Plus de 500 millions de transactions dans le BioPark de Gosselies au premier trimestre

Un troisième incubateur de 4.000 mètres carrés, qui permettra de transférer plusieurs entreprises, doit être construit prochainement.

Malgré la crise du Covid-19, le BioPark de Gosselies a enregistré des performances historiques sur les trois premiers mois de l'année. Une croissance qui montre que le pôle carolo des sciences du vivant a changé de dimension.

Une bonne nouvelle qui tranche avec la morosité ambiante: le flux de transactions dans le BioPark de Gosselies a dépassé les 500 millions d’euros au premier trimestre de l’année, atteignant un niveau record historique, selon BioPark Dev, la coupole qui gère le pôle carolo des sciences du vivant.

Ce chiffre représente l’équivalent en un seul trimestre des montants enregistrés sur toute l’année en 2019. Les transactions incluent notamment plusieurs acquisitions de sociétés de biotechnologie créées à Gosselies, d’importantes levées de fonds auprès d’investisseurs internationaux et des accords commerciaux, notamment en matière de distribution et de commercialisation.

315 millions
dollars
La plus importante opération de reprise est celle réalisée par l’américain Catalent Pharma, qui a acquis pour 315 millions de dollars MaSTherCell.

La plus importante opération de reprise est celle réalisée par l’américain Catalent Pharma, qui a acquis pour 315 millions de dollars auprès d'Orgenesis la société de services spécialisée dans les thérapies cellulaires MaSTherCell. Autre entreprise qui a suscité l’intérêt d’un investisseur étranger: ImmunXperts, qui est passée entre les mains du canadien Nexelis.

Du côté des levées de fonds, c’est iTeos Therapeutics qui a enfoncé tous les records pour une biotech wallonne, avec un nouveau tour de financement de 125 millions de dollars, destiné à soutenir ses deux grands programmes de traitements anticancéreux. 

De nouvelles thérapies

Le premier trimestre a aussi été marqué par "le renforcement d’un des pôles de compétences-clés, à savoir la production spécialisée de produits biologiques, clé de voûte du développement de nouvelles thérapies géniques et cellulaires" se réjouit Florence Bosco, la CEO de BioPark Dev. "Plusieurs entreprises comme Novasep, Univercells, Delphi Genetics ou MaSThercell ont lancé de nouvelles lignes de production de pointe, annoncé des augmentations de leur capacité de fabrication ou reçu des agréments importants. Ces montants sans précédents montrent clairement que l’on se trouve à un moment charnière. Nous arrivons dans des dimensions de projets et de création d’emplois qui n’ont pas de commune mesure avec ce que l’on a connu auparavant. Il y a une masse critique qui est reconnue mondialement".

"Nous arrivons dans des dimensions de projets et de création d’emplois qui n’ont pas de commune mesure avec ce que l’on a connu auparavant. Il y a une masse critique qui est reconnue mondialement."
Florence Bosco
CEO de BioPark Dev

Autre changement de paradigme, selon Florence Bosco: certaines biotechs sont désormais à un stade avancé dans le développement de leurs produits. Bone Therapeutics a ainsi annoncé le lancement d’une étude clinique de phase 3 pour l’un de ses traitements. Une première pour l'écosystème carolo. 

Huit nouvelles entreprises ont par ailleurs rejoint le BioPark depuis un an. Quatre d’entre elles – dont 3 sont des spin-offs de l’ULB (à l’instar d’InhaTarget Therapeutics) – proviennent de programmes d’accélération de l’incubateur du BioPark. Les 4 autres sont des sociétés nationales et internationales (telle que la française Graftys). 

Toutes ces évolutions justifient l’expansion immobilière du BioPark, avec des projets de construction de nouveaux espaces de laboratoires et de bureaux en 2020 et 2021. Un troisième incubateur de 4.000 mètres carrés, qui permettra de transférer plusieurs entreprises, doit être érigé prochainement.

Un secteur immunisé? 

Ces bons chiffres permettent-ils de déduire que le secteur biopharmaceutique restera immunisé contre les conséquences de la crise du Covid-19? Il est vrai qu’à l’inverse d’autres branches comme le tourisme, l’automobile ou encore l’aéronautique, l’industrie pharmaceutique et les sociétés de biotechnologies ont peu recours au chômage temporaire et ne doivent pas se tourner vers l’État pour les soutenir. 

Selon Florence Bosco, la CEO de BioPark Dev, la crise du coronavirus n'a jusqu'ici stoppé aucune opération. ©RV DOC

Florence Bosco reste néanmoins très prudente: "tous les accords annoncés ont été négociés et travaillés de longue date. Cela peut prendre plus d’un an. Je ne suis pas sûre que si une société du BioPark voulait se revendre maintenant, cela fonctionnerait aussi bien. On se limite à dire que les excellentes performances du premier trimestre permettront aux acteurs du BioPark d’amortir l’impact que la crise du Coronavirus pourrait avoir sur leurs activités. On ne veut pas trop dire que l’on est à contre-courant parce qu’on va subir certains impacts comme d’autres secteurs malgré tout, même si, jusqu’ici, aucune opération n’a été stoppée".

Né il y a deux décennies d’une stratégie initiée par l’ULB et la Région wallonne, le BioPark regroupe dans le bassin carolo une septantaine d’acteurs dans les domaines de la biotechnologie et de la biopharmacie. Il comprend près de 2.200 collaborateurs de 30 nationalités différentes. Un chiffre qui ne cesse de grandir. 

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