CluePoints, la scale-up de l'année qui joue les contrôleurs pour les firmes pharma

©Kristof Vadino

La société louvaniste a remporté le prix de la "Scale-up de l’année" lundi dernier. L’entreprise est spécialisée dans la validation statistique des essais cliniques. Victime de son succès, CluePoints ne parvient plus à recruter assez vite.

Le secteur pharmaceutique a décidément son succès auprès du jury de la "scale-up de l’année". Un an après la pharmacie en ligne NewPharma, CluePoints est reparti ce lundi avec la prestigieuse récompense, remise par EY, BNP Paribas Fortis et l’Echo. Installée dans le zoning de Louvain-la-Neuve, la scale-up est active depuis sept ans dans le secteur avec une expertise bien spécifique. CluePoints a développé une solution permettant de détecter les fraudes dans les essais cliniques.

Concrètement, l’entreprise de 70 travailleurs se penche sur les résultats récoltés par les investigateurs, ces centres de recherches ou hôpitaux en charge de recruter les patients qui testent un médicament. "Pour chaque étude, il faut compter minimum 50 investigateurs différents mais cela peut monter parfois jusqu’à 2.000", explique François Torche, le CEO et cofondateur de CluePoints.

Reposant sur une analyse statistique, les résultats récoltés par chaque investigateur sont comparés à ceux regroupés par l’ensemble des autres acteurs. La comparaison permet ainsi de repérer les manques de rigueur mais aussi, dans les cas les plus graves, les fraudes délibérées. "Cela arrive plus souvent que l’on aimerait. Les centres sont rétribués en fonction du nombre de patients retenus pour l’étude. Il est déjà arrivé que certains inventent des patients", explique le fondateur.

Deux géants de la pharma comme clients

En sept ans, l’outil statistique de la jeune société a déjà convaincu septante acteurs pharmaceutiques. "Nous étions à l’origine une entreprise de service. Les firmes nous contactaient et nous faisions l’analyse en interne. Depuis 2015, nous avons développé un logiciel permettant aux entreprises de faire le travail directement. Nous réalisons encore cette partie ‘service’, mais la vente de notre software représente désormais 80% de notre activité."

"L’an dernier, nous étions à 6,5 millions d’euros de revenus. Nous devrions atteindre 11 millions cette année."
François torche
CEO et cofondateur de cluepoints

Le chiffre décolle néanmoins essentiellement depuis 2016. L’envolée s’explique par la signature de contrats avec deux des dix plus gros acteurs mondiaux du monde pharmaceutique. Ces nouvelles collaborations prestigieuses ont permis de donner un sérieux coup d’accélérateur aux résultats de l’entreprise. "Entre 2012 et 2015, le chiffre d’affaires est resté sous le million. Depuis, on ne cesse de grandir. L’an dernier, nous étions à 6,5 millions d’euros de revenus. Nous devrions atteindre 11 millions cette année", détaille le responsable.

Depuis un an, CluePoints est également bénéficiaire. "Notre Ebitda était de 100.000 euros en 2018", glisse le patron. Aujourd’hui l’entreprise poursuit sa croissance seule, sans l’intervention d’investisseurs supplémentaires. "Nous n’avons plus besoin de fonds pour grandir. Nous avons réalisé notre dernière levée en 2015. À l’époque, nous avons récolté 6,5 millions d’euros". CluePoints compte dans ses actionnaires du beau monde. "La SRIW, le fonds de l’ULB Théodorus et Nivelinvest ont investi. Nous avons également le soutien de Roch Doliveux, l’ancien patron de l’UCB et Pierre Rion", détaille-t-il.

Active quasi uniquement à l’étranger, la scale-up répartit l’essentiel de son activité entre le marché américain et européen. "Les Etats-Unis représentent 60% de notre activité. Nous y avons d’ailleurs ouvert un bureau d’une dizaine de personnes il y a deux ans. Nous avons aussi une présence en Asie via trois contrats au Japon".

Aujourd’hui, CluePoints est victime de son succès. Le recrutement ne suit plus la croissance du groupe. "Nous avons dix postes de développeurs vacants. Nous espérions être 100 pour la fin de l’année. Nous n’y serons pas, mais j’espère que la visibilité du prix nous permettra d’attirer des talents, sourit le responsable qui table dans l’idéal sur 200 employés pour 2021. Nous évoluons bien, mais j’estime que nous devons atteindre au moins 30 millions d’euros de chiffres d’affaires pour avoir une masse critique suffisante". Le patron se donne trois ans pour y parvenir.

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