RTL se retire de la plateforme urbaine Check

Martin Vachiery, rédacteur en chef de Check, accompagné de la YouTubeuse Gaelle Garcia Diaz qui présentera le nouveau format Check Food ©Check

Dédiée à l’univers du hip-hop et du rap, cette offre qui devait concurrencer Tarmac à la RTBF n’est jamais parvenue à séduire les annonceurs.

En février 2018, RTL Belgium lançait Check, une plateforme digitale dédiée aux cultures urbaines, à l’univers du rap et du hip-hop. Une offre qui faisait fortement penser à Tarmac, le service hybride lancé à l’été 2017 par la RTBF, même si pour ses initiateurs, elle se rapproche plutôt de formats comme Vice, OKLM ou Booska P.

"La collaboration avec RTL ne nous a pas permis de valoriser le potentiel du média sur les marchés étrangers."
François Charles
Cofondateur de Check

Check était initialement le fruit d’un partenariat entre Cobelfra, éditeur de Radio Contact (majoritairement détenue par RTL), les sociétés Back in the Dayz (production, management et booking d’artistes) et Digizik (active dans la production de contenus courts pour des majors de la musique, des annonceurs, etc.). Le budget s’élevait à environ 300.000 euros par an. À l’époque, RTL présentait cette collaboration "comme une manière d’aborder des formats et des territoires différents, qui préfigurent les médias de demain".

Un an plus tard, l’aventure est déjà terminée. Du moins du côté de RTL. Chargée de commercialiser auprès des annonceurs les contenus proposés par Check, IP, la régie de RTL Belgium n’est jamais parvenue à rentabiliser l’affaire. "Les revenus générés étaient loin de répondre aux objectifs poursuivis, commente Christopher Barzal, porte-parole de RTL. Nos annonceurs étant plutôt frileux par rapport à ce type de format, nous avons préféré nous retirer du projet."

Cap sur la francophonie

Digizik et Back in the Dayz ont repris la marque Check et décidé de poursuivre l’aventure au travers d’une nouvelle structure pilotée par leurs quatre dirigeants: François Charles, Gregory Lefillatre (Digizik), Anthony Consiglio et Max Meli (Back in the Dayz). L’offre de contenus ne changera pas: vidéo, audio, textes, événements et concerts alimenteront encore la plateforme. Elle sera toujours pilotée par le rédacteur en chef Martin Vachiery, qui fait donc une pause carrière chez RTL.

Axée sur les contenus de marques, la commercialisation se fera en interne via Digizik, qui possède une antenne à Paris, les émissions et séquences étant produites par Back in the Dayz.

48.300
abonnés
La chaîne YouTube de Check compte 48.300 abonnés.

À l’heure du digital, Check n’entend pas se limiter à la petite Belgique. "La collaboration avec RTL ne nous a pas permis de valoriser le potentiel du média sur les marchés étrangers, indique François Charles, chez Digizik. Mais il n’est pas pertinent de nous concentrer uniquement sur l’audience et les annonceurs belges. Nous allons donc opter pour une commercialisation belgo-française avec une stratégie éditoriale orientée sur ces marchés tout en restant ouverts à toute la francophonie." Un premier contrat a ainsi été signé pour la saison 2019 avec le lobby français du lait. "Nous avons déjà atteint 50% de nos objectifs commerciaux pour 2019", relève François Charles.

Check compte 7.700 fans sur Facebook, 48.300 abonnés à sa chaîne YouTube (contre 120.000 pour celle de Tarmac, lancée sept mois plus tôt), des millions de vues et une audience "en croissance exponentielle" selon ses dirigeants.

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