TV5Monde lance le Netflix des télés publiques francophones

TV5Monde touche actuellement plus de 350 millions de foyers. Sa nouvelle plateforme OTT la rendra accessible partout dans le monde ©EPA

Accessible dès ce mercredi, la plateforme communes aux grandes chaînes publiques, dont la RTBF, entend faire rayonner davantage la culture francophone dans le monde. Elle sera financée, entre autres, par la publicité.

L’heure est plus que jamais aux plateformes de streaming dans l’audiovisuel. Dernier exemple en date, et avant l’arrivée de Disney+ la semaine prochaine en Belgique, le lancement, ce mercredi, de TV5MondePLus, plateforme OTT de la chaîne éponyme rassemblant les grandes chaînes publiques francophones partenaires (RTBF, France Télévisions, TSR, Radio Canada…). La chaîne touche actuellement plus de 350 millions de foyers. La nouvelle plateforme la rendra accessible partout dans le monde

"On ne se positionne pas comme un concurrent aux plateformes américaines, on n'en a pas la prétention, ni les moyens, mais comme une alternative en français", a précisé à l'AFP le directeur général de TV5 Monde, Yves Bigot, ancien directeur des programmes de la RTBF.

"On ne se positionne pas comme un concurrent aux plateformes américaines, on n'en a pas la prétention, ni les moyens, mais comme une alternative en français."
Yves Bigot
Directeur général de TV5Monde

Si l’administrateur général de la RTBF, Jean-Paul Philippot, n’est pas étranger à l’initiative, elle a été poussée par le premier ministre canadien Justin Trudeau et le président français Emmanuel Macron, avec pour ambition "de faire rayonner davantage la culture francophone à travers le monde", dixit le patron du boulevard Reyers. Ceci en répondant  aux nouveaux modes de consommation de la télévision qui se regarde de plus en plus en non linéaire et sur d’autres appareils que la lucarne traditionnelle (tablettes, PC, smartphone…).

Une offre doublée à terme

Dans un premier temps, TV5Monde proposera plus de 2.500 heures de programmes, dont 600 issus de la RTBF, mais 5.000 à terme, soit le "best of" des partenaires de TV5Monde: magazines, documentaires, fictions, humour, web séries, etc. Le tout avec un renouvellement de l’offre de plus de 150 heures tous les mois. Il y aura des programmes exclusifs à la plateforme, venant notamment d’Afrique. Pour des questions de droit, le sport n’en fera pas partie et, a priori, pas les séries belges de la  RTBF "car les droits internationaux appartiennent à leurs coproducteurs", signale Jean-Paul Philippot.

600
heures de programmes
TV5MondePlus proposera 2.500 heures de programmes dans un premier temps, dont 600 issues de la RTBF

TV5MondePLus est d’ores et déjà accessible  gratuitement via web, application mobile, TV connectées etc. À ce jour, il n’est pas prévu de distribuer l’offre via les télédistributeurs classiques, comme l’est par exemple Netflix. En Belgique, TV5MondePLus sera aussi hébergé sur Auvio, la plateforme vidéo de la RTBF. Avec un risque de cannibalisation? "Non, répond l’administrateur général; Auvio a une visée plus locale et est hybride puisqu’elle propose du contenu direct; en réalité, les deux outils sont complémentaires, l’un enrichissant l’autre. TV5MondePlus ne sera pas non plus destiné qu’aux francophones mais aussi aux francophiles puisque les programmes seront sous-titrés en cinq langues", observe encore le patron de la RTBF.

"TV5MondePlus sera destinée aux francophones mais aussi aux francophiles puisque les programmes seront sous-titrés en cinq langues."
Jean-Paul Philippot
Administrateur général de la RTBF

Opération budgétairement neutre

Budgétairement, l’opération est neutre assure-t-il  "La RTBF dispose d’une dotation annuelle de 9,3 millions pour sa participation à TV5Monde (dont elle est actionnaire à 11,1%, NDLR), elle ne sera pas augmentée, mais nous procéderons à des réallocations de budget pour TV5MondePLus."

TV5Monde dispose d’un budget de 108 millions d’euros, mais le gouvernement canadien, soucieux de parer au ras-de-marée Netflix (60% de parts de marché en prime time et 40% de la bande passante au Canada, selon Yves Bigot), va injecter 14 millions de dollars canadiens sur 5 ans dans la plateforme. Celle-ci devra aussi développer ses propres recettes, via la publicité ("préroll" dans le jargon, soit des spots courts avant de lancer la vidéo), commercialisée par la régie pub de France Télévisions.

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