Une nouvelle présidente pour France Télévisions

Delphine Ernotte Cunci ©AFP

Delphine Ernotte Cunci nommée présidente de France Télévisions. Elle succède à Rémy Pflimlin, qui était candidat à sa propre succession.

Delphine Ernotte Cunci, directrice générale adjointe d'Orange, a été désignée jeudi à la présidence de France Télévisions, annonce le Conseil supérieur de l'audiovisuel dans un communiqué.

Nommée pour une durée de cinq ans, la dirigeante de 48 ans prendra ses fonctions le 22 août en remplacement de Rémy Pflimlin, qui était candidat à sa propre succession. Certains observateurs pointent déjà son absence d'expérience dans les médias

La directrice exécutive d'Orange France, entreprise où elle a fait toute sa carrière était la dernière candidate en lice avec le vétéran des médias Pascal Josèphe (ancien de TF1, La Cinq mais aussi France 2 et France 3 où il était directeur des antennes) pour le poste le plus important de l'audiovisuel public, attribué par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).

Le CSA a entamé ses auditions mardi afin de désigner le nouveau patron de France Télévisions dans le cadre d'une procédure dont le caractère très secret a été largement dénoncé, notamment par la société des journalistes du groupe d'audiovisuel public. Les huit sages, qui n'avaient pas réussi à les départager à l'issue de deux votes successifs, ont fini par trancher.

François Hollande a rendu au CSA le pouvoir de nomination des présidents de France Télévisions, Radio France et de l'Audiovisuel extérieur de la France, dont la désignation incombait auparavant à l'Elysée.

Femme de management

Selon le CSA, Delphine Ernotte, diplômée de l'École Centrale de Paris, est une "femme dotée de solides compétences en management et d'une expérience reconnue dans la gestion du dialogue social, qui a exercé des fonctions de direction au sein de l'un des plus grands groupes numériques européens, imprégné d'une forte culture de service public".


La ministre de la Culture Fleur Pellerin a "félicité" jeudi la future présidente du groupe public, se "réjouissant" de "travailler avec elle et avec l'ensemble des salariés, pour construire l'avenir de France Télévisions", selon un communiqué qui "salue" également l'action de Rémy Pflimlin.

De nombreux défis attendent la prochaine dirigeante de ce groupe de cinq chaînes, 10.000 salariés, 2,8 milliards d'euros de budget mais aux audiences vieillissantes.

La future direction devra suivre la feuille de route fixée par le gouvernement : être plus audacieuse dans ses programmes, attirer le public jeune, promouvoir la culture, développer le numérique et réformer France 3, le tout avec un budget en baisse. Et, si nécessaire, renoncer à une de ses chaînes.

Stéphane Richard, le PDG d'Orange, a également félicité "chaleureusement Delphine (Ernotte) pour sa nomination, qui témoigne de ses très grandes qualités managériales et humaines", selon un communiqué, assurant qu'elle avait su remplir sa mission chez Orange "avec succès" et "pris toute sa part à l'apaisement du climat social".

Delphine Ernotte faisait partie de l'exécutif de France Télécom lors du plan de 22.000 suppressions de postes, entre 2006 et 2008, qui s'était accompagné d'une vague de suicides, rappelle la CGC médias.

De son côté, le syndicat de journalistes SNJ-France Télévisions a déploré la "procédure opaque" ayant mené à la nomination de Delphine Ernotte, qui a "préféré rester une candidate +de l'ombre+, jusqu'au dernier jour, sans rien dévoiler de son projet" stratégique.

"C'est un mauvais signe pour les salariés de France Télévisions", regrette le syndicat, qui demande à rencontrer la future présidente "dans les tous prochains jours".

La procédure de nomination du CSA a été vivement critiquée pour son opacité.

Au tout début du processus, le régulateur de l'audiovisuel avait indiqué avoir reçu 33 candidatures, sans divulguer l'identité des intéressés. Une liste restreinte de candidats avait ensuite été établie pour des auditions à huis clos.

Certains "recalés", comme Didier Quillot, ex-patron de Lagardère Active et d'Orange France, avaient fait part la semaine dernière de leur "énorme surprise", de leur incompréhension, voire leur amertume face au rejet de leur projet stratégique, sans explication.

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