Les futurs champions de la medtech wallonne vont aller réseauter en Flandre

©STEPHAN KNECHT

Les futures pépites de la medtech wallonne vont pouvoir aller s’inspirer de la réussite des champions du nord du pays. MedTech Wallonia, le point de contact de l’incubateur wallon WSL pour la filière des équipements médicaux, et MedTech Flanders, le réseau flamand de développement des start-ups évoluant dans le même segment, ont en effet décidé d’unir leurs efforts. Les deux structures lancent un programme national commun d’accélération visant à favoriser en Flandre et en Wallonie l’émergence d’innovations et le développement de projets liés aux technologies médicales.

Appelé "The Belgian MedTech Booster", ce projet belgo-belge est une initiative conjointe destinée aux entrepreneurs du nord et du sud du pays qui permettra de créer des réseaux d’opportunités et de développements conjoints. Il s’adresse à des start-ups et des spin-offs, qui pourront rencontrer de concert les acteurs de terrains ainsi que des investisseurs privés et publics en Flandre et en Wallonie.

Concrètement, il s’agira d’un programme de plusieurs mois qui sera réparti en douze journées de formation commune des deux côtés de la frontière linguistique. Ces journées seront complétées par des séances de coaching personnel et par des sessions de networking en Flandre et en Wallonie, notamment auprès d’investisseurs publics et privés.

"Dans le medtech, il y a la réglementation, la certification, toute une série de contraintes qui sont très typiques de ce genre de start-ups. On focalise là-dessus", explique Agnès Flémal, la directrice de WSL, l’incubateur wallon des sciences de l’ingénieur.

"On sent qu’il y a une vraie demande et on essaie de faire avancer les choses. Mais il faut une masse critique pour cela, poursuit-elle. Chacun apporte ce qu’il a. Le programme se déroulera partout en Belgique, en anglais. Cela permettra de réseauter à un niveau important, pour éviter de travailler toujours avec les mêmes, au niveau de la Wallonie ou même de Liège ou de Charleroi."

"On sent qu’il y a une vraie demande et on essaie de faire avancer les choses." Agnès Flémal Directrice de WSL

WSL gère déjà plus de 30% de ses dossiers dans la technologie médicale, qui devient vraiment une tendance lourde similaire à celle que l’on constate dans la biotechnologie "classique". "Cela correspond entièrement au développement de notre portefeuille et aux tendances. Il existe une série de sociétés qui ont les mêmes demandes et les mêmes besoins par rapport à des marchés voisins", poursuit Agnès Flémal, qui souligne bien que l’initiative n’est pas à sens unique, loin de là: "les Flamands sont intéressés par le fait de travailler avec nous car ils n’ont pas ce genre de structure centralisée chez eux. Ils ont des choses comme l’institut IMEC à Louvain ou le VITO, qui sont des véritables machines de guerre. Mais les choses sont en train d’évoluer car tout cela ne va plus de soi comme avant et ne tourne plus tout seul. On leur apporte donc aussi de la valeur ajoutée."

WSL primé au niveau mondial

Installé à sa création en 2000 au Science Park sur le site du Sart-Tilman, WSL a rejoint il y a moins d’un an le Val Benoît, le long du quai Banning menant vers Sclessin.

Initialement spécialisé dans les sciences spatiales, l’incubateur s’est au fil du temps ouvert aux métiers de l’ingénieur. Sa direction souhaite désormais élargir à nouveau le spectre de son champ d’activité, pour l’étendre à tout ce qui touche à l’internet des objets et aux dispositifs connectés.

Une étude récente menée par l’association internationale UBI-Global a classé WSL parmi les incubateurs les plus performants au monde. WSL accompagne actuellement environ 70 entreprises technologiques de moins de 5 ans. Quelques pépites, comme Lasea et Lambda X, ont bénéficié de ses services. Le taux de survie des entreprises suivies atteint 95% après cinq ans.

Après la mise sur pied du Belgian MedTech Booster, Agnès Flémal envisage la création d’une initiative similaire estampillée "green". "Nous comptons faire la même chose prochainement dans tout ce qui est vert, dans l’énergie et la chimie, où les sociétés ont d’autres problèmes à traiter, comme l’éthique" conclut la directrice de WSL. "Mais tout cela n’est pas encore assez mature, même si nous avons déjà une douzaine de dossiers sur le bureau. Car booster signifie bien que l’on veut pousser les sociétés après leur démarrage."

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