600 cadres menacés chez GSK, et qui pour les défendre?

Syndicats et direction de GSK se sont retrouvés ce mercredi pour la première fois depuis l'annonce du plan Renault. Les syndicats veulent obtenir des garanties quant à la défense du personnel-cadre pendant ces négociations.

Premier conseil d'entreprise ce mercredi chez GSK , qui a annoncé son intention de supprimer 720 emplois et 215 contrats temporaires.

Depuis, les syndicats sont sur la brèche. Nous voulons désormais savoir pourquoi si une transition était indispensable, elle n'a pas pu se faire en douceur plutôt qu'avec un virage à angle droit", s'interroge Mickaël Bonneau, CGSLB. 

Je ne pense pas que 1.000 personnes se tournent les pouces chez GSK.
Pascal Strube
SETCa

Les syndicats, dont le mot d'ordre est "zéro licenciement sec", veulent savoir comment le géant de la pharma espère poursuivre son activité avec un dixième du personnel en moins. "Je ne pense pas que 1.000 personnes se tournent les pouces", lance Pascal Strube, SETCa. Le calendrier prévoit une réunion par semaine jusqu'en mai, et les syndicats ont déjà posé une quarantaine de question. Côté FGTB comme CSC, on estime que l'état d'esprit dans lequel s'est déroulé cette première rencontre avec la direction n'était pas mauvais.

Qui s'occupe des cadres?

Les syndicats veulent obtenir une garantie: la représentation des cadres, principale catégorie menacée, tout au long du processus de négociations. 

Le personnel-cadre a en effet des élus au conseil d'entreprise. Il sera donc associé lors de la phase d'informations, mais plus lors de la phase de négociations. Cette phase s'effectue avec la délégation syndicale, dont sont dépourvus les cadres. 

Sur le banc patronal, on affirme qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une représentativité du personnel-cadre, car il négocie lui-même ses conditions salariales.
Stéphane Piron
secrétaire fédéral du SETCa secteur pharma.

Les syndicats affirment que tous les deux ans, lors des négociations sectorielles, la question de la représentation du personnel-cadre dans la délégation syndicale se pose, sans avancée. "C’est un fait historique (la classification des fonctions date de 1947, NDLR) . Sur le banc patronal, on affirme qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une représentativité du personnel-cadre, car il négocie lui-même ses conditions salariales", explique Stéphane Piron, secrétaire fédéral du SETCa secteur pharma. Son collègue de la FGTB Chimie, Andréa Della Vecchio parle lui d'une aubaine sociale et d'une sacrée économie pour le secteur puisque les acquis collectifs ne s'appliquent pas aux cadres.

La fédération patronale Essensia s'en défend. Pour Koen Laenens, secrétaire général et directeur des affaires sociales, la non-représentation des cadres dans le secteur se fonde sur la "vision rigide" des syndicats face à une éventuelle suppression des barèmes et l'introduction d'une flexibilité accrue.

Pierre Pirson, président de la Confédération Nationale des Cadres qui n'est pas représentée chez GSK, souhaite que les représentants des cadres élus au conseil d'entreprise soient associés aux discussions. Il confirme néanmoins que s'il est vrai que certains cadres ne se retrouvent pas dans l'idéologie des syndicats traditionnels, le frein à une représentation propre aux cadres vient surtout de ces syndicats. 

Que faire dans l'intervalle ?

Désormais les cadres ne sont plus uniquement des membres du comité de direction et se retrouvent à tous les niveaux. Que faire donc? "Redéfinir la notion de cadre ou accepter une représentation syndicale structurée", martèlent les syndicats.

595
personnes
Chez GSK, où les cadres représentent 595 des 930 emplois menacés, les négociations doivent être prises en main par les cadres eux-mêmes, souligne Stéphane Piron.

En attendant, les syndicalistes de GSK expliquent en coeur qu’étant donné que la majorité des suppressions d'emplois vise des cadres, ils doivent être associés tout au long du processus, comme les secrétaires permanents du secteur absents de la phase d'information."

"Il est logique dans un cas comme ArcelorMittal où sur les 1.300 licenciements une majorité visait les ouvriers, que les délégués syndicaux défendent les cadres. Chez GSK, où ils sont 595 sur les 930 emplois menacés, les négociations doivent être prises en main par les cadres eux-mêmes", souligne Stéphane Piron. 

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