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RTL Belgium, l’Union fera-t-elle la force ?

La reprise de RTL Belgium par le duo Rossel-DPG Media est globalement bien accueillie. Notamment parce que l'entreprise entre dans le giron d'acteurs belges. D'industriels du secteur de sucroît.

Quelques mois après avoir été mise à l’étalage par le groupe luxembourgeois RTL, sa filiale belge, RTL Belgium, a donc trouvé repreneur. Sous réserve de l’approbation des autorités de la concurrence c’est donc, comme déjà annoncé dans ces colonnes, un tandem belgo-belge constitué du francophone Rossel et du flamand DPG Media qui reprendra le groupe audiovisuel privé.

L’Union fera-t-elle la force? A priori, cette option semble celle du bon sens. Quelques coups de fil auprès d’observateurs et acteurs en vue du secteur médiatico-publicitaire en témoignent. Voir un groupe audiovisuel aussi emblématique que RTL Belgium être repris par des acteurs belges est suffisamment rare pour ne pas être souligné. Du reste l’opération est généralement bien accueillie, d’autant qu’il s’agit d’acteurs aux reins solides.

Le joli montant de 250 millions déposé sur la table démontre que les deux partenaires croient ferme au projet.

Et puis surtout, Rossel et DPG Media sont des industriels du secteur, des groupes familiaux historiques dont les dirigeants, Bernard Marchant et Christian Van Thillo, se connaissent et s’entendent bien. Et non des fonds motivés par le profit à court terme. Ni des industriels du luxe ou du négoce soucieux de s’acheter un pouvoir d’influence et/ou une visibilité médiatique. Suivez notre regard. Et en partant ces dernières années à la conquête, l’un de la France, l’autre des Pays-Bas et du Danemark, Rossel et DPG Media ont acquis l’expérience de grosses acquisitions.

Dans un univers médiatique en plein bouleversement, dont à la fois l’audience et les revenus sont siphonnés par les géants américains du digital, la constitution de ce nouveau "champion national", pour paraphraser le CEO de RTL Group, le francophile Thomas Rabe, est-elle la solution? Impossible à dire évidemment à ce stade. La démarche est inédite, audacieuse avec son petit côté belgicain, à contre-courant des tensions qui minent la vie politique belge. Mais le joli montant de 250 millions déposé sur la table démontre que les deux partenaires croient ferme au projet. Un projet qui apparaît comme le seul réaliste. Car l’addition des audiences des uns et des autres générera plus de revenus, et donc plus de possibilité d’enrichir l’offre linéaire et digitale de leurs médias respectifs. Un cercle vertueux en quelque sorte.

Reste à accorder les violons, à mixer les cultures d’entreprise, à valoriser les atouts des uns et des autres, mais aussi à rassurer les troupes ertéeliennes trois ans après la douloureuse restructuration menée début 2018. Or des économies d’échelle il y en aura, cela paraît inévitable…  

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