Anti-épileptique: dépôt d'une première plainte en France

©PHOTOPQR/LA DEPECHE DU MIDI

Une famille, dont les enfants souffrent de malformations à la suite de la prise d'un anti-épileptique -le valproate de sodium- pendant la grossesse de la mère, a déposé une première plainte pour "non signalement d'effets indésirables" graves.

Une famille, dont les enfants souffrent de malformations à la suite de la prise d'un anti-épileptique pendant la grossesse de la mère, a déposé une première plainte pour "non signalement d'effets indésirables" graves, selon leur avocat.

La plainte contre X, visant Sanofi, pour administration de substance nuisible, atteinte involontaire à l'intégrité de la personne, tromperie aggravée, mise en danger d'autrui et de non signalement d'effets indésirables -un délit pénal-, a été déposée au nom de la famille Martin, mercredi près du procureur de la République de Paris, a indiqué jeudi à l'AFP Me Charles Joseph-Oudin, confirmant une information du Figaro.

L'agence française du médicament (ANSM) est également visée pour avoir tardé à agir.

"Une demi-douzaine de plaintes vont suivre dans les prochains jours", a-t-il affirmé à l'AFP.

La mère, Marine Martin, souffrant d'épilepsie depuis l'âge de 6 ans, a été traitée avec le valproate de sodium, un médicament vendu sous le nom de Dépakine par le laboratoire Sanofi. La molécule est autorisée sur le marché depuis 1960.

Alors que depuis les années 1980, la littérature médicale s'alarme des effets tératogènes (malformatifs) sur le foetus, Mme Martin a continué à recevoir ce traitement pendant ses deux grossesses, sans jamais être informée des effets secondaires. Ses deux enfants, Salomé (née en 1999) et Nathan (né en 2002) présentent un spina bifida occulta (caché), un défaut de fermeture du système nerveux au niveau de la colonne vertébrale.

Selon sa mère, Nathan est le plus atteint. Il souffre de troubles du spectre autistique et de l'attention, dit-elle. Né avec une malformation de la verge, il a également des troubles du langage et de la motricité fine l'empêchant d'écrire à la main.

La famille a fondé en 2011 une association d'aide aux parents d'enfants concernés, l'Apesac, qui regroupe "300 familles avec 500 enfants", dit Mme Martin.

L'avocat juge "frappantes" les similitudes entre ce dossier et celui du Mediator.

"Pour la Dépakine, la littérature médicale alerte dès le début des années 1980 sur les effets délétères de la molécule sur le foetus. Pourtant, comme dans le Mediator, il aura fallu plus de 30 ans (fin 2014) pour qu'effectivement les patients et les médecins prescripteurs soient clairement informés des risques", souligne-t-il en évoquant les interventions de l'agence européenne du médicament (EMA) en novembre 2014, de l'ANSM en décembre 2014, et "le combat des associations".

Les carences des laboratoires producteurs (il existe aujourd'hui divers génériques de la Dépakine, ainsi que des dérivés) sont d'autant plus graves, selon lui, que les risques de développer des pathologies (malformations physiques ou troubles du comportement) sont considérables: les problèmes de développement apparaissent chez 30 à 40% des enfants exposés au valproate in utero (retard de la parole, de la marche...) et le risque de malformations congénitales est de 10%, d'après l'agence européenne.

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