50 milliards de dollars pour solder la crise américaine des opiacés

Purdue Pharma est accusée d'avoir contribué à rendre les patients dépendants aux opiacés avec sa molécule OxyCotin. ©AFP

Les sociétés pharmaceutiques et les distributeurs de médicaments proposent de mettre sur la table des milliards de dollars pour clôturer les procédures engagées dans le cadre de la crise des opiacés aux USA. Le premier procès fédéral doit s'ouvrir lundi.

C’est un nouvel épisode dans la saga des opiacés qui est sans doute loin d’être terminée: cinq sociétés pharmaceutiques et des distributeurs de médicaments offrent 22 milliards de dollars en cash et 28 milliards de dollars en médicaments et en services pour solder les quelque 2.600 poursuites à leur égard dans l'une des plus importantes crises sanitaires, entend-on. 

Les distributeurs de médicaments sont accusés d'avoir omis de signaler les commandes suspectes et de ne pas avoir cessé de fournir les molécules.

Les distributeurs de médicaments sont accusés d'avoir omis de signaler les commandes suspectes et de ne pas avoir cessé de fournir les molécules.

Les contours d'un accord auraient été trouvés avec plusieurs États, villes et comtés, indiquait mercredi le "New York Times". Ces entreprises seraient donc prêtes à payer quelque 50 milliards de dollars pour sortir de la liste des accusés. Des négociations sont menées sous la houlette des ministres de la Justice des États du Texas, du Tennessee, de Caroline du Nord et de Pennsylvanie.  

À la caisse

Johnson & Johnson a proposé de débourser 4 milliards de dollars pour régler toutes les plaintes.

Teva Pharmaceutical Industries Ltd mettrait ainsi sur la table 15 milliards de dollars de médicaments génériques, y compris ceux qui aident à lutter contre les surdoses d’opioïdes. Son offre porterait sur une période de 10 ans. Avec trois grands grossistes en médicaments (AmerisourceBergen, Cardinal Health et McKesson), Teva est tenu comme responsable de la distribution de 90% des médicaments américains. Il est l'un des principaux accusés.

Johnson & Johnson, qui a déjà trouvé un accord dans deux comtés, a proposé de débourser 4 milliards de dollars.

Le laboratoire Purdue, à l'origine du célèbre opiacé OxyContin et qui s'est placé sous la protection de la loi des faillites, propose de payer entre 10 et 12 milliards de dollars. Cette offre fait suite à une proposition de ces distributeurs (McKesson, Cardinal Health et AmerisourceBergen) de payer 18 milliards de dollars pour abandonner toutes les poursuites, selon le "Wall Street Journal".

Vers un report du procès

Toutes ces propositions ont été formulées avant lundi, date du début du premier procès fédéral, à Cleveland (Ohio), sur la responsabilité de la crise de santé publique liée aux opioïdes. Le jury a été constitué mercredi. Du côté de la défense, on retrouve aussi des noms comme Walgreens et Henry Schein.

C'est le juge fédéral Dan Polster qui est chargé de ce dossier tentaculaire. Si ces accords devaient se confirmer, le procès serait probablement reporté.

400.000 morts

La dépendance aux opioïdes a coûté la vie à environ 400.000 personnes aux États-Unis de 1999 à 2017.

Un tribunal avait condamné, fin août, Johnson & Johnson à payer 572 millions à l’État de l’Oklahoma pour son rôle dans cette crise. Au début du mois, Johnson & Johnson avait juste accepté de verser 20,4 millions de dollars à deux comtés de l’Ohio pour éviter un procès fédéral, mais cela ne concernait pas les autres poursuites. Certains estiment qu’il faudra peut-être jusqu’à 150 milliards de dollars pour résoudre tous les cas.

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