Nouvel espoir pour les patients atteints d'un cancer du sang

©France Dubois

Une nouvelle génération d’immunothérapie (la thérapie CAR-T), sera remboursée, à partir du 1er juin 2019, pour le traitement de deux types de cancers du sang.

Bonne nouvelle pour les personnes qui luttent contre certains cancers du sang. À partir du 1er juin, la thérapie CAR-T, une nouvelle génération d’immunothérapie, sera remboursée. "Plusieurs dizaines de patients pour lesquels il n’y avait plus d’options thérapeutiques, se verront ainsi offrir une nouvelle perspective", se félicite la ministre de la Santé, Maggie De Block (Open Vld).

Le traitement avec des cellules CAR-T est très récent. En résumé, il fonctionne comme suit: les globules blancs, les lymphocytes plus précisément, sont d’abord prélevés sur le patient. Un morceau d’ADN est ensuite ajouté à ces cellules dans un laboratoire. Il leur est ainsi plus facile de reconnaître les cellules malignes et donc de les attaquer plus efficacement. Enfin, les cellules "armées" sont réinjectées au patient par perfusion.

Une cinquantaine de patients pourront être traités en 2019 et 90 en 2020.

Comme l’administration des lymphocytes "armés" se fait en une seule fois, le traitement est beaucoup moins lourd pour les patients que la combinaison de plusieurs séances de chimiothérapie, d’une greffe de cellules souches et d’un traitement ciblé. Il s’agit donc d’un important pas en avant en termes de qualité de vie. La thérapie CAR-T offre, en outre, de meilleurs résultats et plus durables que le traitement conventionnel.

Le traitement, qui est proposé par la firme Novartis, est extrêmement coûteux. Au cabinet de Maggie De Block, on précise que l’information est "confidentielle", car "le fruit de négociations avec les firmes". Des montants vertigineux, de l’ordre de 300.000 à 400.000 euros par patient, sont régulièrement cités. Jusqu’ici, seuls le Danemark et l’Allemagne proposaient un remboursement pour ce type de traitement.

Le traitement sera remboursé pour deux groupes de patients. Le premier groupe est constitué d’enfants et de jeunes adultes atteints de leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) pour lesquels aucun autre traitement ne fonctionne ou pas suffisamment. Le deuxième groupe est constitué d’adultes atteints d’un lymphome diffus à grandes cellules B (une forme agressive de lymphome) chez qui aucun autre traitement ne fonctionne ou pas suffisamment.

Quatre hôpitaux

Parce qu’il nécessite des connaissances et une expertise très spécifiques, le traitement doit être effectué dans un des quatre centres spécialisés suivants: l’UZ à Gand, l’UZ à Leuven, les Cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles et le Centre hospitalier universitaire de Liège (site Sart-Tilman).

Une cinquantaine de patients environ pourront être aidés en 2019 et 90 en 2020. La recherche sur l’application du traitement CAR-T à d’autres types de cancer bat actuellement son plein. "Selon toute vraisemblance, nous serons en mesure d’aider encore plus de patients cancéreux avec cette nouvelle thérapie génique à l’avenir", assure-t-on au cabinet de Maggie De Block.

La biotech belge Celyad travaille à de nouvelles approches

Une entreprise belge travaille elle aussi sur des traitements contre le cancer à partir des cellules CAR-T: Celyad, implantée à Mont-Saint-Guibert.Cette technologie, qui a explosé ces dernières années avec des premières approbations, a démontré des taux de réponse très importants pour des cancers extrêmement difficiles à traiter.

Avec une approche améliorée, Celyad a donc choisi de viser plusieurs types de cancers différents de ceux traités par les CAR-T qui sont déjà sur le marché, y compris les plus sévères à un stade métastatique.

Son candidat médicament principal est le CYAD-01, un traitement pour les patients adultes atteints de leucémie myéloïde aiguë (LMA), réfractaires à toute autre forme de traitement ou en rechute. La LMA est un cancer extrêmement agressif qui progresse très rapidement. La seule approche curative est une greffe de moelle osseuse. 

Celyad a annoncé une réponse de 62% dont 40% de réponse complète (c’est-à-dire de disparition de tumeur) chez les patients pour lesquels tous les autres traitements ont échoué. La biotech prépare le lancement d’une phase 2 d’étude clinique pour ce candidat médicament, pour lequel elle se dit "certaine"d’aller en phase d’enregistrement.

Celyad va par ailleurs entamer les essais cliniques de quatre produits candidats basés sur une nouvelle plateforme de thérapies cellulaires. Une plateforme qui ouvre la voie à une nouvelle génération de thérapies CAR-T allogéniques, c’est-à-dire avec des cellules venant de donneurs.

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