Vingt millions pour un fonds belgo-belge voué à la medtech

Benoît Fellin et Joanna Tyrekidis, de Noshaq, ont identifié un manque dans les medtech qui a abouti à la création du fonds. ©doc

Un nouveau fonds d’investissement belge spécialisé dans les jeunes pousses de la medtech voit le jour. Il injectera 2 à 3 millions d’euros par projet et a pour objectif de soutenir une dizaine de dossiers en cinq ans. Le White Fund prépare d’ores et déjà une deuxième levée de fonds de 10 millions.

Les porteurs de projets et les jeunes pousses qui ont choisi pour terrain de jeu les sciences de l’ingénieur au service du monde médical, autrement dit les "medtech", peuvent aller frapper à la porte d’un nouveau fonds belge d’investissement privé qui leur est entièrement dédié. L’animal s’appelle White Fund et il est d’ores et déjà lesté de 20 millions d’euros de ressources. Il se fait fort de financer une dizaine de projets dans ce secteur à travers les trois Régions du pays, à concurrence de deux à trois dossiers par an et de 2 à 3 millions d’euros par projet.

Les pères fondateurs de White Fund sont loin d’être des inconnus: l’invest liégeois Noshaq (ex-Meusinvest) et le fonds de pension Ogeo Fund ont participé à la levée de fonds initiale à hauteur de 6 millions chacun, tandis que le fonds d’investissement à gestion paritaire Invest For Jobs et le fonds fédéral SFPI y ont contribué pour 3 millions chacun. Le holding de la Région bruxelloise finance&invest.brussels, la mutualité Solidaris, le Centre hospitalier universitaire de Liège et Marc Nolet, le CEO de PhysIOL, complètent le tour de table.

30 millions €
C’est l’objectif visé par le White Fund, qui a déjà parcouru les deux tiers du chemin.

Les sociétés ciblées seront des entreprises en "early stage". "On ne va pas investir dans une idée, mais au moment où l’entrepreneur aura validé ou confirmé son projet", explique Joanna Tyrekidis qui animera le nouveau fonds avec Benoît Fellin. Tous deux spécialisés dans l’accompagnement et le financement de start-ups technologiques et responsables d’investissements chez Noshaq, ils ont identifié un manque dans le marché: "Les entreprises medtech ont un cycle de vie et une réalité économique propres, avec des enjeux, notamment régulatoires, dont il faut tenir compte très en amont, dès la structuration du projet, disent-ils. Au-delà du financement, nous voulions développer un projet qui réponde plus largement aux faiblesses identifiées et généralement communes à ces entreprises à ce stade de développement."

Il s’agit donc "d’aider au décollage du projet en amont de sa commercialisation", précise Joanna Tyrekidis. C’est pour cette raison aussi que le but du jeu ne sera pas uniquement financier (rendement), mais aussi de contribuer à la structuration d’un écosystème en spéculant sur les points forts du pays: écoles d’ingénieurs de haut niveau, qualité des soins élevée, présence de médecins et chirurgiens renommés, centres d’excellence pour les études cliniques liées aux nouvelles technologies… Soit, en gros, les mêmes raisons qui motivent les investissements locaux dans le secteur des biotechnologies.

Par "medtech", on entend toutes les entreprises qui "visent à impacter positivement le domaine des soins de santé grâce à des instruments, des logiciels, des implants ou des équipements présentant une valeur ajoutée à différents niveaux: aide au diagnostic, solutions thérapeutiques, facilitation de la pratique médicale", etc.

Quid de la SRIW et PMV?

Le nouveau fonds est voué à irriguer la Belgique ainsi que les zones limitrophes. Il a déjà mis à l’étude une quinzaine de projets dans des domaines tels que l’imagerie médicale, la cardiologie ou la détection des problèmes respiratoires.

Il a pour objectif de sortie un horizon de 5 à 7 ans. Et ses pères fondateurs prévoient déjà de lancer une deuxième levée de fonds, d’une dizaine de millions d’euros, dans les mois à venir.

On pourrait se demander, à ce propos, pourquoi la Société régionale d’investissement pour la Wallonie (SRIW) et son équivalent flamand PMV n’ont pas participé à sa première levée. "Nous avons pris contacts avec les deux, répond Joanna Tyrekidis. La SRIW a pour stratégie d’investir dans des fonds de plus grande taille. Et nous devons veiller aussi à maintenir un équilibre entre actionnaires privés et publics. Mais il est possible que SRIW et PMV participent au fonds à un stade ultérieur. Car nous serons et resterons un fonds national, qui investira bien dans les trois Régions."

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