La biotech Ncardia lève 6 millions supplémentaires

©Kristof Vadino

La biotech belgo-néerlandaise Ncardia (anciennement Pluriomics) vient de parachever son financement en levant 6,25 millions d’euros de capitaux frais auprès de certains de ses actionnaires d’origine ainsi que du fonds privé wallon, Epimède. Son capital social s’élève désormais à un peu plus de 26 millions d’euros, dont 10,5 millions en cash. Le solde est composé, pour l’essentiel, de l’apport des actions de la société allemande Axiogenesis, avec laquelle elle a fusionné l’été dernier (L’Echo du 16 septembre).

Sur la base de recherches scientifiques menées à l’Université de Leyde, aux Pays-Bas, Ncardia a mis au point un procédé permettant de recréer les cellules souches composant le muscle cardiaque.

Ces cardiomyocites (cellules du cœur), développées au départ de cellules souches pluripotentes induites, peuvent servir à tester la cardiotoxicité des nouveaux candidats médicaments. Au stade préclinique, on peut y recourir en lieu et place de pratiquer des tests sur des animaux.

"Nous avons désormais assez de capitaux pour devenir leader mondial dans notre secteur."
Stefan Braem
CEO de Ncardia

Fondée en 2014, Ncardia a déjà enclenché la phase de commercialisation et devrait réaliser cette année un chiffre d’affaires de l’ordre de 3 millions d’euros. La société est une véritable organisation européenne. Elle est basée à Gosselies, mais a gardé son centre de Recherche & Développement à Leyde, et a logé sa structure commerciale au siège d’Axiogenesis à Cologne, en Allemagne.

"Nous avons désormais assez de capitaux pour devenir le leader mondial dans notre domaine d’activité, souligne le CEO, Stefan Braam. Nous avons les moyens pour financer notre croissance internationale et notre expansion. Cette levée de fonds complémentaire est la suite logique de la fusion que nous avons réalisée en septembre." Dans ce secteur résolument novateur, Ncardia n’a qu’un seul concurrent au niveau international: Cellular Dynamics International (CDI), une filiale du géant japonais Fujifilm. Mais la start-up belgo-néerlandaise se distingue de son rival par son positionnement technologique. Elle propose des cellules souches spécialisées, soit purement ventriculaires et, prochainement, purement auriculaires. Tandis que CDI offre un mélange entre les deux types de cellules du muscle cardiaque.

Le "nouveau" place 4 millions

Ncardia comptait déjà parmi ses actionnaires trois holdings publics belges, la SFPI au plan fédéral, la SRIW côté wallon et Sambrinvest sur son versant régional. Ainsi que le fonds public néerlandais Innovation Quarter, et le fonds privé belgo-luxembourgeois, Vesalius Biocapital. Ceux-ci avaient permis à la jeune pousse de lever, l’été dernier, 4,25 millions d’euros. SRIW et Innovation Quarter ont contribué au nouveau tour de table de 6,25 millions d’euros. Mais cette fois, le principal effort a été fourni par un nouveau venu: Epimède. Soit un fonds mixte comptant, dans son tour de table, les holdings publics, Meusinvest et SFPI, ainsi que les institutionnels privés Ethias, Intégrale et BNP PF Private Equity. Epimède a déboursé 4 millions d’euros.

"Ncardia a connu un démarrage très fort et encourageant. Nous sommes convaincus de la valeur ajoutée qu’elle va générer dans les années à venir", commente son directeur des investissements, Marc Foidart.

La stratégie d’Epimède est d’investir dans les sciences de la vie, celles de l’ingénierie et les services aux entreprises, en privilégiant les PME wallonnes indépendantes ayant "un avantage compétitif de nature technologique ou industrielle".

Le fonds place en général de 1 à 7 millions par investissement. Dans son portefeuille, on recense trois participations dans le domaine des sciences de la vie: ASIT Biotech, Novadip Biosciences et Diagenode. Et une dans les sciences de l’ingénierie: Lasea, une entreprise qui conçoit et développe des machines de micro-usinage laser de haute précision.

Un changement de paradigme

Quant à la SRIW, elle croit dur comme fer au projet de la société de Gosselies. "Ncardia a franchi, ces derniers mois, un cap significatif", souligne son Investment Manager, Philippe Degive. "Suite à la fusion avec Axiogenesis, elle a plus que doublé de taille (son effectif total dépasse les 60 personnes), elle a renforcé sa propriété intellectuelle et son portefeuille de produits. Elle est arrivée au stade de la commercialisation et a un bon potentiel de croissance. C’est un investissement d’autant plus attractif, à nos yeux, que la société est à l’origine d’un changement de paradigme pour la recherche et le développement dans la pharma. La solution qu’elle propose pour les essais précliniques sur la toxicité et les effets secondaires induits, permettra à l’industrie pharmaceutique de délaisser ses modèles de tests sur animaux au profit des essais sur les cellules souches. Au plan éthique, c’est une évolution très importante."

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