Le retour en grâce d'UCB?

Jean Christophe Tellier, CEO d'UCB ©Dieter Telemans

UCB qui a connu un mini-krach en mai est-elle sur le point de retrouver la confiance des investisseurs? Morgan Stanley croit en son potentiel et a intégré l'action dans sa liste d'achat.

Il reste un mois pour balayer le constat suivant: 2017 aura été un cru au goût de vinaigre pour les actionnaires d’UCB . Depuis le début de l’année (et hors cours de ce vendredi), le gain de l’action se limite à 3% alors que, dans le même temps, le Bel 20 a acté une progression de 10,5%.

Cette contre-performance s’explique essentiellement par des problèmes de sécurité rencontrés par l’étude "Arch" du romosozumab visant l’ostéoporose auprès des femmes ménopausées. Ils ont provoqué une chute de 18% de l’action lors de leur annonce en mai dernier. Avant ce mini-krach, le titre se négociait autour de 77 euros.

Quelques mois plus tard, Jean-Christophe Tellier, le patron de la biopharma belge, tentait d’apaiser les craintes des investisseurs dans une interview accordée à L’Echo.

Le cours d'UCB ces cinq dernières années. ©L'Echo

"Comeback kid"

Aujourd’hui, c’est Morgan Stanley qui vient à la rescousse d’UCB avec une note d’analyste au titre rassurant : "Comeback kid". Le broker relève sa recommandation à "surpondérer" (acheter) contre "neutre" avant. L’objectif de cours passe de 68 euros à 71 euros. Cette décision repose sur trois constats.

• Concernant le Cimzia, les opportunités sont sous-estimées et les risques gonflés. Morgan Stanley estime que ce médicament d’UCB pourrait devenir le premier traitement approuvé par les autorités sanitaires américaines (FDA) pour soigner une forme d’arthrite chronique (la spondyloarthrite axiale), un marché évalué à 2 milliards de dollars aux Etats-Unis. Par contre, le broker est d’avis que les risques d’un médicament générique (Remicade) ont été surestimés au vu des chiffres actuels.

• Un "news flow" attractif. Outre les résultats de la phase III du Cimzia pour la spondyloarthrite axiale, d'autres résultats sont attendus en début d'année. Bien qu’UCB soit entré en retard sur le marché de l’immunologie, les analystes de Morgan Stanley estiment que le Bimekizumab qui a été un actif négligé d’UCB pourrait modifier les perceptions et apporter un effet de levier. Des résultats de phase II sont attendus au premier trimestre 2018.

La valorisation actuelle de la valeur est bon marché. UCB se négocie actuellement à 13,6 fois ses bénéfices estimés de 2018 ce qui équivaut à une décote de 29% vis-à-vis des groupes pharmas de spécialités et de 15% par rapport aux pharmas européennes. "Suite à la chute provoquée par l’échec rencontré avec le romo (lire plus haut) nous pensons qu’UCB est actuellement négligée et, bien que les inquiétudes à long terme sur la pérennité de la croissance sont quelque peu justifiées, nous voyons une opportunité sur le moyen terme " écrivent les auteurs de l’étude. "Nous pensons que c'est le moment d'acheter" concluent-ils.

Le "news flow" attendu d'UCB. ©Morgan Stanley

Parmi les analystes qui suivent la valeur (source: Bloomberg), ceux qui sont optimistes ne constituent pas la majorité. Ils sont six contre treize qui recommandent de la conserver et deux de la vendre. L’objectif de cours moyen s’élève à 67,5 euros avec un plus haut de 80 euros (ING) et un plus bas de 53 euros (Jefferies).

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