Hyloris Pharma prépare son introduction sur Euronext Bruxelles

Stijn Van Rompay et son père Leon. La famille Van Rompay est connue pour son implication dans le secteur pharmaceutique, y compris en Wallonie. ©Dieter Telemans

La biotech liégeoise créée par Stijn Van Rompay vient de dévoiler son intention de se faire coter sur Euronext Bruxelles. Une opération qui devrait être finalisée début juillet.

Le secteur biopharmaceutique belge, déjà considéré comme un des domaines d’activité le moins touchés par la crise du coronavirus, est en train de retrouver tout son dynamisme: la société liégeoise Hyloris Pharmaceuticals vient de dévoiler son intention de se faire coter sur Euronext Bruxelles, la première annonce de ce type depuis le début du déconfinement.

Créée et dirigée par l’entrepreneur flamand Stijn Van Rompay, Hyloris développe des produits pharmaceutiques avec l’objectif de mettre sur le marché le plus rapidement possible des médicaments reformulés à haute valeur ajoutée. La biotech liégeoise a clôturé fin avril une levée privée de fonds de 15 millions d’euros auprès d’un mix d’investisseurs nouveaux et existants, dont Scorpiaux (le holding financier de l’entrepreneur immobilier Bart Versluys), l’invest liégeois Noshaq, Saffelberg Investments et Nomainvest (le holding de la famille Noël).

Phase finale

Mais ses responsables voient donc déjà plus loin. "On s’est aperçu qu’il y avait une demande de la part d’un certain nombre d’investisseurs pour rentrer dans le capital de l’entreprise et on s’est réservé la possibilité d’étendre la levée de financements", fait valoir Patrick Jeanmart, qui vient de rejoindre la société en tant que directeur financier (CFO). "Nous avons lancé un processus avec un syndicat bancaire et nous sommes arrivés en phase finale puisque nous avons eu la confirmation de l’intérêt de ces investisseurs. Nous avons donc décidé, en concertation avec les banques, de nous lancer dans l’IPO." 

50
millions €
L’objectif estimé de la levée via l’IPO est d’environ 50 millions d’euros.

L’entreprise est actuellement engagée dans la rédaction du prospectus avec l’Autorité des services et marchés financiers (FSMA). Concrètement, une période de quatre à cinq semaines devrait intervenir entre l’annonce de ce mercredi et le listing des premières actions. L’objectif estimé de la levée via l’IPO est d’environ 50 millions d’euros.  

Soins spécialisés

"L'introduction en bourse devrait nous fournir les ressources nécessaires pour financer le développement de notre portefeuille actuel de produits candidats, ainsi que pour établir une infrastructure commerciale aux États-Unis pour notre portefeuille cardiovasculaire, où nous nous concentrerons sur les établissements de soins spécialisés tels que les hôpitaux", souligne de son côté le CEO Stijn Van Rompay. "L'introduction en bourse devrait également nous aider à élargir notre portefeuille dans les années à venir."

"L'introduction en bourse devrait également nous aider à élargir notre portefeuille dans les années à venir."
Stijn Van Rompay
CEO d'Hyloris Pharma

Hyloris dispose déjà dans son portefeuille de douze produits-candidats à différents stades de développement, qui devraient être commercialisés dans les quatre à cinq années qui viennent, en priorité aux USA. Elle commercialise également deux produits aux États-Unis: l’un pour le traitement de la fibrillation auriculaire développé en partenariat avec AltaThera, tandis que l’autre est un analgésique non opioïde pour le traitement de la douleur, détenu en copropriété avec AFT Pharmaceuticals. La stratégie de la biotech liégeoise repose sur la réglementation américaine (et son pendant européen) s’appliquant aux médicaments pour lesquels la sécurité et l’efficacité de molécules spécifiques ont déjà été démontrées. Cette procédure concerne par exemple des médicaments avec de nouveaux dosages ou administrés différemment. Elle peut aussi concerner une extension d’indication.

Une douzaine de personnes

"Il s’agit donc d’un processus de développement peu onéreux par rapport aux schémas classiques des sociétés de biotechnologie", commente encore Patrick Jeanmart. "Avec cinquante millions, pour autant que l’on arrive à ce niveau-là, cela offre beaucoup d’opportunités. C’est d’autant plus vrai que la société pourrait mettre assez rapidement des produits sur le marché et sa situation financière devrait assez vite s’améliorer car il est probable que cela génère du profit."

L'entreprise liégeoise emploie actuellement une douzaine de personnes, un chiffre qui devrait doubler d’ici la fin de l’année. "La production sera externalisée car on ne peut pas qualifier nos produits de produits de niche destinés à des millions et des millions de personnes. Par contre, nous comptons utiliser des unités de fabrication ici en Belgique et en Wallonie, ou ailleurs. Mais il est prématuré d’en parler car nous n’avons pas encore d’accord avec des sous-traitants. Nous externalisons aussi la recherche et le développement ainsi que les études cliniques, qui sont des études de bioéquivalence, à des partenaires et à des sous-traitants belges ou étrangers", conclut Patrick Jeanmart. 

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