Eurogentec se veut "constructif" après la tentative de saisie de la semaine passée

Eurogentec se dit en mesure de fournir des doses de réactifs pour réaliser jusqu'à 5 millions de tests. ©Anthony Dehez

La société liégeoise, qui s’apprête à fournir des réactifs pour les tests de dépistage du coronavirus développés par l’UNamur, a fait les frais d’une tentative de saisie la semaine passée.

Kaneka Eurogentec, qui a annoncé lundi être en mesure de fournir des doses de réactifs pour réaliser jusqu'à 5 millions de tests suivant la méthode élaborée par des chercheurs de l’Université de Namur, confirme qu’elle est bien la "société wallonne" qui a reçu, jeudi, une visite surprise d’agents de la police et de la Protection civile mandatés par le ministre de l’Intérieur.

Fin de semaine passée, le cabinet de Pieter De Crem indiquait avoir émis une ordonnance pour la saisie auprès d’une entreprise wallonne de 180.000 tests de diagnostic du coronavirus et d’un stock de réactifs qui pourraient servir à plusieurs centaines de milliers de tests. Le SPF Santé publique avait informé le cabinet du ministre de la présence de tels tests et réactifs. Le ministre avait jugé qu’en raison de la pénurie mondiale de tests de diagnostic du Covid-19, ce matériel risquait d'être vendu à l'étranger et qu’il fallait donc prendre des mesures.

Des kits pour les hôpitaux belges

En réalité, il semble bien que la société biopharmaceutique ait été victime de la pression qui règne un peu partout dans le contexte actuel et de la volonté des autorités de sécuriser les approvisionnements pour la Belgique.

Eurogentec ne fabrique pas de tels tests, mais juste des doses de réactifs. Et l’entreprise ne comptait absolument pas priver la Belgique de tels réactifs, pour lesquels un partenariat est en cours avec l’UNamur, nous a confirmé son CEO, Lieven Janssens. "Il s’agissait de kits conservés à moins 80 degrés, que nous avions commandés dans notre filiale en Grande-Bretagne et qui étaient destinés aux hôpitaux belges pour faire les tests suivant le protocole développé par l’équipe du Professeur Gillet, avec notre aide", a-t-il expliqué.

"Cela a été un peu traumatisant pour la société et ses collaborateurs, alors que l’on essaie d’aider le mieux possible."
Lieven Janssens
CEO d'Eurogentec

Un emballement traumatisant

"Nous avons pu heureusement réexpliquer à quoi ceci était destiné et que s’ils  prenaient ces réactifs, ils ne pourraient plus être utilisés par les hôpitaux. Ils se sont montrés compréhensifs", poursuit Lieven Janssens en ajoutant que les réactifs sont finalement bien restés chez Eurogentec.

"Cette histoire a néanmoins fuité et a été présentée de façon erronée. Il y a eu un emballement dû au stress de la situation avec le coronavirus. Cela a été un peu traumatisant pour la société et ses collaborateurs, alors que l’on essaie d’aider le mieux possible, que nous sommes actuellement les seuls à pouvoir aider pour faire plus de tests et que Eurogentec est, par ailleurs, engagée dans le développement de vaccins. Mais nous restons constructifs et la collaboration avec tous les acteurs reste très bonne", conclut Lieven Janssens. 

Du côté du cabinet de l'Intérieur, on répète à nouveau qu'il n'y avait rien à reprocher à Eurogentec mais que la démarche était dans l'intérêt national. "L'entreprise concernée nous a d'ailleurs confirmé qu'elle entendait continuer à collaborer avec les autorités", a fait valoir un porte-parole.  

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