La molécule qui empêche un cancer de se généraliser découverte à l'UCL

Pierre Sonveaux et ses chercheurs ont identifié une molécule, la catéchine:lysine 1:2, qui empêche l'apparition des métastases. Des tests concluants ont été menés sur des souris atteintes de mélanomes. ©France Dubois

Une équipe de l'UCL a découvert une nouvelle molécule capable de prévenir les métastases.

L'équipe de Pierre Sonveaux, chercheur de l'Université catholique de Louvain (UCL),  a "validé" une molécule capable de prévenir les métastases. En trois ans, c'est la deuxième fois que les scientifiques néo-louvanistes identifient une molécule qui, du moins chez la souris, permet d'éviter qu'un cancer ne se généralise. Ces deux avancées sont uniques au monde, et "doublent les chances de mettre au point un médicament efficace dans la prévention des métastases", se félicite lundi l'institution universitaire.

→ La première découverte

En 2014, Pierre Sonveaux et son équipe avaient mis en évidence le rôle joué par les mitochondries dans la formation de métastases. Lorsque les mitochondries des cellules tumorales sont altérées, elles favorisent la formation des métastases. Mais des tests sur des souris porteuses d'un cancer du sein humain avaient montré qu'une molécule, le mitoQ, était capable de bloquer ces altérations.

→ La nouvelle découverte

Aujourd'hui, les chercheurs de l'UCL ont identifié une deuxième molécule, la catéchine:lysine 1:2, qui empêche aussi l'apparition des métastases. Des tests concluants ont en effet été menés sur des souris atteintes de mélanomes.

Alors que le mitoQ était une molécule de synthèse, la catéchine:lysine 1:2 est produite au départ d'une plante qui pousse en Indonésie, explique Pierre Sonveaux. Ces deux molécules ciblent très sélectivement la mitochondrie et non l'ensemble de la cellule.

"Elles peuvent empêcher un cancer de se généraliser, mais pas le guérir" (Pierre Sonveaux)

→ Et maintenant?

Pierre Sonveaux a bon espoir que les prochains tests confirment leur efficacité dans le traitement de plusieurs types de cancers chez la souris, en combinaison avec la chimiothérapie par exemple. Le passage de la frontière entre la souris et l'homme est, lui, beaucoup plus incertain. D'où l'utilité de travailler parallèlement sur deux molécules, relève Sonveaux.

La nouvelle étude a été publiée dans la revue scientifique Frontiers in Pharmacology.

→ Consultez l'étude ici

Elle a été menée en collaboration avec la PME wallonne Valore, qui a créé la catéchine:lysine 1:2. Un brevet a été déposé et l'entreprise pharmaceutique belge BePharBel a accepté d'investir pour mettre au point un procédé de production de cette molécule à grande échelle pour, un jour peut-être, en faire des médicaments pour l'homme.

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