Trusted Family, le Facebook belge pour entreprises familiales qui a le vent en poupe

©Hadrien Duré

Pour la première fois, l’entreprise est profitable et a généré un flux de trésorerie positif. Et pour cause, avec sa plateforme de gouvernance, elle permet à de nombreux acteurs de faire face à un problème majeur: 10% des boîtes familiales seulement survivent au saut de la 2e à la 3e génération.

L’année 2018 s’est achevée en beauté pour Trusted Family. La plateforme belge de gouvernance destinée aux entreprises familiales a en effet terminé l’exercice sur de la profitabilité et un cash flow positif.

Une première, rendue possible suite aux efforts initiés par l’équipe il y a cinq ans de cela, moment où Edouard Thijssen, cofondateur et descendant de la famille fondatrice d’Aliaxis (famille Emsens), a déménagé aux Etats-Unis pour raisons professionnelles.

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En dix ans, la plateforme de gouvernance est parvenue à signer avec 120 groupes familiaux dans quelque 25 pays.

Là, le jeune patron est parvenu à profondément implanter le service au sein du tissu économique familial outre-Atlantique, à tel point que ce marché représente désormais, à lui seul, quelque 50% du chiffre d’affaires, quand le reste vient d’Europe (45% des revenus) et d’Asie (5%).

Un développement qui avait été soutenu à l’époque par une levée de fonds de 1,2 million d’euros, réalisée auprès de différents business angels bien connus du monde des affaires que sont Piet Colruyt, Jean-Marie Solvay, Jean Zurstrassen et Steven Serneels.

Assurer la pérennité

Ce qui explique l’engouement autour de la société? Un concept simple, qui n’existait pas jusque-là: une sorte de Facebook pour actionnaires et administrateurs d’entreprises familiales, soit le regroupement, au sein d’une même plateforme, de PV de conseils d’administration et d’assemblées, de documents importants, d’un agenda des réunions, de mini-sondages, d’un coffre-fort virtuel ou encore d’un arbre généalogique, permettant de professionnaliser l’approche, à l’image des services relations investisseurs des groupes cotés, mais aussi de la sécuriser, à la différence des mails.

Une nécessité quand on sait qu’aujourd’hui "seulement 10% des entreprises familiales survivent au passage de la deuxième à la troisième génération", avance Edouard Thijssen, pour cause d’agrandissement de la famille, de dispersion géographique progressive de ses membres, de poids fluctuants dans l’actionnariat et d’une proportion décroissante de membres de la famille actifs dans la boîte. C’est là le constat qui l’a amené à fonder, fin 2007, Trusted Family, avec Edouard Janssen, fils de l’homme d’affaires Daniel Janssen.

Et en dix ans d’aventure, force est à présent de constater que le duo a réussi à exploiter cette niche. À ce jour, le service a été adopté par 120 groupes familiaux de par le monde – 25 pays sont représentés –, s’acquittant d’un abonnement oscillant entre 500 et 3.000 euros mensuels en fonction des services choisis et de leur nombre d’utilisateurs. Un important tableau de chasse qui n’en est qu’à ses débuts l’entreprise ne manquant pas d’ambition. Parmi ses clients, l'on peut par exemple citer le groupe belge Ardo, entreprise de l'année côté flamand. Philippe Haspeslagh, président du conseil d’administration de l'entreprise, et président du Family Business Network Belgium, commente : "Trusted family permet à nos administrateurs et actionnaires de partager de façon confidentielle et pratique les documents du conseil et autres infos sur la société, mais aussi, dans un autre registre, c’est devenu l’outil de communication sociale entre tous nos 'next gens' à travers le monde et donc un formidable soutien à l’esprit de famille ". 

Pour continuer sur sa lancée, elle a récemment mis sur le marché une application mobile, offrant la prise de note en ligne, la signature électronique, de même que l’accès hors ligne aux documents de la plateforme. Une première étape qui a rapidement été suivie par l’organisation d’événements pour ses clients, ainsi que par l’ajout de conférences en ligne, données par des professeurs de renom de grandes écoles de commerce qui sont "ravies d’obtenir de la visibilité chez nos clients qui sont, eux, ravis d’avoir accès à des contenus sans devoir voyager pour une conférence", souligne notre interlocuteur.

Par-là, Trusted Family espère passer à un rythme d’acquisition de l’ordre de 30 à 40 nouveaux groupes par an, contre 25 actuellement. "Le marché est là", commente le cofondateur. L’idée étant aussi d’aller chercher, à terme, des clients sur de nouveaux marchés, à savoir l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne par exemple, l’entreprise étant jusqu’ici principalement active – pour des raisons linguistiques – en Belgique, en France et au Royaume-Uni, pour ce qui est de l’Europe. Par après, l’Asie pourrait elle aussi constituer un possible, vivant aussi des sauts à la 3e génération désormais, développement qui demanderait alors peut-être des fonds supplémentaires.

En fait, "on est en plein plan stratégique pour voir comment aborder la suite et accélérer la croissance", évoque Edouard Thijssen. À ce titre, une nouvelle personne vient d’être recrutée, gonflant l’équipe à 18 employés, répartis entre les trois bureaux (Londres, New York et Bruxelles) de la plateforme.

En parallèle, Trusted Family s’est aussi rapproché de cabinets de conseils et de sociétés d’audit, acteurs qui ont fait des entreprises familiales un pôle important de leur activité, qui offrent désormais le service à leurs clients.

Enfin, l’entreprise dit réfléchir en parallèle à la possibilité de fournir, pourquoi pas, sa plateforme à d’autres types d’entreprises que les familiales, mais confrontées aux mêmes types de problématiques. C’est le cas des sociétés privées et des scale-ups. "Jusqu’ici, nous l’avons fait de manière opportuniste, mais cela pourrait constituer une piste à étudier", conclut Edouard Thijssen.

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