PDC*line Pharma, nouvel espoir wallon contre le cancer

Eric Halioua a fait venir PDC*line Pharma à Liège en 2016. ©Tim Dirven

La biotech liégeoise PDC*line Pharma, spécialisée dans l’immuno-oncologie, a entamé une étude de phase I/II pour évaluer un vaccin thérapeutique contre le cancer du poumon. Celui-ci est le cancer qui engendre le plus de décès dans le monde.

Une nouvelle biotech wallonne fait sortir ses projets du laboratoire pour les mener en phase d’étude clinique: la biotech liégeoise PDC*line Pharma, spécialisée dans l’immuno-oncologie, a entamé une étude de phase I/II pour évaluer un vaccin thérapeutique contre le cancer du poumon.

Le produit en question, appelé à ce stade PDC*lung 01, est un candidat vaccin thérapeutique contre le cancer du poumon dit "non à petites cellules" (CPNPC), le cancer du poumon le plus courant (80% des cas). Contrairement aux vaccins traditionnels, qui préviennent les maladies, les vaccins thérapeutiques pour le cancer sont conçus pour traiter un cancer déjà présent et en réduire la croissance potentielle.

"Obtenir des autorisations pour des essais de thérapie cellulaire en France est loin d’être évident."
Eric Halioua PDG de PDC*line Pharma

"On a commencé une étude clinique sur le cancer du poumon métastatique en traitement de première ligne, pour laquelle on a reçu nos autorisations en France et en Belgique" se réjouit le président et CEO de la société, Eric Halioua, qui rappelle qu’"obtenir des autorisations pour des essais de thérapie cellulaire en France est loin d’être évident. Cela montre, de la part des autorités réglementaires, une vraie reconnaissance de la qualité des données rassemblées par notre équipe et nos partenaires".

Neuf centres cliniques, dont trois en Belgique ont accepté de participer à cette étude clinique. "Cette phase I/II doit servir à vérifier la safety du produit, mais doit aussi regarder s’il y a une réponse immunitaire et si le vaccin est actif dans le sang. On va également observer s’il y a une activité clinique du produit", poursuit le PDG de l’entreprise.

Le cancer du poumon est le cancer le plus répandu chez les hommes et pour les deux sexes confondus, avec 2,1 millions de nouveaux cas chaque année. Chez les femmes, c’est le troisième cancer le plus répandu, après le cancer du sein et celui du côlon. Le cancer du poumon est celui qui engendre le plus de décès dans le monde, avec 1,8 million de personnes décédées en 2018. Ce qui représente 18,4% des décès dus au cancer, hommes et femmes confondus. "On a commencé par le poumon, car c’est l’un des cancers où les besoins sont les moins satisfaits et les plus importants. Mais cela va plus vite, car on trouve plus facilement des patients à enrôler que pour des cancers plus rares", note encore Eric Halioua.

Créée initialement en France

Ce dernier n’est pas un inconnu dans la sphère des biotechs belges, puisqu’il est l’ancien patron de Promethera, un autre grand nom de la thérapie cellulaire wallonne, spécialisé dans le traitement des maladies du foie. C’est lui qui a fait venir PDC*line à Liège en 2016. La société avait été créée initialement en France en 2014 par Laurent Levy et Joël Plumas, en tant que spin-off de l’Établissement français du sang, à Grenoble.

Installée dans le bâtiment Giga au Sart Tilman, PDC*line compte une vingtaine de collaborateurs. La jeune entreprise a levé à ce jour 17 millions d’euros, dont 7,6 millions d’euros en fonds propres et en prêts auprès d’investisseurs belges (MeusInvest, Innodem3, InvestSud et SFPI) et de plusieurs business angels, dont Jean-Paul Prieels (ex-GSK).

Le reste est constitué de 9,3 millions d’euros d’investissements non dilutifs, y compris des avances récupérables et subventions de la Région wallonne et d’organismes français et belges.

Sans donner de détail, Eric Halioua indique être en train de procéder à une nouvelle levée de fonds, qui pourrait se concrétiser assez rapidement. L’entreprise avait accordé au début de l’année au coréen LG Chem Life Sciences Company une licence exclusive pour le développement et la commercialisation de PDC*lung01 pour la Corée du Sud et une option exclusive dans les autres pays d’Asie. Un contrat à 108 millions d’euros, plus des redevances. Un montant impressionnant pour une société aussi jeune.

Si les résultats de l’étude lancée en Europe sont concluants, Eric Halioua évoque "une deuxième étude clinique dans la foulée, qui pourrait être réalisée avec un grand acteur pharma." D’autres indications sont possibles et d’autres technologies sont en train d’être explorées. "Pour le cancer du poumon, on ne pourra pas commercialiser nous-même, car ce marché est beaucoup trop gros, termine Eric Halioua. Il faut une puissance marketing trop forte pour y aller seuls. Même pour l’étude, ce serait très dangereux d’y aller seul, sans un partenaire qui connaît le secteur, les centres d’investigations…"

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