Aquilon veut lever 18 millions dans les 18 mois

©Aquilon

La spin off de l'ULiège spécialisée dans le traitement des maladies respiratoires démarre une étude clinique de phase II en janvier.

Fin septembre, la spin off de l'ULiège a obtenu de l'AFMPS l'autorisation de lancer la deuxième phase de son étude clinique. Dans la foulée, la société liégeoise a obtenu l'accord du comité éthique de l'Université de Liège. Deux approbations qui marquent une étape importante pour le développement des traitements de maladies respiratoires aiguës sur lesquels Aquilon travaille depuis 2013.

À l'époque, les professeurs Brigitte Evrard et Didier Cataldo découvrent que la molécule anti-inflammatoire, le budésonide, gagne en efficacité lorsqu'elle est combinée avec la cyclodextrine. Cet excipient permet au budésonide d'aller beaucoup plus loin dans les bronches et les poumons. Jusqu'à 50% du traitement pénètrent dans les zones les plus profondes des poumons, là où la plupart des traitements actuels s'arrêtent à la gorge ou aux bronches. Actuellement, Aquilon travaille sur le complexe budésonide-formotérol associé à la cyclodextrine pour répondre aux nouvelles directives internationales du traitement de l’asthme.

La cyclodextrine se présente sous la forme de "balles de golf" sur lesquelles se fixent les autres molécules. ©aquilon

Après la démonstration de l'efficacité de la formule en laboratoire, Aquilon peut donc passer à la phase II de son étude clinique. Elle sera menée à partir de janvier 2021 à l'ULiège sur 28 patients. Les résultats de l'étude devraient être connus dans les 6 mois à venir. En cas de résultats positifs, Aquilon pourra décliner son produit sous différentes formes de distribution: masque, spray, poudre... Soit un portefeuille potentiel de sept produits qui seront testés à plus grande échelle dans le cadre d'une étude de phase III.

Le Covid accélérateur

La crise sanitaire actuelle n'a pas freiné les travaux d'Aquilon, bien au contraire, vu la pertinence attendue de sa formule dans le traitement des maladies respiratoires. "Nous avons été contactés par des pneumologues dans ce cadre", précise Paul Maes, CEO d'Aquilon, dont les solutions pourraient offrir une alternative à la dexamethasone, très largement utilisée actuellement pour réduire les effets néfastes de la maladie. "Dans ce type d'application aussi, la technique d'Aquilon doit permettre une meilleure diffusion des molécules, plus efficace et plus locale", note Maes. Cette opportunité pourrait accélérer les études cliniques pour l'une ou l'autre application.

1,5
million d'euros
Dans un premier temps, les actionnaires historiques et de nouveaux investisseurs privés ont remis "au pot" d'Aquilon près de 1,5 million. La spin off a besoin de 18 millions pour parachever ses travaux d'ici 2023.

Levées de fonds

Mais pour mener à bien ces études cliniques, Aquilon a besoin de fonds. Dans un premier temps, les actionnaires historiques et de nouveaux investisseurs privés ont remis "au pot" près de 1,5 million. De quoi financer le lancement et une première partie de l'étude.

"(...) Nous avons l'ambition de produire et de développer nos propres laboratoires en Wallonie."
Paul Maes
CEO d'Aquilon

"Mais l'objectif est aussi d'attirer de plus grands investisseurs pour assurer le financement jusqu'à l'étude de phase III à l'horizon 2023", note Damien Thiéry, Chief Corporate Development d'Aquilon. Aquilon a besoin de 18 millions pour parachever ses travaux d'ici à 2023. Pour la suite, Aquilon envisage une ouverture du capital au public dans le cadre d'une IPO qui pourrait intervenir dans les trois ou quatre ans.

"Notre stratégie n'est pas de vendre la société dans les deux ans, sur la base des résultats de la phase II ou de la phase III", insiste Paul Maes. "Au contraire, nous avons l'ambition de produire et de développer nos propres laboratoires en Wallonie."

Par contre, pour assurer le financement de son développement, Aquilon pourrait vendre anticipativement l'un ou l'autre des produits qui figurent dans son pipe et financer une plus grande partie de son développement sur fonds propres.

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