Rosenblatt perd en justice contre RTL

©BELGIAN_FREELANCE

Stéphane Rosenblatt, qui avait intenté une action en justice contre RTL, vient de perdre la première manche judiciaire. La chambre des référés du tribunal de travail de Bruxelles l'a débouté, estimant que l'urgence invoquée pour lui rendre sa fonction de responsable des contenus de Bel RTL n'était pas justifiée.

Un coup dans l'eau. Stéphane Rosenblatt, directeur général de la télévision en charge des contenus transversaux chez RTL, vient de perdre l'action en justice qu'il avait introduite contre son employeur. Dans une ordonnance rendue lundi dernier, la chambre des référés du tribunal du travail de Bruxelles a estimé que l'urgence invoquée par Stéphane Rosenblatt pour être réintégrée dans sa fonction de responsable des contenus de Bel RTL n'avait pas lieu d'être. Il a été débouté et est condamné à payer 1.440 euros à titre d'indemnité de procédure. 

Pour mémoire, après le plan de réorganisation #evolve qui avait vu le départ de 88 collaborateurs de la chaîne privée, Philippe Delusinne, le CEO de RTL, avait réorganisé son management. À ce moment, il avait retiré à Stéphane Rosenblatt sa fonction de responsable des contenus de la radio Bel RTL. A priori, cette décision intervenait à la suite des inquiétudes soulevées par les actionnaires de Radio H, la structure qui rassemble les radios du groupe, à savoir Bel RTL, Contact et Mint. 

Au moment de retirer cette fonction à Stéphane Rosenblatt, le CEO du groupe lui avait proposé d'endosser le titre de Content Chief Officer, un titre qui serait toujours combiné avec sa fonction de directeur de la télévision. Après quelques jours de réflexion, Stéphane Rosenblatt avait refusé, exigeant d'être réintégré dans sa fonction précédente. In fine, il avait décidé d'attaquer RTL en justice afin d'obtenir ce qu'il réclamait. Parallèlement à cette action en référé, Stpéhane Rosenblatt, défendu par Dominique Claes et Laurence Depaepe, avait également introduit une action au fond. RTL était défendue par Herman Craeninckx et Jérôme Aubertin. 

Pas d'urgence

Dans son ordonnance, le tribunal s'est essentiellement attaché à voir si la condition de l'urgence - qui apparaît comme la raison d'être du référé - était respectée. Le tribunal a estimé que ce n'était pas le cas. "Le demandeur (Stéphane Rosenblatt) ne démontre pas en l'espèce qu'à défaut de prendre immédiatement les mesures provisoires sollicitées, il encourrait un préjudice d'une certaine gravité, voire des inconvénients difficilement réparables", peut-on lire dans l'ordonnance. 

"Le demandeur (Stéphane Rosenblatt) ne démontre pas en l'espèce qu'à défaut de prendre immédiatement les mesures provisoires sollicitées, il encourrait un préjudice d'une certaine gravité, voire des inconvénients difficilement réparables."
Tribunal du travail de Bruxelles

Dans son argumentation, Stéphane Rosenblatt estimait que le changement de ses conditions de travail lui causait un préjudice matériel et moral et interrompait sa politique de refonte des contenus de Bel RTL. Il n'a pas non plus été suivi sur ce point par le tribunal. Le juge des référés a estimé que le directeur de la télévision ne répondait pas véritablement à l'objection selon laquelle aucune feuille de route, aucun plan d'action, ni aucun programme n'a été présenté. 

Le tribunal, qui a estimé que le seul préjudice que le demandeur pourrait subir serait moral, a en outre précisé qu'il ne voyait pas en quoi les mesures provisoires sollicitées permettraient d'aménager une situation d'attente provisoire efficace  à partir du moment où, depuis le 1er juin 2018, la responsabilité des contenus de Bel RTL est assurée par le nouveau directeur général des radios. "Il n'y aurait plus aucun sens de réintégrer le demandeur dans une fonction désormais occupée par un tiers à l’égard duquel le juge des référés n'a aucune prise", lit-on encore dans l'ordonnance. À partir du moment où la fonction a été reprise, le tribunal estime qu'une réintégration serait inopérante en pratique.

"Il n'y aurait plus aucun sens de réintégrer le demandeur dans une fonction désormais occupée par un tiers à l’égard duquel le juge des référés n'a aucune prise."
Tribunal du travail de Bruxelles

Le tribunal, déclarant que l'urgence n'était pas fondée, a jugé la demande de Stéphane Rosenblatt recevable, mais non fondée. Celui-ci doit payer l'indemnité de procédure qui s'élève à 1.440 euros. 

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect