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Asit Biotech K.O. debout et bientôt exsangue

©Mathieu Paternoster

Asit Biotech a chuté de 26% en Bourse après un échec de son étude clinique sur un produit contre l'allergie aux acariens. Et ce n'est pas tout: ses caisses sont presque vides.

Que va devenir Asit Biotech ? Quel est son avenir en Bourse? On est en droit de se poser ces questions un peu brutales tant l’inquiétude semble tarauder les investisseurs. Il suffit de voir la nouvelle chute du cours de l’action (jusqu'à -26% en matinée) pour se convaincre que l’heure est grave. Depuis son introduction sur Euronext Bruxelles, en mai 2016, au prix de 7 euros, le titre a perdu la moitié de sa valeur.

Hier soir, la biotech bruxelloise spécialisée dans l’immunothérapie pour le traitement des allergies a annoncé qu’elle se trouvait dans une impasse. Son étude de suivi de l’essai initial de phase I/II de son produit hdm-Asit visant les réactions aux acariens n’a pas montré d’amélioration à long terme. Un échec donc.

Prochain essai en 2019

Heureusement, la biotech dispose d’autres produits prototypes visant cette affection. Des tests seront réalisés au cours du premier semestre 2018 afin de sélectionner un nouveau produit. Mais le prochain essai clinique ne devrait démarrer qu'en 2019.

7€
Asit Biotech est entré sur Euronext Bruxelles en mai 2016 au prix de 7 euros par action soit le bas de la fourchette pour un plus haut de 8,5 euros.

Ce n’est pas la première embûche de taille qu’Asit Biotech rencontre sur son parcours récent. En juin dernier, l’autorité sanitaire allemande recalait les données issues de la phase III du gp Asit dans la rhinite allergique aux pollens de graminées et demandait une étude pivot de confirmation. Concrètement, cela signifiait un retard dans le développement et des dépenses supplémentaires. La sanction du marché fut impitoyable: le titre dégringolait de 40% en une dizaine de jours touchant un plus bas de 3,46 euros.

Les derniers sous

Tout cela serait un peu moins grave si Asit Biotech avait d’autres fers sur le feu, entendez par là d’autres essais cliniques en cours et surtout si ses reins financiers étaient plus solides.

Car le malheur est là: on aperçoit le fond de son bas de laine et on voit mal comment elle va s’y prendre pour le remplir rapidement. Fin juin, il restait encore 8,3 millions d’euros dans ses caisses contre 13,4 millions six mois plus tôt. Ce qui fait dire aux analystes de KBC Securities que la biotech tombera à court de liquidités début 2018.

Réduire la voilure?

Un appel au marché via un placement privé qui devrait être proposé avec une belle décote ajouterait encore de la pression sur l’action. A moins qu’une bonne âme propose un financement. Une autre option évoquée le mois dernier par la société consisterait à réduire significativement le niveau de ses activités de R&D et ses frais généraux afin d’assurer la couverture de ses engagements financiers sur les 12 prochains mois. On devrait être rapidement fixé sur l'option choisie par l'entreprise qui emploie 22 personnes.

Malgré cette nouvelle tuile, KBC Securities reste assez bizarrement à "accumuler" sur la valeur avec un objectif de cours de 7 euros. De son côté, Gilbert Dupont a abaissé sa recommandation à "réduire" contre "acheter" avant. L'objectif de cours est passé de 8 euros à 4,5 euros.

©L'Echo

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