Rossel et DPG proches d'un accord pour s'emparer de RTL Belgium

L'offre de Rossel et de DPG sur RTL Belgium tournerait autour des 250 millions d'euros. ©Tim Dirven

Rossel, l’éditeur du Soir, et le groupe flamand DPG, derrière la chaîne VTM, semblent bien partis pour mettre la main sur la filiale belge du groupe RTL.

Le deal n’est pas encore signé officiellement mais, d’après nos informations, le tandem DPG Media-Rossel est à deux doigts de coiffer au poteau la dizaine de prétendants, un temps en lice, dans la course effrénée de ces dernières semaines en vue de s'offrir RTL Belgium.

250 millions
d'euros
L'offfre du tandem Rossel-DPG Media pour racheter RTL Belgium tournerait autour de 250 millions d'euros.

Contactés, les différents protagonistes n’ont pas souhaité commenter ni confirmer, ou tout simplement pas donné suite à nos sollicitations. Une communication officielle ne devrait plus tarder.

D'après nos sources, l'offre des deux poids lourds médiatiques tournerait autour des 250 millions d'euros. De quoi s'offrir les chaînes de télévision RTL-TVi, Club RTL et Plug RTL, les radios Bel RTL, Radio Contact et la web radio Mint, ainsi que le service de streaming RTL Play, le site RTLInfo.be et la régie publicitaire IP.

Vers la naissance d'un géant?

Ce rachat enclencherait un bouleversement d'une ampleur rare au sein du Landerneau médiatico-publicitaire francophone. Cette alliance donnerait, en effet, naissance à un "géant" des médias en Belgique, toutes proportions gardées, qui devrait bénéficier d'importantes synergies.

D'abord en matière publicitaire, puisqu'une offre nationale pourra désormais être présentée aux annonceurs, tandis que des données pourront être échangées entre les parties en présence, pour offrir toujours plus de possibilités de personnaliser la publicité, le graal pour les annonceurs.

Chaque médaille a son revers. Car qui dit synergies, dit économies.

À cela s'ajoutent des synergies en termes d’achats de contenus. On songe à la fiction anglo-saxonne ou au sport, par exemple. Des collaborations sont également à attendre dans le marketing, via des promotions croisées (journaux, magazines, chaînes de télé).

Le revers de la médaille

Si l'opération se confirme, on pourra évidemment se réjouir que RTL reste dans des mains belges; qui plus est dans celles d'industriels des médias. Mais chaque médaille a son revers. Car qui dit synergies, dit économies.

Il est fort à parier que le back office (régie technique, production, plateforme vidéo, etc.) sera mis en commun à un moment ou un autre. Ce qui ne devrait pas rester sans conséquences sur le plan social, alors que RTL a connu une restructuration douloureuse en 2017-2018, qui avait entraîné la suppression de 88 emplois. Autre crainte: une possible atteinte au pluralisme, puisqu'un acteur de poids se fondra dans un autre. 

"Champions nationaux"

La vente de RTL Belgium marque, en tout cas, le point d'orgue d'une importante phase de recentrage stratégique initiée par RTL Group. Son CEO, Thomas Rabe, également patron de sa maison mère, le géant allemand des médias Bertelsmann, l'avait évoqué à plusieurs reprises: pour faire face à la déferlante des plateformes de streaming (Netflix, Amazon, Disney+...), qui phagocytent l'audience, et des géants du net (Google, Facebook) qui siphonnent les recettes publicitaires, les groupes audiovisuels européens n'ont d'autre choix que de constituer des "champions nationaux".

Pas plus tard que mardi, RTL Group a annoncé que le groupe Talpa (...) allait fusionner avec RTL Nederland (...).

Passant de la parole aux actes, RTL a pris la décision, en début d'année, de mettre plusieurs de ses filiales à l'étalage, ouvrant la voie à une importante vague de consolidation européenne. Objectif? Se replier sur son marché domestique, l'Allemagne, où le groupe pourra régner en maître.

Il y a quelques semaines, M6 est passé dans l'escarcelle de son concurrent français TF1 et, pas plus tard que mardi, RTL Group a annoncé que le groupe Talpa, cornaqué par le roi de la téléréalité John De Mol, allait fusionner avec RTL Nederland, lui-même initialement convoité par… DPG Media.

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