Publicité

The Photo Academy se rêve en Airbnb des cours photo

Quelques 600 photographes ont déjà rejoint la plateforme. Objectif? Proposer des expériences photo, au-delà des cours qui ont fait grandir The Photo Academy jusqu'ici. ©Picsmentor

Fort du soutien du fonds St’Art et d’actionnaires tels qu’Edmée Chandon-Moët, la start-up bruxelloise entend proposer des expériences uniques aux photographes en quête de sensations.

Technique par le passé, la photographie est aujourd’hui à la portée de tous. Smartphone en main, on peut tous tirer le portrait de Madame, immortaliser les premiers pas du petit dernier, ou encore garder une trace de ce magnifique voyage à l’autre bout du monde. Il suffit d’ailleurs de voir les compteurs exploser sur Instagram pour s’en convaincre, là où, chaque jour, des centaines de millions d’images sont partagées. Clic clac.

Mais vouloir n’est pas pour autant pouvoir. En tout cas, avec l'art et la manière. De nombreux amateurs en sont bien conscients, lesquels décident donc bien souvent de se tourner vers une solution logique: des cours. C’est le créneau que The Photo Academy a décidé d’embrasser. Depuis 2011, les deux cofondateurs, Maxime Favier et Raphaël Devreker proposent à tout un chacun de se former. De l’explication du b.a-ba de ce qui fait que la lumière peut devenir le témoin du monde jusqu’aux rudiments du noir et blanc, tout y passe, au sein d'un catalogue bien fourni composé des offres de 300 photographes, aussi bien en ligne que physiques, et ce, dans une quarantaine de grandes villes et en trois langues (français, anglais et néerlandais).

Cofondée par un chimiste d’UCB

Maxime Favier et Raphaël Devreker ont cofondé la plateforme qui, au départ, en 2008, n'était qu'un média en ligne consacré à la photo. ©Picsmentor

Un développement de taille quand on sait que le projet n’a démarré "que" comme un média en ligne autour de la photo, mis sur pieds en 2008 par deux passionnés, l’un webmaster, l’autre scientifique chez UCB. Notoriété faite, "à un moment donné, on s’est dit qu’on voulait apprendre aux autres la photographie comme nous on aurait aimé l’apprendre", se souvient Maxime Favier.

Le concept était né. Il a rapidement pris auprès des internautes, amenant ce docteur en sciences pharmaceutiques et chimie analytique à abandonner son job corporate pour se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Née ASBL, la boîte s’est muée en SPRL, puis en SAS, pour devenir, enfin, une SA. Car oui, The Photo Academy est d’abord née de l’esprit de deux Français, qui ont décidé de poser bagages en Belgique, "l’espace pour grandir y étant moins saturé". Une douzaine de personnes s’activent désormais sur le projet à Bruxelles.

1
million d'€
La start-up bruxelloise enregistre désormais un chiffre d'affaires supérieur au million d'euros.

Pour le reste, à ce stade, la start-up a désormais passé un cap symbolique – à savoir le million d’euros de chiffre d’affaires – l’amenant à une phase d’introspection sur son business model. Avec une réponse, après mûre réflexion: pour envisager un succès réel, il lui faudra changer son fusil d’épaule. Objectif? Se muer en plateforme, sur le modèle de ce qui fait à présent souvent office de norme parmi les pépites du net: "En permettant la rencontre entre clients et photographes", évoque Maxime Favier.

"On s’est rendus compte que les gens, après un certain stade, veulent plus que de la technique."
Maxime Favier
Cofondateur de The Photo Academy

"En vue de proposer des expériences uniques, comme un atelier portrait sur le toit de The Hotel ou un street photography à Borough Market", le plus ancien marché alimentaire de Londres. A l’image d’un Airbnb qui propose désormais, en plus de ses locations de chambres, des "expériences", soit des activités uniques à faire ensemble organisées par des hôtes du monde entier. "Car on s’est rendu compte que les gens, après un certain stade, veulent plus que de la technique".

Soutenue par un haut profil de Booking.com

Un développement qui n’a d’autant rien d’étonnant que parmi les quatre millions d’euros de capitaux dont dispose The Photograph Academy, une partie a été apportée par un ancien… d’Airbnb, en charge de la stratégie globale pendant six ans, désormais vice-président chez Booking.com. "Il croyait dans le projet", raconte le cofondateur. "Alors, quand on a cherché à se développer, il a répondu à l’appel, de par une envie de participer à l’aventure."

700.000
euros
The Photo Academy a clôturé, la semaine dernière, une levée de fonds de quelques 700.000 euros auprès de St’Art, le fonds d'investissement dédié aux industries culturelles et créatives en Wallonie et à Bruxelles.

Et l’homme n’est pas le seul soutien sur lequel la start-up bruxelloise pourra compter dans ses projets à venir. Cette dernière vient aussi tout juste de clôturer, la semaine dernière, une levée de fonds de quelque 700.000 euros auprès de St’Art, le fonds d'investissement dédié aux industries culturelles et créatives en Wallonie et à Bruxelles. Et espère en trouver encore quelque 300.000 pour passer la barre du million.

Mais l’argent ne fait pas tout. Pour le reste, elle pourra tirer parti des réseaux respectifs de ses autres actionnaires, parmi lesquels Edmée Chandon-Moët, dont l’arrière-arrière-grand-père a apposé le "Chandon" à Moët, à la tête des family offices Family&You et Imani. Ou encore d’un conseiller de la Fondation royale du duc et de la duchesse de Cambridge et du prince Harry. Du beau monde? "On ne peut faire que peu de choses sans le relationnel", avance le cofondateur.

Surfer sur la vague des influenceurs

D’ailleurs, cette idée de réseau constituera le fondement même de Picsmentor, de son petit nom. En effet, la plateforme donnera l’espace aux formateurs pour qu’ils créent leurs communautés et les faire grandir, mais aussi pour qu'ils proposent des activités originales et en fassent la promotion. "Avec un effet multiplicateur à la clé. Quand un photographe avec 80.000 followers nous rejoint, la plateforme grandit avec lui", indique Maxime Favier. Reste alors à The Photo Academy à trouver ces perles. Qui en attireront d’autres, par effet boule de neige.

A ce stade, ils sont déjà 600 photographes à avoir rejoint le projet. De quoi assurer une base, mais qui devra encore être étoffée à l’avenir. Pour le reste, les équipes s’attèleront désormais aussi à améliorer l’interface et les fonctionnalités proposées, après la mise sur pieds de cette première version ayant permis de démontrer la pertinence du projet, aussi bien d’un point de vue technique que de l’intérêt des utilisateurs, aux investisseurs.

Tout cela, en gérant de front la crise du coronavirus, qui a demandé de proposer plus de vidéocoaching que de cours physiques, ceux-ci étant mis à mal par les mesures de confinement décidées par le confinement. Mais les formateurs se prêtent au jeu. Et en profitent pour analyser (et critiquer) les photos de leurs élèves, qui ont, de leur côté, eu le temps de les trier ces dernières semaines...

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés