du projet.

Dans deux grosses semaines, LN24, la nouvelle chaîne d’info en continu, débutera ses émissions. Dans les locaux plutôt étroits situés face au building de… RTL, c’est l’effervescence. "La semaine prochaine, nous allons travailler dans les conditions du direct, comme si la chaîne existait réellement", indique Stéphane Rosenblatt. L’ex-directeur de la télévision de RTL remercié sans ménagement il y a un an, y occupe un rôle de super consultant au travers de la société qu’il a créée en début d’année.

"Je ressens la même atmosphère qu’en 1987 lors du lancement de RTL-TVI."
Stéphane Rosenblatt
Consultant LN24

Il est la personne idoine car il a fait bien des métiers à RTL. Aussi, quand les fondateurs de LN24, les journalistes Joan Condijts et Martin Buxant (ex-L’Echo) et le producteur Boris Portnoy l’ont contacté pour les aider, il les a suivis. D’autant qu’il connaissait déjà le projet. En quête de financement, le trio derrière LN24 était venu le présenter à RTL lorsqu’il en était encore le n°2. "À l’époque, je pensais que c’était une opportunité pour RTL d’avoir une sorte de médialab qui aurait pu être très utile à cette entreprise qui était à la recherche de la meilleure manière d’aborder les nouvelles méthodes en matière de médias."

On le sait, le deal ne s’est pas fait. Mais aujourd’hui, Stéphane Rosenblatt ne cache pas une certaine excitation. "Je ressens la même atmosphère qu’en 1987 lors du lancement de RTL-TVI, guidée par la passion, la curiosité, l’envie de réussir." Quelque part, c’est une sorte de retour aux sources. "Un alignement des planètes un peu ironique", ajoute-t-il.

Lancement | Distribution et casting

Tous les télédistributeurs vont reprendre le signal de LN24. Avec, chez certains, une position avantageuse sur la télécommande, comme chez VOO (canal 12) et Telenet à Bruxelles (canal 16). La chaîne sera disponible sur le canal 24 de Proximus, le 90 d’Orange et le 140 de Telenet en Flandre.

Le casting des chroniqueurs se précise. Notamment pour l’info économique que commenteront des personnalités comme Philippe Ledent (ING), Bruno Colmant (Degroof Petercam, ULB, UCL), Véronique Goossens (chief economist de Belfius), Emna Everard (Kazidomi), Pierre Hermant (finances.brussels), Thomas Dermine (plan Catch) ou encore notre collègue Maxime Samain pour les technologies.

Du haut de ses 35 ans de carrière, Stéphane Rosenblatt intervient un peu à tous les niveaux: grilles de programmes, recrutements, outils de production, dossier de candidature pour l’obtention d’une fréquence radio (dont l’attribution pourrait être remise en cause par un recours au Conseil d’Etat de DH Radio), encadrement des jeunes… "Ces gens ne ressentent pas la polyvalence qu’on leur demande comme une contrainte mais comme une opportunité", se réjouit-il. Renouant avec son premier métier, le journalisme, il aura même son émission, un magazine hebdomadaire de 55 minutes le mercredi à 17h (et rediffusée à 21h) dédié à un de ses dadas: l’actualité internationale.

Reste que si LN24 est accueillie avec curiosité, voire bienveillance par certains, d’autres dans le Landerneau médiatique font preuve de scepticisme quant à la viabilité économique du projet. "En 1987, RTL-TVI était aussi vue avec méfiance, c’est très belge de belge ce scepticisme. Cela me fait encore plus croire dans la nécessité du risque entrepreneurial en Belgique francophone. Je crois que quand des gens qui ont des positions confortables décident de prendre des risques, il vaut mieux être bienveillant à leur égard que sceptique. Idem pour tous ces jeunes qui, eux aussi, avaient parfois un bon job, mais qui ont pris ce risque", commente-t-il avant d’ajouter: "On n’est pas naïf, on sait très bien que la réalité économique s’impose à tout le monde. Le modèle en tient compte. Il y a donc une prise de risque, certes, mais elle est calculée."

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect