Aelin Therapeutics attire les investisseurs

©REUTERS

La start-up flamande Aelin Therapeutics développe un traitement alternatif permettant de contrer la résistance aux antibiotiques. Ses travaux ont attiré de gros investisseurs.

Un capital de départ de 27 millions d’euros: le moins que l’on puisse dire, c’est que la biotech flamande Aelin Therapeutics a frappé fort. Cette spin-off de l’Institut flamand de Biotechnologie (VIB) a en effet obtenu d’emblée un apport de fonds record émanant d’un consortium d’investisseurs de haut niveau.

Le tour de table regroupe en effet, outre le fonds louvaniste Fund + et la société d’investissement PMV (Participatiemaatschappij Vlaanderen), bras financier de la Région flamande, trois fonds étrangers, dont deux émanant de géants de la pharmacie: l’allemand Boehringer Ingelheim et le suisse Novartis. Chacun apporte environ 5 millions d’euros, le fonds néerlandais LSP apportant les 7 millions restants.

Pour le Novartis Venture Fund, cet investissement est une première en Belgique. Le Boehringer Ingelheim Venture Fund n’en est par contre pas à son coup d’essai puisqu’il possède 4,4% du capital d’Ablynx et est entré dans le capital de Promethera Biosciences et ETheRNA.

Les fonds obtenus par Aelin Therapeutics doivent lui permettre de poursuivre le développement du traitement découvert par ses cofondateurs, les Prs Frédéric Rousseau et Joost Schymkowitz (KUL). Le procédé qu’ils ont mis au point consiste à neutraliser en les agglutinant les "mauvaises" protéines qui se trouvent dans le corps humain.

Les premières expériences en laboratoire ont démontré que les molécules "Pept-Ins" pouvaient agir efficacement sur des bactéries, des cellules cancéreuses ou encore des virus. Les résultats de leurs travaux ont fait l’objet de publications dans des revues scientifiques prestigieuses comme Science.

Les investisseurs ont vu tout l’intérêt de cette thérapie innovante, notamment comme alternative aux antibiotiques auxquels de nombreuses maladies sont devenues résistantes. Aelin Therapeutics cible également des thérapies contre le cancer.

Les capitaux qu’elle vient de récolter doivent permettre à la biotech flamande de poursuivre la mise au point de la technologie en vue de tester d’ici quelques années une première application sur les humains. "Il y a urgence, étant donné que certaines bactéries opposent une résistance de plus en plus forte et que les antibiotiques existants ne permettent plus de soigner certaines infections", explique Els Beirnaert, responsable des nouvelles sociétés au VIB. Le potentiel de la technologie développée par Aelin ouvre en tout cas des perspectives prometteuses, y compris pour le traitement de maladies aujourd’hui incurables.

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