Sortlist, le "Tinder du marketing" débarque aux Pays-Bas et en Allemagne

Les fondateurs de Sortlist : Michael Valette, Charles De Groote, Thibaut Vanderhofstadt, Nicolas Finet. ©Sortlist

La scale-up wavrienne, qui met en contact entreprises et prestataires en marketing, devrait doubler ses revenus en 2019. Début 2020, Sortlist ouvrira des bureaux en Allemagne et aux Pays-Bas. La société publie son premier "baromètre du marketing".

Sortlist poursuit sa forte croissance. La scale-up wavrienne, qui a développé une plateforme de mises en relation entre fournisseurs de services marketing et entreprises, doublera ses revenus cette année. C’est ce qu’assure Nicolas Finet, un de ses quatre fondateurs avec Thibaut Vanderhofstadt, Michael Valette et Charles De Groote. Il y a 15 jours, elle a d’ailleurs remporté le prix "Deloitte Technology Fast 50" dans la catégorie "software" et a terminé deuxième du classement général.

"Notre mission consiste à aider les entreprises à mieux acheter auprès de prestataires marketing", résume Nicolas Finet. Une sorte de Tinder de la pub, donc. Soit ces prestataires sont identifiés par Sortlist grâce à ses algorithmes de recherche, soit ils se sont préalablement inscrits comme experts, Sortlist se chargeant de vérifier ces informations. Tout se fait en ligne mais l’humain n’est pas délaissé pour autant via chat, téléphone, etc.

Investissements

Sortlist, qui touche une commission de 1% sur les budgets qui lui sont confiés, ne publie pas de chiffre d’affaires mais en 2018, sa marge brute d’exploitation s’élevait à 1,3 million d’euros. En revanche, elle affichait une perte nette de 242.000 euros, en raison des investissements dans le développement de la plateforme. Ce sera encore le cas cette année.

40.000 prestataires
La base de données de Sortlist compte 40.000 prestataires en marketing issus du monde entier, dont 3.200 en Belgique.

"Pour le moment, on est davantage dans une optique d’expansion que de rentabilité", indique Nicolas Finet qui possède avec les trois autres cofondateurs la majorité des parts de la société, le solde étant détenu par la plupart des 70 employés, des business angels comme Mike Vandenhooft (Newpharma) ou François Van Uffelen et des fonds comme Sambrinvest.

C’est auprès de ces derniers que Sortlist a levé début février 2 millions d’euros pour soutenir sa croissance. Présente en Belgique, en France (son principal marché), en Espagne, en Roumanie, en Afrique du Sud, à Madagascar et aux Philippines, elle s’apprête à ajouter en janvier deux pays à son périmètre, les Pays-Bas et l’Allemagne.

Sophistication

Sa base de données compte quelque 40.000 prestataires, dont 2.300 en Belgique. Parmi eux, des noms comme Digitas (Publicis), IPG Mediabrands, Mindshake, Idweaver, Second Floor, Duval Branding, etc. tandis que parmi les entreprises figurent notamment LVMH, Alpro, KPMG, New Balance, Schneider Electric et Greenpeace. En volume, 70% des clients sont des PME, 30% des grands entreprises.

"On constate que le secteur est de plus en plus spécialisé, note Nicolas Finet. Au début, on avait identifié une vingtaine d’expertises. Aujourd’hui, on doit être plus pointu, on a créé des sous-catégories dans des secteurs comme la réalité virtuelle, les chatbots, l’intelligence artificielle, etc." Autrement dit, les annonceurs ne se contentent plus d’une seule agence mais préfèrent travailler avec une multitude d’acteurs très spécialisés. C’est justment ce qu’indique le premier "baromètre du marketing" publié par Sortlist.

LE baromètre du marketing

Un marché éclaté et changeant

Fort de sa vaste base de données de prestataires, Sortlist a pu objectiver les tendances du secteur marketing. Elle a analysé plus de 3.000 demandes en Belgique entre 2018 et 2019. Verdict: d’une année à l’autre, les demandes des annonceurs peuvent changer sensiblement. En 2019 comme en 2018, les expertises les plus demandées étaient la création de sites web, le positionnement de marque et la publicité. C’est après que les choses changent avec une demande croissante pour le design graphique, les relations publiques et le marketing sur les réseaux sociaux, surtout via les influenceurs. En revanche, la demande pour le développement d’apps mobiles, par exemple, est en recul sensible. Question budget, la pub classique se taille toujours logiquement la part du lion, suivie du média planning et de la création de sites web; ces deux derniers apparaissaient plus bas dans le classement 2018.

Les compétences qui connaissent la plus forte croissance sont le gaming, le copywriting, la 3D et les réseaux sociaux. En revanche, c’est la demande pour la pub classique qui connaît la plus forte chute par rapport à 2018.

Côté secteurs, la plus forte croissance vient surtout de secteurs non marchands: pouvoirs publics, secteur hospitalier et secteur éducatif, sans doute parce qu’ils partent de plus loin, notamment dans la digitalisation. De fait, les plus dépensiers sont les pouvoirs publics. Suivent la distribution (soumis à une forte concurrence) et… les ONG. Un an plus tôt, le secteur alimentaire et les transports étaient les plus prodigues.

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