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Antigon veut sécuriser les transfusions sanguines

Bien qu’elles soient extrêmement rares, les erreurs d’attribution de poches de sang lors des transfusions peuvent avoir des conséquences dramatiques.

La spin-off de l'ULB vient de lever 1,5 million pour soutenir le lancement, d'ici 2023, de son dispositif permettant d'éviter toute erreur lors des transfusions sanguines.

Bien qu’elles soient extrêmement rares, les erreurs d’attribution de poches de sang lors des transfusions peuvent avoir des conséquences dramatiques. Les incompatibilités entre groupes sanguins sont de nature à entraîner ce qu’on appelle des réactions hémolytiques, dont certaines sont modérées mais qui, dans un certain nombre de cas, s'avèrent potentiellement très graves, voire mortelles pour la personne receveuse. Des procédures de sécurité rigoureuses existent suivant les pays, mais elles sont parfois assez lourdes.

Une petite société belge de technologie médicale a mis au point un dispositif permettant de vérifier rapidement, de façon automatisée, la compatibilité du groupe sanguin du patient et de la poche de sang à transfuser. Située dans le Biopark de Gosselies, Antigon a été créée en 2016 en tant que spin-off de l’ULB. L’appareil qu’elle a développé combine une identification électronique classique – avec des codes barres – avec un système qui analyse de façon biologique, en trois minutes, la compatibilité des gouttes de sang du receveur avec celui provenant de la poche à transfuser. La start-up vient de boucler un nouveau tour de financement d'environ 1,5 million d'euros, presque deux fois plus que le montant initialement prévu. Un montant qui va permettre à Antigon d’amener sur le marché d’ici le début 2023 son équipement, appelé ISABO.

Des actionnaires publics et privés

Cofondateur de la société, le CEO Thierry Baltus, a réalisé une grande partie de sa carrière au sein du groupe Baxter. Il a créé Antigon avec les professeurs Francis Corazza et Hanane El Kenz, du laboratoire hospitalier universitaire LHUB-ULB. Outre les actionnaires historiques privés et publics comme Sambrinvest et BeAngels qui ont réinvesti, de nouveaux venus ont également rejoint le projet. Parmi eux, deux entreprises actives dans le domaine du diagnostic in vitro et de l’industrialisation. Le président du conseil d’administration est Thomas Lienard, l’ancien CEO de Bone Therapeutics et actuel patron de la PME gembloutoise Bio-Life.

"Lorsque la poche sort du labo, subsiste encore un risque logistique et d’organisation."
Thierry Baltus
Cofondateur et CEO d'Antigon

"Suite aux problèmes du sang contaminé en France, énormément de tests sont réalisés en amont sur le sang, mais par contre, lorsque la poche sort du labo, subsiste encore un risque logistique et d’organisation. La poche peut être administrée à un mauvais patient. C’est ce risque que nous éliminons", explique Thierry Baltus.

La société va entamer l’année prochaine la phase de validation clinique du produit.  "Cette étape permettra de consolider les données et de soumettre le dossier pour une certification au niveau européen fin 2022, avec une commercialisation en 2023", souligne le CEO. Avant les études cliniques, quelques essais pilotes seront menés dans plusieurs hôpitaux de divers pays européens, dont la France et l’Allemagne, deux marchés qui intéressent particulièrement Antigon.  

L’appareil est produit avec des sous-traitants étrangers, mais également belges.

L’appareil est produit avec des sous-traitants étrangers, mais également belges, dont une société positionnée dans l’injection et moulage de précision et une entreprise de fabrication et l’assemblage de dispositifs médicaux.   

De nouveaux brevets

Thierry Baltus précise que d’autres applications sont en développement, notamment pour les situations d’urgence dans les hôpitaux. "On envisage également de nouveaux brevets, en nous basant sur la même technologie. La Défense a marqué de de l'intérêt pour ces évolutions, de même que certaines ONG ou les hôpitaux périphériques qui ne disposent de laboratoire central." Une autre levée de fonds est prévue fin 2022 et le CEO n’exclut pas qu’un nouvel investisseur se montre intéressé à ce moment par l’acquisition complète de la société.

Le résumé

  • Située sur le BioPark de Gosselies, Antigon vient de lever 1,5 million pour soutenir le lancement, d'ici 2023, de son dispositif permettant d'éviter toute erreur lors des transfusions sanguines.
  • Spin-off de l'ULB, la société a été créée par un ancien de Baxter, Thierry Baltus, avec les professeurs Francis Corazza et Hanane El Kenz.
  • Le conseil d'administration est présidé par Thomas Lienard, l'ancien CEO de Bone Therapeutics.
  • Le CEO envisage déjà de nouvelles applications, pour la Défense ou certaines ONG.

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