Bataille judiciaire entre Ablynx et Unilever

©BELGA

La biotech belge Ablynx accuse le géant Unilever de violation de brevet. Objet du litige: l’utilisation des anticorps de lamas dans le développement de médicaments.

Un âpre conflit judiciaire passé jusqu’ici sous les radars oppose depuis sept ans Ablynx à Unilever. Selon le quotidien néerlandais Het Financieele Dagblad, la biotech gantoise, rachetée début 2018 par Sanofi, accuse le géant anglo-néerlandais des biens de consommation courante d’utiliser sa technologie innovante reposant sur les nanocorps prélevés dans les systèmes immunitaires de lamas.

Dans les années 90, Unilever a rebondi sur la découverte de scientifiques belges qui ont mis au jour les propriétés particulières des anticorps produits par les lamas. La multinationale y a vu une opportunité dans la mise au point de dentifrices ou de shampoings ultra-performants. Vingt-cinq ans plus tard, avocats d’Unilever et d’Ablynx s’expliquent pour la énième fois devant la Cour suprême de La Haye, la plus haute instance judiciaire des Pays-Bas.

Les avocats d’Unilever soutiennent que la multinationale n’a jamais utilisé d’anticorps de lamas.

Les avocats de la multinationale soutiennent qu’Unilever n’a jamais utilisé d’anticorps de lamas. Et rappellent que le brevet protégeant Ablynx a expiré en août 2013. Du côté d’Ablynx, on entend bien démontrer qu’Unilever a utilisé des nanocorps de lamas pour le développement d’un médicament.

Pour étayer leur plaidoirie, les avocats d’Ablynx ont appelé à la barre le CEO de VHsquared, une biotech britannique cofondée par Unilever. Celle-ci a été impliquée il y a quelques années dans une tentative d’Unilever de développer un aliment censé protéger, avec l’aide d’anticorps de lamas, des populations contre le rotavirus.

Le projet n’a rien donné, mais depuis lors, VHsquared travaille à un nouveau traitement de la maladie de Crohn. Elle a reçu à cet effet d’Unilever une sous-licence pour l’utilisation des nanocorps de lamas. La justice doit donc trancher sur la question de savoir si la biotech britannique utilise effectivement la technologie des anticorps de lamas pour son candidat médicament et si elle l’a fait avant août 2013, date d’expiration du brevet d’Ablynx.

Selon l’avocat de la biotech gantoise, deux ans d’infraction à la licence d’Ablynx devraient lui valoir une indemnité correspondant aux revenus des ventes que réalisera VHsquared durant les deux premières années de commercialisation du futur traitement de la maladie de Crohn. 

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