Virtuology, spécialiste du marketing digital, arrive en Chine

Cedric Donck, CEO de Virtuology International, vise une "croissance raisonnée". ©saskia vanderstichele

Via sa filiale française eTAIL agency, le holding belge Virtuology rachète l'agence Ebridges, basée à Shanghai. Le groupe est désormais actif sur les cinq continents.

Des sociétés belges qui s'implantent en Chine, cela ne court pas les rues. C'est pourtant ce que vient de réaliser Virtuology International, groupe bruxellois d'agences spécialisées dans le marketing digital. Via sa filiale parisienne, eTAIL agency, il vient de reprendre l'agence Ebridges, basée à Shanghai et spécialisée dans le marketing sur les places de marché (plateformes d'e-commerce). Un investissement assez modeste (500.000 euros) mais qui illustre la montée en puissance de ce groupe discret.

Le groupe est actif à Bruxelles, Paris, Québec, Tanger, Madagascar et à présent Shanghai.

Virtuology a été créé en 2012 par Cedric Donck. Cet entrepreneur avait lancé en 1987 CPM, une agence de promotion des ventes, avant de la céder au géant Omnicom où il fut par la suite chargé des fusions-acquisitions. En 2004, il prit la direction de l'agence Tagora avant de se lancer comme business angel, investissant dans des petites structures spécialisées dans le marketing digital via le holding Virtuology International, dont il est l'actionnaire majoritaire, Grégoire de Nève (CFO), Annick Vandersmissen (administratrice) et les dirigeants des différentes entités détenant le solde.

Cinq continents

Virtuology compte aujourd'hui 9 agences, 220 personnes et affiche une croissance annuelle de 20%, réduite à 8% en 2020 en raison de la crise. Elle vise 30 millions de chiffre d'affaires contre 27 en 2019 avec une marge brute de 7,5 millions. Le tout sur cinq continents, le groupe étant actif à Bruxelles, Paris, Québec, Tanger, Madagascar – "pour une question de coût… et de fidélité de la main d’œuvre", dit son patron – et à présent Shanghai.

30
millions d'euros de chiffre d'affaires
Cette année, Virtuology vise 30 millions de chiffre d’affaires contre 27 en 2019.

C'est donc via eTAIL agency que l'opération a été faite. Cette agence, qui emploie 50 personnes, a été achetée par Virtuology en 2019. Elle a pour mission d'aider les entreprises à vendre leurs produits sur des places de marché comme Amazon, Bol.com, Zalando ou Coolblue. Un métier que pratique Ebridges en Chine auprès de Tmall, l'Amazon chinois, détenu par Alibaba, ou WeChat, le Facebook de l'Empire du Milieu. "Cette opération a donc du sens car elle va permettre aux marques européennes qui travaillent avec eTAIL agency de monter sur ces plateformes et inversement", se félicite Cedric Donck. Le potentiel semble gigantesque. Selon une étude de l'agence We Are Social, l'e-commerce représente 44% du retail en Chine, contre 10 à 15% en Europe.

Pas de levées de fonds

C'est donc un nouvelle compétence qui s'ajoute à la galaxie Virtuology dont les sociétés sont actives  dans différents métiers de l'e-marketing: stratégie, gestion de données, vidéo, market places, sites web, achat d'espace, marketing mobile, micro-paiement, formation… L'ensemble fait un peu penser au groupe Emakina, lui aussi fort présent à l'international, avec cette différence qu'Emakina est très intégré alors que les sociétés de Virtuology restent indépendantes tout en collaborant.

"Nous ne procédons pas à des levées de fonds, tout le cashflow est réinvesti dans le développement des entreprises et dans des acquisitions potentielles."
Cedric Donck
CEO de Virtuology International.

Cedric Donck ne compte pas s'arrêter là mais vise une croissance raisonnée. "Nous ne procédons pas à des levées de fonds, tout le cashflow est réinvesti dans le développement des entreprises et dans des acquisitions potentielles", dit-il. Cette année très bousculée lui donne raison: "J'ai un sentiment partagé, d'un côté beaucoup de clients comme Brussels Airlines ou Kinepolis ont souffert; d'un autre, la crise a engendré une explosion de l'e-commerce, beaucoup d'entreprises ayant des stocks qu'elles peuvent écouler sur les market places".

Selon lui, 2021 sera une année de transition, mais il est persuadé qu'il y aura des opportunités d'acquérir de petites entités très spécialisées, mais qui peinent à se développer faute de structure pour les encadrer.

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