Argenx a achevé le développement clinique de son premier médicament

Fondée en 2008 par des anciens d'Ablynx, Argenx est focalisée sur des thérapies à base d'anticorps pour le traitement des maladies auto-immunes graves et des cancers. ©Dieter Telemans

La biotech flamande a dévoilé des résultats positifs pour son essai clinique de phase 3 sur la myasthénie grave. L'efgartigimod, un possible blockbuster qui cible également d'autres indications, sera le premier traitement commercialisé par la société gantoise.

Plus d’un an après Galapagos, une autre biotech flamande achève le développement d’un de ses candidats médicaments: Argenx a dévoilé mardi des résultats positifs pour son essai clinique de phase 3 visant à tester l'efgartigimod auprès de patients atteints de myasthénie grave. Un bon bulletin qui devrait permettre à ce candidat médicament de se retrouver sur le marché américain dans le courant de l’année prochaine.

Anciennement dénommé ARGX-113, l'efgartigimod est le programme clinique le plus avancé d’Argenx, une société cotée sur Euronext Bruxelles, où elle a remplacé dans le Bel20 il y a près de deux ans une autre biotech belge, Ablynx, reprise par le géant pharmaceutique français Sanofi .

Argenx est cotée sur Euronext Bruxelles, où elle a remplacé dans le Bel20 une autre biotech belge, Ablynx.

La myasthénie grave est une maladie auto-immune qui perturbe la communication entre les nerfs et les muscles, et qui a pour conséquence une faiblesse musculaire. Elle est plus fréquente chez les jeunes femmes et chez les hommes d'un certain âge. Elle se développe généralement chez des femmes âgées de 20 à 40 ans et chez des hommes âgés de 50 à 80 ans. Quelque 65.000 personnes aux Etats-Unis et 20.000 au Japon vivent avec la maladie, sur un total estimé de 200.000 malades dans le monde. Elle est donc peu répandue.

La myasthénie grave est une maladie auto-immune qui a pour conséquence une faiblesse musculaire.

Malgré le nombre de cas limités pour cette pathologie, l'efgartigimod est considéré, pour cette seule indication, comme un possible blockbuster, c’est-à-dire un médicament atteignant un milliard d’euros de revenus par an. S'agissant d'une pathologie chronique, le suivi et le traitement de la myasthénie grave sont en effet rendus difficiles aujourd’hui par les fluctuations inhérentes -et imprévisibles- de la maladie, mais également par la lourdeur, les complications et les effets secondaires des médicaments existants.

Des anciens d'Ablynx

Fondée en 2008 par des anciens membres d'Ablynx, Argenx, dont le siège se trouve à Gand, est focalisée sur des thérapies à base d'anticorps pour le traitement des maladies auto-immunes graves et des cancers. La biotech se concentre sur des pathologies ciblées, en défaut de traitements existants efficaces. Tout comme Ablynx, l'activité clinique d'Argenx repose sur le système immunitaire des lamas, qui constitue la base de sa plateforme "Simple Antibody".

L'efgartigimod est un fragment d'anticorps développé pour traiter les maladies auto-immunes sévères. Il dégrade les auto-anticorps responsables de ces maladies. L'efgartigimod pourrait aussi être utilisé contre trois autres maladies auto-immunes, dont le pemphigus vulgaris et la thrombocytopénie, une affection caractérisée par un faible nombre de plaquettes sanguines qui augmente le risque de saignement. Une autre phase 3 est actuellement en cours pour cette dernière indication. Certains analystes évaluent le futur chiffre d'affaires du traitement à un maximum de 3 milliards d'euros par an pour les quatre indications potentielles du traitement.

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anticorps
Huit anticorps sont actuellement en cours de développement chez Argenx.

Huit anticorps en tout sont actuellement en cours de développement chez Argenx. Certains, comme l'efgartigimod, sont élaborés par la société seule, d’autres en partenariat. L'entreprise flamande est associée depuis 2016 au géant pharmaceutique américain AbbVie dans le cadre d’un traitement en immuno-oncologie, développé à l’origine en coopération avec l’Institut de Duve et l’UCLouvain. Elle a également conclu une collaboration exclusive et un accord de licence pour un de ses anticorps, le cusatuzumab (contre une forme de leucémie), avec Cilag, une filiale de Janssen Pharmaceutical appartenant au groupe Johnson & Johnson. A cette occasion, le groupe américain est entré au capital de la biotech belge à hauteur de 4,7%.

Une compétition belgo-belge

A noter que d’autres sociétés ont également ciblé la myasthénie grave, dont UCB. L’entreprise pharmaceutique belge compte même deux programmes dans cette indication. Le premier est le rozanolixizumab, lui aussi en phase 3 avancée. Le second est le zilucoplan, développé par la biotech américaine Ra Pharmaceuticals, qui a été racheté récemment par UCB pour 2 milliards d'euros.

Le nom des médicaments, un petit casse-tête

Les médicaments ont souvent plusieurs noms. Après une première appellation "chimique" souvent abrégée, vient la "Dénomination commune internationale" (DCI), qui sera le vrai nom du médicament, différent du nom de marque sous lequel il sera commercialisé. La DCI n'est pas le fruit du hasard. Elle est composée à partir de segments-clés qui renseignent notamment sur l'origine et le mode d'action pharmacologique du produit. Les professionnels de la santé ont alors une idée des propriétés de la substance. Par exemple, tous les médicaments dont la DCI se termine par "pride", "péridone" ou "péridol" sont des neuroleptiques. Tous les anticorps monoclonaux ont une dénomination qui se termine par mab (qui vient de l’abréviation Monoclonal AntiBodies). La DCI n'appartient à personne. Elle doit être prononçable dans toutes les langues. 

Le nom de marque (ou commercial) est choisi par le producteur. Cette appellation est généralement courte et facile à mémoriser. Elle peut différer d'un pays à l'autre.

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