Un chirurgien belge lève des fonds pour réparer votre cœur

Le chirurgien cardiaque belge Hugo Vanermen, qui a notamment opéré le roi Albert II, est un des fondateurs et actionnaires de la start-up 4Tech qui lève actuellement des fonds.

"Le métier change et les patients aussi. Ils veulent aujourd’hui un maximum de confort lorsqu’ils subissent une opération, nous confie Hugo Vanermen. Je ne réfléchis plus comme un chirurgien cardiaque traditionnel. Je suis sans cesse à la recherche de techniques qui permettent d’allier efficacité et confort du patient."

"Je suis sans cesse à la recherche de techniques qui permettent d’allier efficacité et confort du patient."
Hugo Vanermen
Chirurgien

Pendant 35 ans, Vanermen a été à la tête du département de chirurgie cardiaque à l’hôpital Notre-Dame d’Alost. Il opère aujourd’hui à l’hôpital universitaire Saint-Luc de Bruxelles. Au cours de sa carrière, il a opéré quelque 8.000 personnes et "coaché" 16.000 autres opérations. Un sacré bilan.

La société 4Tech, dont il est l’un des quatre fondateurs, a été créée en 2010 avec pour mission de développer une technique révolutionnaire pour les patients atteints d'une défaillance cardiaque. Elle espère entrer dans une phase de commercialisation en 2017.

Avec le chirurgien cardiaque italien Francesco Maisano, Hugo Vanermen, ce grand spécialiste belge, est à la base d’une technique assez révolutionnaire, qui, en 45 minutes sur cœur battant, vise à restaurer le fonctionnement de la valve tricuspide.

Pour faire simple, cette valve sépare l’oreillette droite du ventricule droit. Quand le fonctionnement de cette valve se détériore, le patient vit un véritable cauchemar. La nouvelle technique, dite mini-invasive, permet de restaurer la fonction de la valve par une approche intraveineuse, en passant par un cathéter.

 

La firme a un très fort accent noir-jaune-rouge puisqu’elle est dirigée par une autre Belge, Carine Schorochoff. Cette dernière a un parcours très international. Après des études en Belgique, elle a travaillé dans différentes sociétés actives dans la santé. Elle a aussi développé la première technologie mini-invasive pour les pathologies valvulaires cardiaques

15 millions $
La société 4Tech veut lever 15 millions de dollars, dont 5 millions ont déjà trouvé preneurs auprès des investisseurs actuels dans la société.

"Entre 2010 et 2015, ce sont 12 millions de dollars qui ont été investis dans 4Tech", s’enthousiasme la CEO et cofondatrice de la société. En 2011, des business angels européens, dont plusieurs médecins, sont entrés dans le capital avant d’être rejoints par deux fonds de capital-risque américains (Invus et OXO Capital) et un fonds italien (IP MedCap).

Aujourd’hui, la société veut lever 15 millions de dollars, dont 5 millions ont déjà trouvé preneurs auprès des investisseurs actuels.

Pour les 10 autres millions, la société cible des spécialistes en capital-risque en Europe (France, Belgique, Suisse…) et des particuliers fortunés. Et cela ne manque pas en Belgique. Mais Hugo Vanermen ne veut citer aucun nom.

La société est américaine, mais opère depuis l’Irlande où elle compte 10 employés. La recherche et le développement sont assurés par un groupe d’ingénieurs internationaux. C’est en fin 2013 que la première étude sur l’être humain a été approuvée par les autorités compétentes en France et en Italie.

Un marché de 3 millions de personnes

Dans son créneau, la société fait face à la concurrence d’Edwards Lifesciences. Pour 4Tech, une entrée en Bourse, quoique possible, ne fait pas partie des priorités. On constate souvent dans le secteur que les petits acteurs sont rachetés par des sociétés plus grandes, comme Medtronic ou Boston Scientific.

4Tech ne semble en tout cas pas manquer d’atouts, puisque le groupe de patients concernés par son marché est évalué à plus de 3 millions de personnes aux Etats-Unis et en Europe. La qualité de vie de ces patients, qui ont souvent entre 50 et 70 ans, pourrait être sensiblement améliorée. "Ceci tout en réduisant les coûts des soins de santé", insistent les deux Belges de 4Tech.

[Suivez Marc Lambrechts sur Twitter en cliquant ici]

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