Une offre à dix millions d'euros d'IPM pour L'Avenir et Moustique

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Le groupe IPM a offert dix millions d’euros pour acheter L’Avenir, Moustique et Télé Pocket. Le double préaccord sur le plan de restructuration sera présenté au personnel ce mercredi. Le journal passera prochainement au format demi-berlinois.

Cela fait des semaines que le futur des Éditions de l’Avenir est au centre de toutes les attentions dans le Landerneau politico-médiatique. On le sait, une grande partie du monde politique wallon presse l’intercommunale Publifin d’étudier toutes les pistes pour les Éditions de L’Avenir détenues par sa filiale Nethys: portage temporaire par la Région wallonne le temps de trouver un repreneur, offre de reprise du groupe IPM (La Libre Belgique, La DH/Les Sports), création d’une coopérative à laquelle seraient associés le personnel, les lecteurs et un partenaire industriel, etc. Tout ceci alors qu’officiellement, Nethys n’est pas vendeur, préférant parier sur les synergies possibles entre le pôle presse et le pôle télécoms, Voo.

10 millions €
L'offre d'IPM
L’offre d’IPM pour le pôle presse écrite de Nethys s’élève à 10 millions d’euros. En 2013, Nethys avait repris le seul L’Avenir pour 25 millions d’euros...

Dans ce contexte, il nous est revenu, à bonne source, que l’offre d’IPM pour le pôle presse écrite de Nethys s’élève à quelque 10 millions d’euros. Cela comprend Les Éditions de l’Avenir (L’Avenir), L’Avenir Hebdo (Moustique, Télé Pocket), mais pas, à ce stade, le gratuit Proximag, faute de données financières suffisantes. "Ce n’est pas beaucoup, juge un insider; en 2013, Nethys (alors Tecteo, NDLR), avait repris le seul L’Avenir pour 25 millions d’euros."

Ce montant avait toutefois été jugé surévalué à l’époque et, depuis, la situation financière de l’entreprise s’est nettement dégradée, puisqu’elle affiche des pertes depuis 2016. Contacté, François le Hodey, administrateur délégué d’IPM, n’a pas souhaité s’exprimer.

Restructuration quasi bouclée

C’est cette mauvaise santé financière de L’Avenir qui a entraîné le plan de restructuration annoncé par la direction le 23 octobre dernier.

Ce plan est en passe d’être achevé. Après le préaccord social bouclé dans la nuit de jeudi à ce vendredi prévoyant la suppression de 45 équivalents temps plein (ETP) au lieu de 60 envisagés (dont 36 journalistes) sans licenciements secs, syndicats et direction sont arrivés mardi au petit matin à un accord sur le volet organisation du plan.

La rédaction sera amputée de 31,74 ETP. "Mais la baisse réelle sera de 21,74 ETP car 10 recrutements sont également prévus, il s’agira de profils plus jeunes et orientés digital", indique Thomas Lesire, secrétaire permanent du Setca Namur. Ils seront chargés d’accompagner la nécessaire mutation digitale de L’Avenir, qui affiche un important retard en la matière.

Format demi-berlinois

Les départs se feront sur base d’un double volontariat employeur-travailleur. Les syndicats ont également obtenu une garantie du volume d’emplois pour les deux années à venir et des investissements à hauteur de 6,5 millions d’euros. Les deux préaccords – social et organisationnel – seront présentés et soumis au vote du personnel ce mercredi après-midi.

En parallèle, un accord a été trouvé autour du format du journal. On le sait, d’ici quelques jours, l’Avenir sera imprimé chez Rossel à Nivelles. Initialement, la direction avait opté pour le format "berlinois" (celui du Soir, de Sudpresse et de L’Echo tous imprimés à Nivelles), ce qui aurait nécessité un changement de maquette, l’Avenir étant imprimé actuellement en tabloïd, un format beaucoup plus petit. Impossible à faire dans des délais aussi courts. Mettant en outre en avant une étude de lectorat, la rédaction s’y était opposée; lui préférant nettement le demi-berlinois. Selon nos informations la direction s’est finalement ralliée à ces desiderata.

Enfin, l’étape suivante dans ce dossier est fixée ce jeudi. La commission conjointe du Parlement wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles poursuivra ses auditions sur la situation de la presse quotidienne en général et des Éditions de l’Avenir en particulier.

Stéphane Moreau, patron de Nethys y était annoncé. Selon Belga, il sera finalement absent, étant en déplacement à l’étranger…

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