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Sortlist, le "Tinder du marketing": les coulisses d'un deal à 11 millions

Sortlist est présent avec sa plateforme de mise en relation marketing dans 40 pays dans le monde.

La plateforme de mise en relation entre entreprises et agences de communication passe un nouveau cap avec cette levée de fonds 100% belges de 11 millions.

On les a surnommés assez rapidement, et à juste titre, le "Tinder du marketing" pour tenter de résumer leur activité. Une appellation que les quatre fondateurs de Sortlist avaient revendiquée jusqu’à reprendre les codes de l’application de rencontre dans leur communication. L'entreprise brabançonne est devenue en quelques années la référence pour la mise en relation entre les entreprises et les agences pour leurs besoins de communication. Un site web, une campagne de communication ou un rebranding, l’entreprise poste sa demande sur la plateforme et reçoit des offres des agences sélectionnées par Sortlist et évaluées par les autres utilisateurs.

Après des débuts timides en Belgique et un changement de business model, les chiffres de croissance de Sortlist ont explosé. Pourtant, la start-up belge qui fait partie des rescapés de Nest’Up, l’un des premiers programmes d’accompagnement pour start-up en Wallonie, n’a jamais levé beaucoup d’argent. Ici, avec une levée de fonds de 11 millions d’euros, le leader européen de son domaine passe un cap et se dirige vers les marchés anglo-saxons.

"Quand tu as la prétention de vouloir changer une industrie, il faut un moment passer par les marchés anglo-saxons."
Nicolas Finet
Co-fondateur de Sortlist

Se frotter aux anglo-saxons

"On a toujours visé une croissance agressive, mais saine", nous explique Nicolas Finet, l’un des cofondateurs de Sortlist. "Mais quand tu as la prétention de vouloir changer une industrie, il faut un moment passer par les marchés anglo-saxons". Pour aller se frotter aux marchés américains et anglais, il faut des fonds. Sortlist a toujours pu tabler sur sa croissance pour se financer, mais pour passer ce cap, elle a lancé une levée de fonds en février dernier. "Nous espérions lever 7 millions d’euros pour financer nos prochains objectifs."

Fin juillet, Sortlist clôture un marathon avec dans sa besace 11 millions d’euros. "C’était cinq mois dans les tranchées", confie Nicolas Finet. Les quatre cofondateurs ont pourtant eu le luxe de pouvoir se permettre de choisir entre deux scénarios d’investissement. "Soit nous options pour un scénario avec des fonds européens, soit un scénario avec des fonds 100% belges. Nous avons choisi la seconde option."

Des fonds 100% belges

Tous les investisseurs existants ont participé à la nouvelle levée de fonds. Dans les nouveaux actionnaires, on retrouve la SRIW, TheClubDeal, Rodolphe de Hemptinne (cofondateur de Third Bridge), Diego Dumonceau (GBI, Brico, Quick, ING) et la Sofinex. Le montant de 11 millions est conséquent et vient tordre le cou à certains clichés. "Avec cette levée de fonds, on prouve qu’il est possible de lever ce type de montant en Belgique", selon Nicolas Finet. Thibaut Vanderhofstadt, le CEO de Sortlist va un pas plus loin en y voyant un signe de maturité de l’écosystème belge. "Un écosystème prend des décennies à se créer. Au plus il y a de success-stories, au plus on va avoir de personnes qui vont vouloir se lancer".

3 questions à Rodolphe de Hemptinne, fondateur de Third Bridge et investisseur dans Sortlist.

Pourquoi avoir décidé d'investir dans Sortlist?

C’est très simple. Étant entrepreneur d’un business en pleine croissance, j’ai eu des liquidités. Je pouvais le mettre en bourse, mais ça ne crée pas d’emploi. Je voulais me focaliser sur des scale-ups belges, je voulais contribuer à l’emploi en Belgique. J’ai rencontré les fondateurs Sortlist et je les ai trouvés très malins. Ce sont des gars qui écoutent, qui ont faim, qui sont ambitieux et ça fait du bien. J’ai bien aimé le fait qu’ils aient fait pivoter leur business plusieurs fois. C’est très bon signe, car souvent les entrepreneurs sont un peu bornés. Et puis surtout le business de Sortlist a énormément de potentiel.

Vous les pensez capables de jouer un rôle de premier plan sur les marchés anglo-saxons?

Sans aucun doute. Ils ont une autoroute devant eux. Ils ne doivent pas avoir peur d'affronter des marchés comme l'Angleterre ou les États-Unis, car ils ont les équipes et le modèle pour réussir. Vous savez, c'est aussi compliqué de réussir en France qu'aux États-Unis. Sauf que quand vous arrivez à avoir 10% de parts de marché sur le marché américain, c'est une autre dimension.

Vous faites partie de ces Belges qui ont réussi à l'étranger et reviennent investir en Belgique. Peut-on parler d'une véritable tendance?

Il y a clairement un retour des entrepreneurs vers la Belgique. On a un vivier de talents dans ce pays, c'est phénoménal. On ne s’en rend même pas compte. Je suis un énorme fan du Belge entrepreneur. La capacité à écouter du businessman belge est très appréciée à l’étranger, c’est dans notre culture. Je ne sais pas si on peut parler de tendance, mais quelque chose change, c'est certain.

L’opération est d’importance, mais n'empêche pas les fondateurs de garder le contrôle de leur entreprise.

"Avec cette levée de fonds, on prouve qu’il est possible de lever ce type de montant en Belgique."
Nicolas Finet
Co-fondateur de Sortlist

"C’était important pour nous de garder le contrôle sur la suite." Car la suite semble prometteuse. Sortlist a fait ses preuves sur ses six marchés clés que sont la Belgique, la France, les Pays-Bas, le Moyen-Orient, l’Espagne et depuis peu l’Allemagne. Elle y avait racheté juste avant l’arrivée du Covid son principal concurrent. "C’était un véritable test pour nous de digérer une telle acquisition. Aujourd’hui, l’Allemagne représente déjà 15% de notre chiffre d’affaires."

Un chiffre d’affaires global que l’entreprise ne communique pas. Tout au plus nous saurons qu’elle a "dépassé les sept chiffres depuis longtemps". Le défi sera maintenant de faire décoller le marché anglais avant d’attaquer les États-Unis, sans oublier les 40 pays dans lesquels elle a des clients.

11
millions d'euros
Sortlist vient de clôturer une levée de fonds de 11 millions d'euros. Dans les nouveaux actionnaires, on retouve la SRIW, TheClubDeal, Rodolphe de Hemptinne (Co-fondateur de Third Bridge), Diego Dumonceau (GBI, Brico, Quick, ING) et la Sofinex.

Le résumé

  • Sortlist, le Tinder du marketing lève 11 millions d'euros.
  • Les fonds levés sont 100% belges et serviront à attaquer les marchés anglais et américains.
  • La plateforme de mise en relation de Sortlist est désormais active dans 40 pays.

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