Baliopharm, un nouvel angle d'attaque pour Promethera

©Promethera

Promethera, la biotech wallonne spécialisée dans la thérapie cellulaire des maladies du foie, acquiert Baliopharm. Cette société suisse, qui cible elle aussi les maladies hépatiques, s’est spécialisée dans la recherche de traitements par anticorps. Promethera augmente par ailleurs son capital de 9,3 millions d’euros.

Deux ans après avoir absorbé les principaux actifs de Cytonet, une société américaine spécialisée, elle aussi, dans le traitement des maladies du foie par thérapie cellulaire, Promethera Biosciences élargit son spectre d’activité.

La biotech wallonne vient en effet de mettre la main, pour un montant qui n’est pas précisé, sur Baliopharm, une société biopharmaceutique suisse qui cible, elle aussi, les maladies hépatiques. Mais à la différence de Promethera, la biotech basée à Bâle attaque les maladies inflammatoires en s’appuyant sur les anticorps.

Pour la société wallonne, l’occasion était trop belle de créer un pont entre les angles thérapeutiques choisis par les deux sociétés. Car comme en oncologie, les professionnels traitant les maladies hépatiques misent de plus en plus sur les polythérapies.

Pour la société wallonne, l’occasion était trop belle de créer un pont entre les angles thérapeutiques choisis par les deux sociétés.
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Créée en 2011 par des entrepreneurs connus dans le domaine des anticorps et soutenue par des investisseurs institutionnels et par des grosses fortunes suisses, Baliopharm développe de nouveaux traitements à base d’anticorps de maladies auto immunes – polyarthrite rhumatoïde, maladie de Crohn, psoriasis, sclérose en plaques – et pour le cancer. Elle cible également les maladies chroniques du foie.

D’où l’intérêt de Promethera pour la stratégie thérapeutique de la société suisse, qui vient compléter le pipeline de Promethera avec un médicament candidat innovant à base d’anticorps.

"Nous avons acquis Baliopharm parce que nous avons estimé qu’il serait intéressant pour Promethera d’être propriétaire de deux technologies thérapeutiques différentes", explique John Tchelingerian, CEO de Promethera Biosciences.

Les responsables de la biotech wallonne voient dans la combinaison des anticorps développés par Baliopharm et des thérapies à base de cellules hépatiques de Promethera "une option de traitement améliorée pour les patients souffrant de stéatohépatite non alcoolique (NASH) et éventuellement d’autres maladies sévères du foie".

"La technologie que Baliopharm développe permet de bloquer les récepteurs de type 1 impliqués dans la progression de nombreuses maladies inflammatoires, tout en laissant intact les récepteurs de type 2."
John Tchelingerian
CEO de Promethera

Cette acquisition est en tout cas un investissement à long terme. Car le traitement développé par Baliopharm n’en est qu’au stade préclinique, alors que Promethera, pour certaines pathologies, en est déjà à la phase 2 des essais cliniques. Selon John Tchelingerian, il faudra encore au moins deux ans avant que les traitements par anticorps n’en arrivent au stade des études cliniques.

Mais visiblement, le CEO de Promethera croit beaucoup dans le potentiel des anticorps de Baliopharm. "La technologie qu’elle développe permet de bloquer les récepteurs 1 du TNF alpha impliqués dans la progression de nombreuses maladies inflammatoires, tout en laissant intact les récepteurs de type 2. Qui, eux, sont essentiel pour la régénérescence hépatique", dit John Tchelingerian.

Nouveaux actionnaires

C’est notamment pour pouvoir intégrer dans son capital des actionnaires de Baliopharm que Promethera vient également de procéder à une augmentation de capital de 9,3 millions d’euros.

L’opération, réalisée via l’émission d’obligations convertibles auprès d’investisseurs existants et nouveaux, a été souscrite par les principaux actionnaires actuels (les fondateurs, Vesalius, Fund +, la SRIW…). "Nous pouvons ainsi accueillir deux nouveaux investisseurs japonais, Shibuya et Shinsei, ainsi que des investisseurs privés liés à Baliopharm", précise le patron de Promethera.

Une nouvelle augmentation de capital, beaucoup plus substantielle, se dessine déjà dans les prochains mois.
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De quoi renforcer la présence asiatique dans le capital de la biotech, qui héberge déjà les Japonais Mitsui, Cell Innovation Partners et Mitsubishi UFJ Capital, ainsi que LifeLiver, leader coréen dans le domaine du traitement des pathologies hépatiques graves.

Ces fonds doivent permettre d’accélérer la progression du pipeline clinique de Promethera et de développer les activités de recherche et de développement de l’entreprise.

Mais la biotech de Mont-Saint-Guibert ne compte pas en rester là. Une nouvelle augmentation de capital, beaucoup plus substantielle, se dessine déjà dans les prochains mois. Car les développements se poursuivent, et le transfert des laboratoires sur le site du Biopark à Gosselies, toujours prévu pour 2019, se précise.

De quoi étayer le scénario d’une entrée en Bourse, régulièrement relancé? Pas dans l’immédiat. "Pour l’instant, nous privilégions le financement privé, tout en restant attentifs à l’évolution des marchés publics. Mais à court terme, nous ne nous inscrivons pas dans une logique d’IPO. La Bourse n’est actuellement pas un parcours facile pour les biotechs", souligne John Tchelingerian.

Il n’empêche, l’idée n’est pas rejetée d’office. "Nous restons prêts à sauter le pas si une opportunité se présente. Et si nous sommes à l’aise avec nos données cliniques, nous étudierons les scénarios possibles."


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