Un antidépresseur "révolutionnaire" débarque aux Etats-Unis

L'Eskétamine, commercialisée sous le nom de Spravato, constitue le premier nouveau traitement contre la dépression depuis plus de 30 ans. Il laisse espérer une action rapide et la possibilité de soigner des patients dont la maladie a résisté à d'autres traitements. ©Photo News / Rapha‘l Demaret - V

Les Américains pourront bientôt utiliser le nouvel antidépresseur de Janssen. Le Spravato, sous forme de spray nasal, doit soulager des patients dont la dépression résiste aux molécules actuellement disponibles, comme le Prozac.

L'eskétamine est une molécule présentée comme une révolution dans le traitement de la dépression. Elle va bientôt être commercialisée aux Etats-Unis par Janssen, sous le nom de Spravato, puisque la FDA (l'agence américaine du médicament) vient de donner son accord.

Qu'a-t-il de révolutionnaire, ce nouveau médicament? Le Spravato se prend sous forme de spray nasal. L'eskétamine agit vite: au bout de quelques jours seulement, comparée à la plupart des antidépresseurs commercialisés actuellement qui peuvent mettre plusieurs semaines avant d'avoir un effet. Il doit soulager des patients adultes dont la dépression résiste aux molécules actuellement disponibles, comme le Prozac par exemple. 

Le Spravato ne pourra être pris que sous surveillance médicale en raison de possibles effets secondaires. En effet, la kétamine, parfois surnommée "Special K" ou Kit Kat ou encore vitamine K est utilisée comme une drogue euphorisante qui intensifie les perceptions sensorielles, mais elle peut aussi parfois mener à un sentiment de dissociation, de sortie de son propre corps. Selon le laboratoire, cet effet a été observé pendant les tests cliniques moins d'une heure après la prise du médicament, quand les patients étaient encore sous surveillance des équipes médicales, et il se dissipe le même jour. Le médicament pourra être inhalé une ou deux fois par semaine, selon le laboratoire, qui juge aussi que le risque d'addiction, également évoqué, ne s'est pas concrétisé lors des essais cliniques. 

Ce sera a priori un traitement à délivrance hospitalière en raison de la nécessité d'une surveillance du patient dans l'heure qui suit l'administration du médicament. On ne le prend pas tous les jours et pas à la maison.
Pierre de Maricourt
chef de service de l'hôpital Sainte-Anne à Paris, a participé aux essais cliniques

Et en Europe?

Janssen a également déposé une demande de mise sur le marché auprès de l'Agence européenne des médicaments en octobre 2018.

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