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Wallimage va aider cinq projets de talk-shows et de jeux télévisés

Le ministre wallon de l’économie Jean-Claude Marcourt et le patron de Wallimage Philippe Reynaert espèrent rééditer, dans les émissions télé, le succès dans la fiction du fonds d’investissement wallon. ©BELGA

Wallimage a sélectionné 5 projets pilotes pour la production d’émissions de flux. Trois concepts de jeux et deux talk-shows ont été retenus. Tous possèdent un potentiel de développement à l’international. Comme pour la fiction (cinéma, séries), l’objectif est d’augmenter la production locale en développant l’industrie audiovisuelle wallonne autour des métiers de la télévision.

En mai dernier, le ministre wallon de l’économie, Jean-Claude Marcourt (PS), gonflait l’enveloppe de Wallimage, le fonds d’investissement wallon dans l’audiovisuel, à hauteur de 500.000 euros par an. Objectif: aider le financement de pilotes d’émissions "de flux" (magazines, jeux, variétés…), par opposition aux programmes de "stock" (fiction, documentaire…).

Un pilote est un projet qui n’a pas encore été acheté par les chaînes, une émission test qui leur est présentée. C’est le cap le plus difficile à financer pour le producteur, car c’est là qu’il prend le plus de risques. D’où ce coup de pouce public pour développer un genre relativement peu exploité en Belgique francophone alors qu’en Flandre, il est florissant. Les émissions de flux sont en fait le chaînon manquant de Wallimage, jusqu’ici dédié à la fiction, à l’animation et aux projets transmédias.

Potentiel international

Wallimage a reçu huit premiers dossiers, émanant de six maisons de production: quatre bruxelloises, une flamande et seulement une wallonne. Décevant? "Oui et non, répond Philippe Reynaert, directeur général de Wallimage, on aurait évidemment aimé qu’il y ait plus de projets d’origine wallonne, mais le critère d’octroi des aides, c’est que l’argent soit investi auprès des prestataires locaux". Pour être recevable, le projet doit en outre être accompagné d’une lettre d’intention d’une chaîne de diffuser le programme pour autant qu’il voie le jour. Enfin, le pilote doit aussi avoir un potentiel à l’international

8 dossiers
Wallimage a sélectionné 8 dossiers émanant de 6 maisons de productions: 4 bruxelloises, 1 flamande et 1 wallonne.

En début de semaine, Wallimage a sélectionné cinq des huit dossiers: trois jeux et deux talk-shows. Côté jeux, le producteur bruxellois Everlasting propose "Pile ou face", un jeu autour de la découverte d’une ville étrangère (les candidats ayant en poche une carte Visa Gold ou… cent euros), soutenu par RTL; WH Media a déposé un projet pilote pour un jeu inspiré de la généalogie: "La grande famille", appuyé par la RTBF. Le troisième jeu, proposé par la société Stromboli (qui gravite dans le giron du producteur flamand De Mensen) s’intitule "Est-ce qu’il faut connaître ça à l’examen?" et est axé "sur ce que l’école n’apprend pas". Lui aussi a bénéficié d’une lettre d’intention de la RTBF…

Côté talk-shows, MedianextTV propose "Ego", axée autour de la description psychologique d’une personnalité. Le projet est soutenu par RTL, pour laquelle son concepteur travaille déjà beaucoup. Enfin, la Namuroise Snark propose "Only for men", un talk-show de début de soirée axé, comme son nom l’indique, sur les centres d’intérêt des hommes et pour lequel RTL est intéressé.

En route pour Cannes

Le producteur aura six mois pour réaliser son pilote. Chaque pilote a reçu entre 30.000 et 40.000 euros. Le total est donc inférieur à l’enveloppe prévue. Il est dès lors question d’organiser un nouvel appel à projets. D’ici là, les cinq dossiers seront présentés le mois prochain au Mipcom de Cannes, le marché des contenus audiovisuels.

"Deux débouchés sont possibles, explique Philippe Reynaert: soit le pilote intéresse un gros producteur international, comme Fremantle ou Endemol, qui le rachète à son concepteur, lequel nous rembourse alors le montant avancé. Soit ce dernier développe le projet lui-même et à ce moment-là, nous devenons coproducteurs."

Si le pilote devient une émission, le producteur devra en assumer le montage financier. Mais, alors que les séries télé bénéficient déjà du soutien de Wallimage (un million d’euros par an), ce n’est pas le cas pour les jeux, les talk-shows ou les variétés. D’où l’idée d’élargir cette enveloppe télé à ces programmes de flux. Au cabinet Marcourt, on estime toutefois que l’aide aux pilotes est déjà un grand pas.

L’enjeu est en tout cas d’importance. Wallimage a prouvé son utilité dans le développement d’une industrie audiovisuelle wallonne autour de la fiction (cinéma et télé). L’idée est donc de l’étendre à tous les genres télévisuels. D’autant que pour contrer les nouveaux entrants sur le marché de la télé (Google, Netflix, Amazon…), la réponse viendra en grande partie du contenu local.

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