Tombée dans le rouge, Be tv lance un abonnement en ligne à 15 euros par mois

Plébiscitée en avril dernier au MipTV de Cannes, le marché des programmes télévisés, la série "Killing Eve" est une des têtes d’affiche de la rentrée de Be tv. ©BETV

Pour sa rentrée, Be tv s’appuie sur ses fondamentaux: blockbusters, séries… La chaîne renforce son accessibilité. Ces investissements affectent ses résultats financiers. Le chiffre d’affaires abonnés a reculé de près de 20% en 2017.

Pas de changement notable en vue a priori pour la nouvelle saison de Be tv et de son alter ego sportif Voosport World (pour rappel, en 2016, Be tv s’est scindée en deux: fiction d’un côté, sport de l’autre). La chaîne à péage, détenue par l’intercommunale Nethys, axera comme de coutume sa programmation sur "le meilleur de la télévision premium". Côté fiction, de gros blockbusters ("Star Wars", "Blade runner",...) et des films d’auteur ("Au revoir là-haut", "Three billboards",...) en première diffusion télévisée ainsi que les nouvelles saisons de ses séries vedette comme "Game of Thrones", "The walking dead", "House of cards" et quelques nouveautés dont la trépidante "Killing Eve", produite par BBC America. Côté sports, les matchs d’Europa League non diffusés par la RTBF (nouvelle détentrice des droits) s’ajouteront à une offre déjà riche.

Accessibilité renforcée

Par contre, les programmes quotidiens en clair de Canal +, partenaire historique de la chaîne, disparaissent. "Leur audience était devenue anecdotique, nous avons préféré réaffecter ces coûts au développement de nos programmes en crypté", commente Christian Loiseau, directeur des programmes. Les données de Be tv indiquent en effet que la consommation de la chaîne se fait de moins en moins en moins en direct. "La moitié de nos abonnés regardent nos programmes en partie en non linéaire", observe Edouard Rodriguez, le directeur général de la chaîne.

Les modes de consommation évoluant, Be tv se devait donc de renforcer son accessibilité et ses services. L’accord de distribution historique conclu au printemps avec Proximus fut une première étape.

Depuis cet été, Be à la demande (l’offre VOD de la chaîne) est aussi disponible sur Telenet et le sera dans les jours qui viennent sur Proximus. Be tv est en outre accessible sur tous les écrans: télévision, ordinateurs, tablettes, smartphones mais aussi sur les boîtiers Apple TV et Android TV. "Pour répondre aux besoins de portabilité de nos abonnés, l’application mobile Be tv Go est désormais présente sur smartphone. Nous serons donc accessibles sur tous les écrans en Belgique et dans l’Union européenne", ajoute le directeur commercial Frédéric Campodonico.

Tarif "à la Netflix"

Ce n’est pas tout. En marge de la présentation, on a appris que Be tv avait discrètement lancé cet été une nouvelle offre "over the top" (OTT), via l’internet, sans décodeur, accessible quel que soit l’opérateur. Elle permet d’accéder au contenu de Be tv (sauf le sport qui reste une exclusivité Voo et des accords passés avec Telenet) pour 15 euros par mois pendant deux ans (contre 25 euros pour l’abonnement classique). Ce tarif se rapproche des standards de Netflix, le roi de l’OTT. Ce n’est sans doute pas innocent.

Pour répondre aux attentes de ses abonnés, Be tv doit investir lourdement dans la technologie, ce qui affecte ses résultats.

La nouvelle offre est disponible sur cinq appareils (PC, tablette, smartphone, Apple TV et Android TV) avec deux visions simultanées. Toutefois, le replay et la version multilingue ne sont pas encore proposés. "Nous ne faisons pas encore trop de bruit autour car nous voulons être sûrs que, techniquement, le service soit parfaitement au point", indique Edouard Rodriguez.

Résultats en baisse

Ces investissements pèsent sur le compte de résultats de Be tv qui est tombée pour la première fois de son histoire dans le rouge en 2017, affichant une perte nette de 1,045 million d’euros pour un bénéfice de 116.600 euros un an plus tôt. À l’instar d’autres chaînes premium, à commencer par Canal + en France, Be tv est en effet affectée par les Netflix, Amazon et autres, qui possèdent d’énormes moyens, et par les changements d’habitudes de consommation des téléspectateurs qui veulent pouvoir accéder à leurs programmes où, quand et comment ils le veulent. D’où la nécessité de précéder à ces gros investissements. Tout ceci sans compter la hausse des coûts d’achat des programmes où l’exclusivité se paie cher.

Dans le même temps, les revenus de l’entreprise sont en recul, passant de 81,6 à 79,2 millions d’euros. Le chiffre d’affaires abonnés a ainsi reculé de près de 20%. C’est notamment le résultat de la scission entre fiction et sports intervenue en 2016, les abonnés pouvant choisir l’une ou l’autre offre et n’étant plus obligés de prendre les deux. Ce qui a logiquement poussé les revenus à la baisse. Cela ne veut donc pas dire que Be tv a perdu des abonnés dans la même proportion. Dans le rapport de gestion du conseil d’administration publié en marge des résultats 2017, on peut cependant lire que "cette baisse (du chiffre d’affaires abonnés, NDLR) résulte essentiellement de la diminution du nombre d’abonnés et de l’arrêt de la commercialisation par Be tv de ses services en mai 2016. Le revenu éditeur est conséquemment en hausse de 35,47%." La question du nombre exact d’abonnés de Be tv demeure taboue mais la baisse est qualifiée de marginale, assure-t-on auprès de la chaîne cryptée.

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